DE LA GRANDE HARMONIE, 24 NOVEMBRE
m'a fait l'honneur de METTRE TIN DE SES TOASTS
SOUS l'invocation de NOTRE ANCIENNE AMITIÉ.
kir : Les petits airs et les petites chansons (,77).
Mon cher Anspach, à la Grande Harmonie
Ton amitié me fit un piédestal :
Elle vantait, comme ceux d'un génie,
Mes vers éclos au souffle libéral.
Ce mot qui brûle aux lèvres de Basile,
Dieu nous sourit lorsque je le maintiens
Nous qui fêtons si bien Sainte Cécile,
Mon cher Anspach, nous sommes bons chrétiens fbisj.
Quand le Bouzy dans nos verres pétille
Et de nos cœurs fait jaillir la gaîté,
Le genre humain nous semble une famille
Sous l'aile d'or de la fraternité.
Dieu ! les trésors de ta bonté profonde
Nous les chantons sans être épicuriens.
En vins exquis le Seigneur changea l'onde
Mon cher Anspach, nous sommes bons chrétiens.
Notre amitié I si quelqu'un la décrie,
Nous répondrons, magistrat, chansonnier,
Que tous les deux nous aimons la patrie,
Que tous les deux nous aimons l'ouvrier.
Quand retentit ta parole sonore,
Elle rappelle à nos cœurs plébéiens
Les grands tribuns que la Belgique honore :
Mon cher Anspach, nous sommes bons chrétiens.
Comme du cœur tu sais toucher la fibre,
Représentant du peuple et de la loi,
Lorsqu'à ta voix, enfants d'un pays libre,
Nous buvons tous à la santé du Roi !
Mais du concert voici l'heure choisie ;
En oubliant nos terrestres liens,
Je crois au Ciel d'où vient la poésie.
Mon cher Anspach, nous sommes bons chrétiens.
Il faut ici s'aimer les uns les autres ; C'est avant tout l'humble que je défends, Disait un jour le Christ à ses apôtres Qui, loin de lui, repoussaient les enfants. Nous demandons, forts de cette parole, Afin qu'ils soient d'utiles citoyens.
Qu'aux malheureux partout s'ouvre l'école. Mon cher Anspach, nous sommes bons chrétiens.
Salut à vous, puissante bourgeoisie, Qui des petits sortez avec fierté I C'est le Devoir qui fut votre Messie, Fils du travail et de la liberté.
Sur nos droits saints notre charte se fonde :
Ici les Rois s'en montrent les gardiens
Jésus prêchait les franchises du monde !
Mon cher Anspach, nous sommes bons chrétiens.
Mons, décembre 1877.