‹ Nouvelles chansons et poésiesChapitre 83 sur 131 · A MON AMI HENRY SAINCTELETTE · texte numérisé non relu

A MON AMI HENRY SAINCTELETTE

Air de une éclaircie (J).

J'aime Hyori lorsque la campagne Rayonne aux feux d'un soir d'été, Lorsqu'au sommet de sa montagne Je puis rêver en liberté.

C'est l'heure où l'oiseau nous enchante : Tous les bosquets ont leurs concerts, Dans les épis la caille chante, Et l'hirondelle fend les airs.

C'est l'heure où, sous un ciel limpide, Du haut du mont ensoleillé, Un spectacle vraiment splendide S'offre au regard émerveillé :

Dans le val s'étend le village Sur des tapis dignes d'un Roi ; J'admire, au loin, le Borinage ; A droite, Mons et son beffroi.

C'est l'heure adorable et choisie Où le rêve est délicieux, Où la divine poésie Emporte l'âme jusqu'aux cieux.

Et, vers Mons quand je m'achemine, A l'horizon Dieu montre encor Son manteau bleu, semé d'hermine Et tout frangé de pourpre et d'or.

Du soleil couchant la lumière, Se mirant aux humbles carreaux Des fenêtres de la chaumière.

Fait de magnifiques vitraux.

Et la promise bien aimée, Du promis guettant le retour, Entend, dans la brise embaumée, L'hymne éternelle de l'amour.

Mais le paysan vers l'étable Déjà ramène le bétail ; Pour souper on dresse la table Dans l'asile saint du travail.

La chauve-souris, la chouette

Dans l'ombre feront leur sillon

Du beffroi l'horloge est muette ; Mais dans mon cœur quel carillon !

Juin 1883.

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