AVEC LES FONCTIONS GÉNÉRATRICES ET LA SCIENCE PRATIQUE
* DES ACGOUCHEMENS.
Xj’étude des organes génitaux de la femme doit être envisagée sous deux points de vue différens : i°. dans l’état de repos ou de vacuité; 2°. dans celui d’action ou de plénitude. La nature des changemens qui s’opèrent dans les parties sexuelles de la femme , lors de l’accomplissement des fonctions génératrices, ainsi que l’ordre dans lequel ces changemens se développent, ne pouvant être appréciés sans la connaissance exacte de ces mêmes parties dans l’état de repos ou de vacuité, la description doit en être exposée avec quelque soin; c’est ce dont nous allons nous occuper.
Les organes génitaux delà femme ont été généralement divisés en parties externes et en parties internes. Quoique cette distinction ne repose sur aucune raison anatomique, on doit la conserver pour la facilité de la démonstration.
i°. Des parties extérieures de la génération de la Femme.
L’étude des parties extérieures de la génération de la femme n’exige aucune préparation particulière. Il suffit de jeter les regards sur les grandes lèvres, légèrement écartées, pour apercevoir de suite l’ensemble des objets que nous allons décrire.
Lorsque les parties externes sont dans l’état naturel et parfaitement rapprochées , on n’aperçoit que les grandes lèvres et la fente qui les sépare (voy. la pl. IX, qui représente avec une grande précision et la fidélité la plus scrupuleuse, ces parties dans l’état le plus naturel); mais si on les écarte légèrement, on voit alors sans peine tous les objets formant ce qu’on appelle la vulve ou le pudendum. ( J^oy . la pl. X. )
La vulve se compose du mont de Vénus, des grandes lèvres, du clitoris, du vestibule, des petites lèvres , du méat urinaire et du canal de l’urètre; de l’hymen, de la fourchette, du frein , des caroncules myrtiformes , du périné et de l’entrée du vagin.
Mont de Fénus ouPénil. — Éminence arrondie plus ou moins saillante, située au devant du pubis, couverte de poils à l’âge de puberté, et dont la quantité, la longueur et la couleur varient selon l’âge de la femme, quoique la couleur soit assez généralement semblable à celle des cheveux.
Le mont de Vénus est formé d’une grande quantité de tissu cellulaire graisseux, sur lequel la peau est immédiatement appliquée. Des artères, des veines, des vaisseaux lymphatiques et des nerfs entrent aussi dans sa composition.
Grandes lèvres. — Au nombre de deux, formant les côtés de la fente, qu elles circonscrivent; elles s’étendent du mont de Vénus au périné. La réunion de leurs extrémités forme ce qu on appelle les commissures des grandes lèvres , plus épaisses supérieurement qu inférieurement. Elles sont généralement très-volumineuses chez les femmes qui ont beaucoup d embonpoint. On y distingue une face externe, brunâtre, formée par un prolongement de la peau de la partie interne et supérieure de la cuisse, sur laquelle on trouve une grande quantité de follicules sébacés.
La face interne, rougeâtre, lisse et polie, tapissée par la membrane muqueuse, est en rapport, dans toute sa partie antérieure, avec la face interne de la grande lèvre du coté opposé, et plus profondément avec les petites lèvres.
Les grandes lèvres sont composées d’une grande quantité de tissu cellulaire, semblable à celui du mont de Vénus. De plus, on y trouve quelques bandelettes celluloso-fibreuses et des fibres isolées du muscle constricteur du vagin, ainsi qu’un grand nombre de vaisseaux de toute espèce.
Clitoris. — Corps tuberculeux, allonge, plus ou moins volumineux, situé à la partie supérieure et moyenne de la vulve, au-dessus du vestibule et entre les petites lèvres, le plus ordinairement caché par les grandes. Ce corps est quelquefois si volumineux chez certaines femmes, qu’il présente une sorte de ressemblance avec la verge de l’homme. Ce qui a pu induire quelques personnes en erreur, et leur faire croire à la possibilité de la réunion des deux sexes chez le même individu.
Le clitoris est composé: i°. d’une espèce de gland arrondi, imperforé, entouré d’un repli membraneux, espèce de capuchon, formé par la membrane muqueuse, analogue au prépuce et continu latéralement avec les nymphes; 2°. d’un corps caverneux, fixé par deux racines, comme celui de l’homme, aux branches descendantes du pubis, et soutenu du côté de la symphise par une espèce de ligament suspenseur, applati de droite à gauche.
La structure du clitoris est la même que celle du pénis, avec cette différence cependant, que le tissu spongieux du premier est moins abondant et plus serré.
