SCENE VIL
Les Précédents, LA COUTURIÈRE LA MARQUISE, au marquis.
C'est l'affaire d'un instant, et si vous voulez permettre...
le marquis.
Madame, certainement.. . dès que cela vous est agréable.
LA MARQUISE
Beaucoup. — Vous nous donnerez votre avis.
LE MARQUIS
Vous savez bien que je n'en ai jamais...
LA MARQUISE, voyant le marquis qui s'assoit.
Eh bien! monsieur, vous voterez par assis et levé... vous vous croirez à la Chambre. (A la couturière qui l'habille.) Quelle est cette étoffe-là, mademoiselle?
LA COUTURIÈRE
Ce qu'il y a de plus nouveau, madame, pour robe d'été : mousseline égyptienne.
LA MARQUISE, à soi mari.
Qu'en dites-vous, monsieur?
LE MARQUIS, d'un ton de regret.
Je dis, madame, je dis qu'il est impossible de voir un plu* beau bras que le vôtre*
LA MARQUISE
Vraiment !... on croirait que cela vous fâche.
LE MARQUIS
Moi?...
LA MARQUISE
Oui... vous me le dites d'un air de mauvaise humeur... (À Julie.) Prenez donc garde, mademoiselle, vous me piquez... (Regardant la robe devant la glace.) La ceinture fait-elle bien?
LA COUTURIÈRE
A merveille !... Mais nous n'avons pas de mérite à réussir ; madame a une si jolie taille! (Au marquis.) N'est-ce pas, monsieur? Regardez donc.
LE MARQUIS, à part.
Elle a peur que je ne m'en aperçoive pas.
LA MARQUISE
Les manches ont assez d'ampleur.., mais du haut, c'est trop décolleté;
LA COUTURIÈRE
Non, madame, on les porte ainsi.
LA marquise, à son mari.
Qu'en pensez-vous, mon ami ?
LE MARQUIS
Je pense, madame... je pense que voilà une robe... qui doit vous coûter bien cher !
LA MARQUISE
Vous voulez peut-être m'en faire cadeau...
LE MARQUIS
Et pourquoi pas?...
LA MARQUISE
Vous êtes charmant... et puisqu'elle vous plaît, (à la couturière.) je ne roterai pas, je la garderai toute la journée... pour me faire honneur de votre présent. (Aux deux femmes.) Laissez- nous 'Julie et la couturière sortent.)