‹ Nouvelles de Eugène Scribe ... Maurice--Carlo Broschi--La maîtresse anonyme (volume 2)Chapitre 44 sur 47 · LA BARONNE · texte numérisé non relu

LA BARONNE

Une tournure charmante et beaucoup de talent, à ce qu'on dit!

LA COMTESSE

Il paraît qu'ici on s'en loue beaucoup.

ERNEST 5 de l'autre côté de la cheminée, à la marquise.

Oui, madame, croyez-moi, il n'y a plus aucun danger.

LA MARQUISE

Vous en êtes bien sûr?

ERNEST, vivement.

Je vous l'atteste,

LA MARQUISE, baissant les yeux.

A la bonne heure! C'est en vous désormais que je veux avoir confiance.

LÀ COMTESSE^ haut à Ernest.

Et moi, monsieur, que pensez-vous de mes spasmes?

ERNEST

Rien à craindre, madame la comtesse : l'air de la campagne... du calme, du repos, pas de contrariétés...

LA COMTESSE

Et mon mari qui ne veut pas m'acheter la terre du Bourget ï

ERNEST, souriant.

Voilà la cause du mal.

LA COMTESSE

N'est-il pas vrai ? (A la baronne.) La marquise a raison : c'est un jeune homme de mérite, et le médecin qui nous convient. 11 doit traiter à merveille les maux de nerfs.

(Entre le docteur, la tête haute et sans regarder personne ; il fait à Ernest un signe de tête protecteur, et s'approche de la marquise, qu il salue.)

LE DOCTEUR, à la marquise.

Madame la marquise a-t-elle reçu de moi, ce matin, la petite consultation que je lui avais promise?

LA MARQUISE, rougissant.

Oui, monsieur !

LE DOCTEUR^ à demi-voix.

C'est tout à fait mon avis !

Ernest, tout haut, Ce n'est pas le mien !

LE DOCTEUR, stupéfait.

Comment! ce n'est pas le vôtre!...

LA MARQUISE, les interrompant.

Pas de discussions à ce sujet. (Au docteur.) Comme c'est moi que cela regarde, vous me permettrez de ne pas suivre l'ordonnance, et de m'en rapporter à monsieur Ernest.

LA COMTESSE

Sans savoir ce dont il s'agit, je suis de son opinion.

Page 1