‹ Nouvelles (volume 2)Chapitre 11 sur 34 · LE CHIEN DE BRISQCET. UT · texte numérisé non relu

LE CHIEN DE BRISQCET. UT

et une blondine de six ans qui s'appeloit Biseotine. Outre cela, ils avoient un chien bâtard à poil frisé , noir par tout le corps, si ce n'est au museau qu'il avoil couleur de (eu; et c'étoit bien le meilleur chien du pays , pour son attachement a ses maîtres.

On Fappelloit la Bichonne, parce que c'était une chienne.

Vous tous souvenez du temps où il vint tant de loups dans la foret de Lions. C'étoit dans Tannée des grandes neiges , que les pauvres gens eurent si grand' peine a vivre. Ce fut une terrible désolation dans le pays.

Brisqùet, qui alloit toujours a sa besogne, et qui ne craignoit pas les loups , à cause de sa bonne hache, dit un matin a Brisquettë : — Femme , je vous prie de ne laisser courir ni Biscotin ni Biseotine , tant que M. le grand-louvetier ne sera pas venu. 11 y auroit du danger pour eux. Ils ont assez de quoi marcher entre la butte et l'étang, depuis que j'ai planté des piquets le long de l'étang pour les préserver d'accident. Je vous prie aussi, Brisquettë, de ne pas laisser sortir la Bichonne , qui ne demande qu'à trotter.

Brisqùet disoit tous les matins la même chose a Brisquettë. \a\ soir il n'arriva pas a l'heure ordinaire. Brisquettë venoit sur le pas de la porte, rentroit , r essor toit, et disoit, en se croisant les mains — Mou Dieu , qu'il est attardé !

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Et puis elle sortoit encore , en criant — : Eh Brisqnet !

Et la Bichonne lui santoit jusqu'aux épaules, comme pour lui dire : — N'irai-je pas?

— Paix ! lui dit Brisquette. — Ecoute , Biscotine , va jusque devers la butte pour savoir si ton père ne revient pas. — Et toi, Bi.scotin , suis le chemin au long de l'étang , en prenant bien garde s'il n'y a pas de piquets qui manquent. — Et crie fort, Brisqnet! Brisqnet !... »

— Paix ! la Bichonne !

Les enfants allèrent, allèrent , et quand ils se furent rejoints a l'endroit où le sentier de l'étang vient couper celui de la butte : — Mordienne , dit Biscotin , je retrouverai notre pauvre père , ou les loups m'y mangeront.

— Pardienne, dit Biscotine , ils m'y mangeront bien aussi.

Pendant ce temps-fa , Brisquet étoit revenu par le grand chemin de Puchay , en passant a la croix aux ânes sur l'abbaye de Mortemer , parce qu'il avoit une bottée de cotrets a fournir chez Jean Paquier. — As-tu vu nos enfants? lui dit Brisquette.

— Nos enfants ? dit Brisquet. Nos enfants ? mon Dieu ! sont-ils sortis ?

• — Je les ai envoyés a ta rencontre jusqu'à la butte et a l'étang , mais tu as pris par un autre chemin.

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