Petites lèvres ou nymphes. — On nomme ainsi deux replis membraneux, érectiles, applatis transversalement, d’un rouge vermeil, plus épais au centre que vers les extrémités, naissant du prépuce du clitoris. Fortement rapprochées en cet endroit , les petites lèvres , en s’écartant toujours de plus en plus l’une de l’autre, vont se perdre sur la surface interne des grandes lèvres , et s’y terminent en s’amincissant vers le milieu du contour de l’orifice du vagin. Les nymphes, très-développées chez les petites filles au moment de leur naissance , sont le plus ordinairement d’une grandeur moyenne chez les femmes adultes. Au reste , leur volume et leur longueur varient beaucoup suivant l’âge, les peuples et les maladies qui peuvent les intéresser. Dans certains cas , leur rescision devient nécessaire ; cette opération , pratiquée assez souvent, ne parait pas devoir entraîner de suites fâcheuses.
Les petites lèvres sont composées chacune d’une portion de la membrane muqueuse de la vulve repliée sur elle-même , de manière à donner naissance à deux feuillets , entre lesquels se trouve une légère couche de tissu érectile. Il entre aussi dans leur composition une grande quantité de vaisseaux de toute espèce, qui se ramifient à l’infini dans leur substance.
Vestibule. — On entend par vestibule cet espace triangulaire , légèrement enfoncé , situé audessous du clitoris , au-dessus du méat urinaire , et entre les nymphes. On y trouve , chez quelques femmes peu soigneuses de propreté , une assez grande quantité de matière sébacée , qui pourrait induire en erreur et faire soupçonner la présence d’une maladie syphilitique.
Méat urinaire et urètre. — On donne le nom de méat urinaire à cette ouverture qui se trouve au bas du vestibule, et dont le contour est environné par un bourrelet que forme la membrane muqueuse de la vulve, et qui est constamment plus saillant en bas qu’en haut. L’urètre luimême n’est autre chose que le canal qui , du méat urinaire, conduit dans la vessie. Sa largeur est assez remarquable; sa longueur est d’un pouce seulement. Il est situé un peu obliquement en haut et en arrière , au-dessous de la symphise des pubis, au-dessus du vagin, avec lequel il est intimement uni, et continu en avant et en bas avec le méat urinaire, en arrière et en haut avec le col de la vessie. De cette manière, le canal dont il est question, décrit une légère courbure, dont la concavité est en haut , du côté des pubis , et la convexité en bas , du côté du vagin. L’intérieur de l’urètre est tapissé parla membrane muqueuse , d’une couleur rougeâtre; cette membrane forme un grand nombre de plis longitudinaux très-saillans : on y observe surtout en bas une grande quantité de lacunes muqueuses. Son extérieur présente une légère couche de tissu spongieux ; mais il n’y a point de corps semblable à la prostate chez l’homme.
L’hymen. — Appelé par quelques anatomistes valvule virginale ou vaginale , l’hymen est un repli membraneux plus ou moins étendu, d’une forme variable, formé par la membrane muqueuse de la vulve, au moment où elle pénètre dans le vagin. Il est situé sur la partie postérieure et latérale de l’orifice externe du canal vulvo- utérin, de manière à le fermer plus ou moins complètement. L’hymen est en général très-mince; quelquefois cependant il est très-épais. Relativement à sa forme, il est le plus souvent semi-lunaire , quelquefois ovalaire de droite à gauche, ou presque
circulaire, avec une ouverture au milieu; et dans quelques cas très-rares, il a cette dernière forme, mais ne présente point d’ouverture , alors il est imperforé. Dans cette dernière circonstance, il peut s opposer à l’écoulement des règles. Des accoucheurs très -distingués prétendent avoir trouvé l’hymen tellement résistant, qu’il s’opposait à la terminaison de l’accouchement; et pour le faciliter, ils ont été obligés, disent-ils, de l’inciser circulairement. Dans tous les cas, l’absence de cette partie suppose toujours une action mécanique quelconque, qui en a détruit l’intégrité. Des nourrices , en frottant trop fortement les parties sexuelles des petites filles avec des linges grossiers , des ulcérations survenues aux mêmes parties peuvent aussi altérer, détruire même cet emblème d’une virginité, que l’on accuse toujours trop légèrement les femmes d’avoir perdue, quand l’hymen n’existe pas.
