LES DEUX MONDES
Air: Soldat français^ né d'obscurs lahoiircurs (3).
Je vous raconte un rêve merveilleux :
Au Paradis j'étais une puissance ; Comme un esprit je planais dans les cieux Et j'ai vu Dieu dans sa magnificence.
Je contemplais, avec les séraphins, La vérité dans sa source féconde :
Divins tableaux ! nos langages sont vains ,
Pour les traduire, il faut des mots divins :
Ah I qu'on est bien dans l'autre monde I [Bis )
Le lendemain, quel spectacle charmant !
En m'embrassant ma famille m'éveille :
C'était ma fête et j'eusse été, vraiment, Fort ennuyé si j'étais mort la veille : Nous dînerons ensemble à la maison ; Quand au dessert on versait à la ronde. On vit surgir toast, bouquet et chanson Que les petits disaient à l'unisson :
J'oubliais presque l'autre monde !
Mes chers petits, l'homme peut s'octroyer Sa part de fruits, de moissons, de vendanges. Le pur amour qui rayonne au foyer Et les enfants qui sont presque des anges. Votre grand-père est fils du gai savoir. De nos douleurs si la coupe est profonde, Aux jours bénis où je puis tous vous voir. Chantez l'honneur, le travail, le devoir : On chante aussi dans l'autre monde !
Vers le jardin j'allai porter mes pas ; Jetant au ciel une prière émue, Un aigle altier me raillait ici-bas.
En me montrant ses ailes dans la nue.
Je répondis à l'aigle audacieux :
Regarde donc la muse vagabonde ; Quand de la terre elle s'élance aux cieux, Ses ailes d'or vont se perdre à tes yeux
Dans les splendeurs d'un autre monde I