‹ Nouvelles démonstrations d'accouchemens. Avec des planches en taille-donee, accompagnées d'un texte raisonné, propre à en faciliter l'explicationChapitre 1 sur 9 · AVEC LA SCIENCE PRATIQUE DES ACCOUCHEMENS · texte numérisé non relu

AVEC LA SCIENCE PRATIQUE DES ACCOUCHEMENS

Ie bassin, considéré d’une manière générale, n’est qu’une division du squelette, dont l’étude appartient à celle de l’ostéologie; mais, dans ses rapports avec l’accouchement, le bassin fait partie d’une série d’organes dont l’ensemble concourt à l’accomplissement des fonctions génératrices. C’est sous ce dernier point de vue surtout que nous allons l’examiner; son étude est trèsimportante; elle seule peut conduire à la connaissance du véritable mécanisme de l’accouchement et des difficultés, plus ou moins remarquables, qui peuvent le compliquer quelquefois.

Dans l’étude du bassin, nous avons à considérer : i°. sa description; 2°. sa division générale et particulière , ainsi que ses dimensions ; 3°. son mode d’articulation ; 4°- ses difformités ou vices de conformation.

i°. Description du Bassin.

Le bassin ( pelvis ), cavité osseuse, situé au-dessous de la colonne vertébrale ( rachidienne J, au-dessus des membres inférieurs ou abdominaux , est composé de quatre os , qui sont : le sacrum , le coccix et les deux os des hanches ou coxaux.

Sacrum. Cet os, impair, d’une forme pyramidale, triangulaire, applati d’avant en arrière, occupe la partie postérieure du bassin. Sa base , tournée en haut , s’articule avec la dernière vertèbre lombaire ; de leur réunion résulte en avant une saillie remarquable , appelée saillie ou angle sacro-vertébral. Son sommet, tourné en bas, s’articule avec le coccix.

Sa face antérieure , interne ou pelvienne, concave, présente deux rangées de trous, destinés à laisser passer les branches antérieures des nerfs sacrés; sur cette face répond, dans l’état frais, l’intestin rectum.

La face postérieure externe ou spinale, convexe, est hérissée de plusieurs tubercules destinés à l’insertion de parties tendineuses, aponévrotiques et ligamenteuses. On y voit également deux rangées de trous pour la sortie des branches postérieures des nerfs sacrés.

Les deux côtés du sacrum présentent supérieurement une empreinte articulaire parfaitement semblable à celle de la portion iliaque de l’os coxal correspondant; au-dessous, ils donnent insertion aux grands et petits ligamens sacro- sciatiques.

Coccix. Os impair, situé à la partie postérieure du bassin, au-dessous du sacrum, dont il est l’appendice. Sa face antérieure, concave, répond dans l’intérieur du bassin, et sur elle repose la fin de l’intestin rectum; sa face postérieure, convexe, se trouve presqu’à nu sous la peau, et n’offre rien de remarquable; sa base, tournée en haut, s’articule avec le sacrum; son sommet, libre , se perd dans les parties molles dont il est environné.

Le coccix est composé de trois pièces distinctes, qui, par la disposition particulière de leur articulation , jouissent entre elles d’une grande mobilité.

Os des hanches ou coxaux. Os pairs , irréguliers , situés sur les parties latérales et antérieures du bassin. Leur face externe ( fémorale ) présente en haut une large surface appelée région fessière ; plus bas, une cavité destinée à recevoir la tète du fémur; plus bas et en devant, le trou obturateur ou sous-pubien. Dans le reste de son étendue, cette face externe n’offre plus rien de remarquable.

Leur face interne { abdominale ) présente en haut une large surface , concave , appelée

fosse iliaque interne, sur laquelle repose le muscle du meme nom - plus bas, une ligne saillante marchant obliquement de derrière en devant; plus bas, l’ouverture du trou obturateur ou souspubien; en arrière de ce trou, une large surface, formant un plan incliné sur lequel glisse la tête du fœtus au moment de l’accouchement.

La circonférence commence en haut et en devant par l’épine antérieure et supérieure de l’os des Iles; en poursuivant en arrière, on trouve la crête du même os, en forme d\y italique; plus en arrière, la grande échancrure ischiatique; au-dessous, l’épine et la petite échancrure du même nom; tout à fait en bas, la tubérosité de l’ischion; en remontant en devant, la branche ascendante de l’ischion et descendante du pubis; plus haut, la symphise du même nom, haute de 18 à 20 lignes, large de 6 à 8; en devant, l’épine du pubis et la branche horizontale du même os, où se voient l’éminence iléo - pectinée, et plus en arrière, une coulisse sur laquelle glissent les tendons réunis du psoas et de l’iliaque.

