UN VOYAGE DANS LA LUNE
Air: A coups cl" pied, à coups de poiug (48).
Avec Glorieux, gai Wallon,
Au globe lunaire, en ballon,
Nous abordons dans la nuit brune ;
Deux grands messieurs, barbus et forts,
Nous demandent nos passeports.
Ici-bas, vraiment, Tout se fait autrement :
Ah ! qu'ils sont bêtes dans la lune.
En vain je leur chante un couplet, Quand Glorieux, au grand complet, Montre une recette opportune :
C'était de l'or : à cet aspect, On nous salue avec respect.
Ici-bas, vraiment, Tout, etc.
Le bruit des clairons, le matin, Tous deux nous réveille soudain :
Ah ! quelle fanfare importune
- ou —
C'étaient des hommes, des soldats Qu'on dressait au jeu des combats.
Ici-bas, vraiment, Tout, etc.
Au lieu d'avoir, — sainte union, — Une seule religion.
Chaque contrée en avait une
Le bon sens public s'abaissait ; Le fétichisme fleurissait.
Ici-bas. vraiment.
Pour les uns mille absurdités Étaient d'augustes vérités ; D'autres n'avaient croyance aucune ; C'est qu'on oubliait, en ce lieu ; De prêcher l'unité de Dieu.
Ici-bas, vraiment, Tout, etc.
Glorieux me dit un matin :
(( Des boursiers suivons le destin :
Nous voilà presque sans pécune ».
Affichant un luxe d'enfer.
Nous créons dix cliemins de fer.
Ici-bas, vraiment.
Tout, etc.
Pour le transport des nations, Nous émettons des actions De Molenbeek à Pampelune :
Enrichis par les ruinés, Nous leur faisons un pied de nez.
Ici-bas, vraiment, Tout, etc.
L'or chez nous formait un monceau ; Mais, comme Langrand-Dumonceau, Nous abusons de la fortune.
En songeant au pays Wallon, Glorieux gonfle son ballon
Nous ne pouvions pas Revenir ici-bas Sans faire un grand trou dans la lune.