‹ Nouvelles chansons et poésiesChapitre 35 sur 131 · UN ÉLÈVE DES ÉCOLES D'ADULTES · texte numérisé non relu

UN ÉLÈVE DES ÉCOLES D'ADULTES

Air de la Sentinelle (31).

Mon cher André, près de moi viens l'asseoir.

Gomme toujours je te vois bon courage ;

Mais, autrefois, tu nous restais le soir

Et maintenant tu sors après l'ouvrage : Est-ce à boire qu'il te faudrait ?

— Non pas, moi qui n'osais le dire, Lorsque je te quitte en secret.

Loin de songer au cabaret, Eemme, je vais apprendre à lire, Apprendre à lire.

Si tu voyais que d'hommes grands et forts Vont se ranger à l'école d'adultes ; Nos professeurs consacrent leurs efforts A transformer des natures incultes.

0 femme, nous les bénissons Ceux qui veulent bien nous instruire !

Quelles bienfaisantes moissons Ils vont semant par leurs leçons :

Tu me comprends, toi qui sais lire, ïoi qui sais lire.

Un an plus tard, — que ce jour était Ijoaii ! André disait, rayonnant d'erpérance :

Comme Lazare est sorti du tombeau, Je vais sortir enfin de l'ignorance.

Femme, nos deux petits savants Depuis longtemps savent écrire ; J'ouvrirai leurs prix triomphants Sans rougir devant mes enfants :

Je suis un homme : je sais lire, Oui, je sais lire !

Février 1875.

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