En anatomie, mais surtout en accouchemens , il est indispensable de diviser l’os des hanches ou coxal en trois portions, qui sont : l’ilion en haut, le pubis en bas et en devant, et l’ischion en bas et en arrière. Mais les lignes de démarcation qui séparent ces trois portions d’un même os , ne sont visibles que chez les très-jeunes sujets; plus tard, toutes les parties de l’os sont tellement identifiées qu’on ne peut plus même en apercevoir la trace. ( Voy. pl. IIe. , jig. 3e. )

2°. Division et dimensions du Bassin.

Avant de passer à la division générale du bassin de la femme, il est nécessaire de faire connaître les différences qui le distinguent de celui de l’homme , et ces deux derniers de celui du fœtus. En jetant un coup d’œil sur les deux premiers, mis en parallèle [voy. pl. II, fi g. i et 2 ), il est facile de voir que celui de la femme a moins de hauteur et plus de largeur que celui de l’homme, et que l’arcade des pubis, chez le premier surtout, est beaucoup plus ouverte, plus arrondie et moins haute que chez le second; de même, en comparant les bassins des deux sexes adultes avec celui du fœtus ( voy. pl. W^Jîg. 3 ), on voit que ce dernier se fait remarquer par sa longueur excessive, ainsi que par son étendue plus grande de devant en arrière , qui l’emporte de beaucoup sur celle des côtés , ce qui est le contraire dans un bassin d’adulte. Ici le motif en est dans l’absence du sacrum, les diverses pièces dont il doit se composer plus tard, n’ayant à cette époque peu avancée de la vie de l’enfant , que la largeur ordinaire des autres vertèbres.

Le bassin, pris dans son ensemble, se divise en grand et en petit. Le grand , très - évasé, en occupe toute la partie supérieure. Il est formé en arrière par les deux dernières vertèbres lombaires , qu’il faut laisser en place quand on veut conserver le bassin pour l’étude des accouchemens. En avant se voit une grande échancrure, occupée, dans l’état frais , par les parois abdominales, qui, flexibles et très-élastiques, se prêtent avec facilité à tout le développement de l’utérus pendant la gestation.

Les côtés du grand bassin sont formés par les portions iliaques des os coxaux. En haut, il répond dans l’abdomen; en bas, il se confond avec le petit bassin, dont il n’est séparé que par cette ouverture un peu rétrécie , appellée détroit supérieur ou abdominal.

Le petit bassin, ou bassin proprement dit , n’est autre chose que cette espèce de canal ou filière osseuse que le fœtus parcourt plus ou moins péniblement lors de l’accouchement. Plus étroit à son entrée et à sa sortie, l’intervalle présente une sorte d’excavation à travers laquelle la tête de l’enfant exécute, au moment de son passage, certains mouvemens très-remarquables, que nous ferons connaître plus tard.

Quoique la figure générale de l’excavation ne soit pas précisément quadrilatère, on peut y distinguer cependant quatre plans ou côtés. Le plan postérieur, formé en entier par le sacrum et le coccix, est le plus long de tous; le plan antérieur, qui est le plus court, présente en haut la symphise des pubis et plus bas l’arcade du même nom. Les plans latéraux sont formés en grande

partie par la face interne des ischions. Ces quatre plans ou côtés sont disposés de manière que l’antérieur et le postérieur sont plus rapprochés en haut qu’en bas et que le contraire a lieu pour les plans latéraux. Cette disposition explique la nécessité du mouvement de rotation que la tète du fœtus est obligée d’exécuter , pour franchir l’intervalle qui sépare les deux détroits , et sur laquelle repose la connaissance du véritable mécanisme de l’accouchement.

Des deux ouvertures du petit bassin, la supérieure, ou l’entrée , porte le nom de détroit supérieur ou abdominal ; sa sortie, ou l’ouverture inférieure , celui de détroit inférieur ou périnéal. L’étude des dimensions des deux détroits du bassin étant , sans contredit, ce qu’il y a de plus important à connaître pour la science pratique des accouchemens, nous allons nous en occuper d’une manière toute particulière.

Dimensions du Bassin. — Les auteurs se sont beaucoup occupés à déterminer la figure du détroit abdominal, qu’ils ont comparée , tantôt à un cercle, tantôt à un ovale , quelques-uns à un triangle curviligne. Il est plus convenable de chercher cette figure dans la détermination rigoureuse des véritables dimensions du bassin. Voici ces dimensions.

