‹ Nouvelles chansons et poésiesChapitre 89 sur 131 · LA GRISE · texte numérisé non relu

LA GRISE

Jadis je l'ai connu, jeune, plein de courage ; Il consacrait gaîment la semaine à l'ouvrage ; Il aidait son vieux père alors avec vigueur Et dans son bon sourire on lisait tout son cœur.

Tout habillé de neuf, joyeux comme au bel âge, Le dimanche, au faubourg, au plus proche village, Il allait en chantant refrain doux ou moqueur Que ses amis savaient et répétaient en chœur.

L'ouvrier a vieilli. L'œil terne, le front pâle.

Les souliers éculés et la chemise sale.

Il dit : « L'ouvrage manque et j'en demande en vain ».

« La crise est implacable à la classe ouvrière »

Et, lui cachant un pleur qui mouillait ma paupière, Vite je lui donnai pour acheter du pain.

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