PAR CHARLES ANDLER
Le Manifeste communiste de Marx et d’Engels est l’écrit de propagande le plus vigoureux qu'ait produit le socialisme scientifique. •Mais il est obscur et rempli d’allusions à des faits historiques dont la connaissance, familière aux ouvriers de 1847 , est devenue rare aujourd’hui, même parmi les hommes cultivés. Le Commentaire qui en est offert ici voudrait éclaircir toutes ces allusions et lever les difficultés de doctrine.
Au cours de la recherche que ce travail a coûté, l’auteur a cru remarquer que Marx et Engels n’ont pas visé à l’originalité. Leur système se présente comme la synthèse, au contraire, de toutes les expériences prolétariennes antérieures et de tous les systèmes. Le fait mis pour la première fois en lumière, c’est la marche parallèle et la connexion étroite du mouvement ouvrier allemand et du mouvement ouvrier français. Les groupes de Venedey et de Schuster ont été affiliés à la Société des Droits de l'homme, ceux de 'Weitling à la Société des Saisons, les groupes marxistes à l’organisation de Ledru-Rollin.
Le départ est fait, par une analyse méthodique, entre ce qui appartient, dans le Manifeste, à Marx et ce qui est dû à Engels ; et, par surcroît, on fait Connaître les sources de chacun d’eux. Le résultat de cette recherche des sources est surprenant. Car, en mettant à part l’économiste Frédéric List, il apparaît qu’elles sont françaises entièrement. Sismondi, Bazard, Proudhon, "Vidal, Blanqui, BÛret, Pecqueur et le habonvisme, dans la forme que lui avait donnée Buonarroti, ont fourni presque toute la matière du premier marxisme.
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