On assigne ordinairement trois diamètres au détroit supérieur ou abdominal : i°. un diamètre antéro-postérieur ou sacro-pubien, qui s’étend du milieu de la saillie sacro-vertébrale directement à la partie supérieure et moyenne de la symphise des pubis. Ce diamètre a de 4 pouces, à 4 pouces moins un quart dans un bassin bien conformé; 2°. un diamètre transverse ou iliaque, qui se dirige de droite à gauche , et réciproquement de l’un des côtés du détroit abdominal à celui du cote opposé, en coupant le précédent à angle droit; ce diamètre a 5 pouces; 3°. un diamètre oblique, ou cotylo-sacro-iliaque , double, qui s’étend delà partie interne de lune des cavités cotyloïdes à la symphise sacro - iliaque du côté opposé , en se dirigeant obliquement de devant en arrière. Ce diamètre a 4 pouces 1/2. ( B oy. pl. 1 V^Jig. 1. )

Le détroit inférieur ou périnéal n’a que deux diamètres : i°. un antero-posterieur , cocci-pubien , qui, de la partie inférieure de la symphise des pubis, se porte à 1 extrémité du coccix. Dans son état ordinaire, ce diamètre n’a que 4 pouces : mais dans le moment de 1 accouchement, la tete de l’enfant imprime au coccix un mouvement de rétrocession tres-remarquable , qui augmente d’un pouce au moins l’étendue antéro-postérieure du détroit inferieur. {J^oy.pl. WV^Jig. 2 a a.'j Le diamètre transverse ( iscliiatique ) est immuable dans ses dimensions. Il s et.end de 1 une des tubérosités de l’ischion directement à celle du côté opposé. Ce diamètre a ordinairement 4 pouces.

Direction et axes du Bassin. — En examinant sur une femme debout, quelle est la situation du bassin, en le supposant dépourvu de toutes les parties molles qui 1 environnent, on s aperçoit facilement que le plan de la symphise des pubis est beaucoup plus bas que celui de la saillie sacro-vertébrale. Cet abaissement donne l’idée de ce que 1 on entend ordinairement par direction du bassin, dont l’inclinaison est de 35 à 45 degres , selon les individus, en prenant l’angle sacro-vertébral pour point de départ de la ligne horizontale. Cela donne, une ligne tiiée du milieu à peu près de l’excavation du sacrum , en passant par le centre du détroit abdominal, et se portant directement à l’ombilic de la femme grosse, constitue précisément 1 axe de ce détroit. D’une autre part, une seconde ligne tirée du tiers supérieur du sacrum et passant par le centre de la vulve distendue, forme l’axe du détroit inférieur ou périnéal.

Il résulte de cet exposé que la tète de l’enfant ne suit pas précisément une ligne dioite,en parcourant successivement les divers points de la filière osseuse du bassin,^ mais que sa marche au contraire est un mouvement parabolique prolongé , qui se continue meme a travers es parties extérieures de la génération long-tems après que la tête a franchi le centre du détroit périnéal, comme on peut le voir très-exactement représenté sur la planche Vl,Jig. 2.

Ce mouvement n’a point lieu dans l’accouchement de la plupart des animaux et surtout des mammifères , les deux détroits de leur bassin n’ayant qu’un seul et même axe, parallèle d ailleurs avec l’axe du corps, lequel est dans une direction horizontale. {Voy. pl. III fig. 3.)

3°. Mode d’ articulation des os du Bassin.

Les articulations des os du bassin ne diffèrent point de celles de la meme espèce, qui se voient dans quelques autres parties de l’économie animale. Elles sont du genre mixte de quelques auteurs ; c’est la synarthrose ou plutôt l’amphiarthrose des anciens ; c’est encore l’articulation par continuité des modernes.

Les articulations qui vont nous occuper , plus généralement connues sous le nom de symphises, sont celles des os pubis entre eux , du sacrum avec les os coxaux , de ce dernier avec le coccix et l’articulation de la dernière vertèbre lombaire avec le sacrum, auxquelles il faut ajouter la description de quelques parties ligamenteuses, membraneuses, qui, comme moyens auxiliaires, servent à augmenter la force des premières.

