‹ Nouvelles confidencesChapitre 63 sur 160 · LIVRE DEUXIÈME · texte numérisé non relu

LIVRE DEUXIÈME

Je vécus de cette vie qui me rafraîchissait ma douleur, comme l'air froid rafraîchit une brûlure à la main, jusqu'à l'automne. La monotonie recueillie, voluptueuse, de ma vie n'était interrompue que par une correspondance rare, mais intime et palpitante, que j'avais avec Saluce. Saluce était le nom d'un ami dont je n'ai pas encore parlé. Voici comment nous nous étions connus et aimés.

11 y avait, dans le corps de la maison militaire du roi, où mon père m'avait fait servir quelques années, un jeune Breton dont la beauté, la jeunesse et la cor- . dialité forte et naïve, caractère de cette noble race, m'avaient attiré. Il s'était senti de même attiré instinctivement vers moi. Nous étions tous deux à cette époque de la vie où les amitiés se font vite ; on ne raisonne pas ses attraits. On se voit, on se plait, on se parle, on se confie réciproquement ses pensées; si .elles sont conformes, on s'isole ensemble dans la

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