Symphise des Pubis. — C’est dans l’état frais qu’il faut étudier les différentes sympbises du bassin pour en prendre une connaissance exacte. En examinant celle des pubis dans cet état, on voit qu elle est formée par une substance fibro-cartilagineuse , d’une figure prismatique ou triangulaire , parfaitement enchâssée dans l’intervalle des surfaces articulaires des os pubis , avec lesquels elle est en rapport. Cette substance, d’une couleur blanche, d’un tissu élastique , plus épaisse en devant qu’en arrière, est affermie dans sa situation par des parties ligamenteuses et aponévrotiques très-multipliées, et de plus, dans sa partie inférieure, par un ligament spécial, en forme de croissant, appelé ligament sous - pubien ou triangulaire. C’est sur son bord tranchant, mais flexible, que la tête du fœtus exécute quelquefois dans un premier accouchement des mouvemens répétés de bascule, avant de franchir définitivement les parties extérieures delà génération.

Le centre du fibro - cartilage inter -pubien est manifestement d’un tissu moins dense et plus flexible ; c’est à cette disposition qu’est due la possibilité d’un mouvement borné , mais réel , qui se fait remarquer, surtout chez les femmes mortes dans les derniers tems de leur grossesse, et qui causent, chez celles dont l’accouchement a été lent et pénible, ce sentiment de gêne et de fatigue, dont elles se plaignent long-tems après leur délivrance.

Symphises sacro - iliaques . — Le mécanisme des symphises sacro- iliaques n’étant pas le même que celui de la symphise des pubis , il est tout naturel qu’il existe une différence entre leur mode d’articulation. Celle du sacrum avec les os coxaux résulte de la disposition raboteuse, inégale et comme chagrinée des surfaces articulaires que nous avons fait connaître plus haut. Sur chacune de ces surfaces est fortement incrustée une lame cartilagineuse, mince , serrée , qui, par des points de contact multipliés, établit le rapprochement intime des os, mais ne suffirait pas pour leur connexion, sans la présence des ligamens forts et nombreux qui l’entourent de joutes parts, principalement à la partie postérieure.

Symphise sacro-coccigienne. — Un fibro-cartilage , d’une texture molle, spongieuse; quelques fibres ligamenteuses, placées longitudinalement; telles sont les moyens simples et peu nomin eux qui unissent le sacrum avec le coccix, ainsi que les diverses pièces de ce dernier entre elles. De cette disposition favorable résulte l’extrême mobilité du coccix et cette facilité avec laquelle il se jette en arrière, lors du passage de la tête à travers le détroit périnéal.

Symphise sacro-vertébrale. — Cette articulation ne diffère point de celle des autres vertèbres entre elles. Le seul interet qu elle inspire, relativement aux accouchemens, résulte des rapports de la dernière vertèbre des lombes avec le sacrum, et de l’angle plus ou moins saillant que forment ces deux os en devant.

Indépendamment de ces divers moyens d’union, dont le but est d’affermir les os du bassin entre eux, il en est encore qui, sans avoir la même destination, servent à circonscrire le bassin dans sa partie inférieure, et qui, n ayant ni le volume ni la pesanteur des os, en offrent cependant toute la solidité. Ces ligamens, au nombre de quatre, deux de chaque côté, portent le nom de ligamens sacro-iliaques.

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Les embarras inséparables d’ttne première mise en vente ont retarac , ji devais m’y attendre , la publication de cette première livraison. Mais les obstat éprouvés ne devant plus se renouveler, les livraisons suivantes se succéderont régul l’ouvrage entier sera terminé dans moins de quinze mois, le nombre total des livraisc pas aller au-delà de quinze. Celle résolution' sera rigoureusement observée, toutes étant prises pour que l’entière exécution de l’ouvrage' n éprouve ni retards ni inlcrrupti

Des quatre planches qui composent celte première livraison , la Ir*. ne fait pou corps de l’ouvrage proprement dit, elle en est comme l’introduction; l’idée quelle re point de moi, elle appartient à Camper.

La seconde livraison, composée également de quatre planches, représentant chacur complétera l’histoire du bassin. Elle paraîtra exactement le i5 juillet.

Te titre de l'ouvrage et l’introduction seront délivrés aux souscripteurs avec

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chaque livraison sera composée de quatre planches et

Cet ouvrage sera publié par livraisons d’une feuille ou quatre pages de texte, format in-folio.

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Il y aura quelques exemplaires ( planches et texte ) tirés sur papier vélin , où les organe* génitaux de la femme et tout ce qui concerne le foetus seront coloriés.

Le prix en sera de 7 fr. , et 8 fr. 5o

La première livraison paraîtra du 1

mer de livraisons séparées

et les autres successivement , ne mois en mois

On ne pourra point se pro

C’est M. Ciiazal qui est chargé de l’exécution des dessins ; celle dé la gravure est confiée au talent de M. Coûtant, Les préparations anatomiques seront failes par M. Laniscabd, D. M.

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