Caroncules myrtif ormes. — On donne ce nom à de petits tubercules rougeâtres, applatis ou arrondis, plus ou moins volumineux, formés, d’après l’opinion générale, par les débris de l’hymen, mais que M. le professeur Béclard attribue à la présence de la membrane muqueuse renflée dans cet endroit. Il résulterait de cette dernière opinion , que les caroncules myrtiformes devraient toujours exister avant la rupture de l’hymen , et d’après tous les auteurs , on ne les observe que chez les femmes déflorées. Quoiqu’il en soit , leur nombre varie depuis deux jusqu’à cinq ou six ; leur couleur et leur consistance varient aussi suivant les sujets. Elles peuvent être d’un rouge vermeil, livides ou pâles, fermes ou mollasses. D’après toutes ces considérations il faut bien se garder d’admettre que la présence de l’hymen puisse être regardée comme un signe certain de la virginité, comme son absence n’est pas toujours la marque de la défloration.
Fosse naviculaire. — La fosse naviculaire est une petite excavation située à la partie postérieure de l’orifice externe du vagin , entre les caroncules et la commissure postérieure des grandes lèvres , qu’on appelle fourchette ou frein. Il est bien difficile que dans un premier accouchement cette dernière partie puisse résister aux efforts que fait la tête pour franchir les parties extérieures ; mais sa déchirure n’entraine aucunes suites fâcheuses. Il n en est pas de même lorsque la déchirure intéresse une partie plus ou moins etendue du penne , comme nous le dirons plus bas.
Périné. — C’est l’espace situé entre la commissure postérieure et l’anus. Il est divisé dans sa longueur en deux parties égales, par une espèce de couture, quon appelle raphé ,* moins long et moins large chez la femme que chez 1 homme, il est par cela meme tiesexposé à être déchiré lors des efforts d’un premier accouchement, surtout si la personne chargée de surveiller la marche de la tête, n’a pas la plus grande attention de la soutenir en lui imprimant avec la main placée sur un plan incliné, un mouvement d ascension qui la force de se porter vers le centre de la vulve distendue, pour s’échapper ensuite librement par cette ouverture.
2°. Des parties internes de la génération.
Les parties internes de la génération sont le vagin, la matrice et ses dépendances ou annexes. L’élude de ces différens organes demande nécessairement des préparations que n exigeait pas celle des parties extérieures : nous croyons avoir rempli une tâche aussi heureuse dans ses résultats quelle était difficile dans son exécution, en offrant dans les deux dernières planches de la IIIe. livraison et dans celles de la IVe., une image de ces parties telle que peut-etre
elles n’a vai eut point encore ete présentées. ,
Vagin ou conduit vulvo - utérin. — Canal cylindroïde , membraneux, situe dans le petit bassin, un peu obliquement de bas en haut et d’avant en arrière, depuis le col de a matrice qu’il embrasse jusqu’au milieu de la vulve au bas de laquelle il s’ouvre; ce cana est légèrement recourbé sur lui-même, de manière à présenter une concavité en avant u côté de la vessie , et une convexité en arrière du côté de l’intestin rectum ; de plus , on remarque que sa paroi antérieure est plus courte que sa paroi postérieure. Le vagin est
plus étroit à sa partie moyenne qu’à ses deux extrémités. Sa longueur dans l’état de repos est de cinq à six pouces.
On distingue au vagin une surface .externe, une interne et deux extrémités, dont lune est supérieure et l’autre inférieure. •
La surface externe en avant et en arrière, est revêtue supérieurement par le péritoine dans une très-petite étendue; en avant et en bas, elle est unie à la vessie et au canal de l’urètre par du tissu cellulaire , qui est d’autant plus serré qu’on l’examine plus bas ; en arrière et en bas, elle se trouve en rapport avec le rectum, dont l’union à lieu par du tissu cellulaire de même nature; sur les côtés, la surface externe répond en haut aux ligamens larges de la matrice et aux uretères, en bas, à une très-grande quantité de tissu cellulaire, qui la sépare des releveurs de l’anus , et dans lequel rampent les vaisseaux utérins , vésicaux et l’artère ombilicale; mais surtout les vaisseaux et les nerfs de l’organe que nous décrivons.
La surface interne est contiguë à elle-même ; ses parois sont sans cesse enduites d’une couche de mucus plus ou moins épaisse : au reste , sa dilatation est en raison de la fréquence du coït et du nombre des accouchemens. On y distingue deux lignes longitudinales, dont l’une est antérieure , et l’autre postérieure : elles sont plus apparentes du côté de la vulve que du côté de l’utérus; la première, toujours plus saillante cpie la seconde, forme au-dessous de l’orifice de l’urètre un tubercule volumineux : on y distingue en outre un grand nombre de rides transversales qui s’effacent sur les côtés, et qui sont beaucoup plus saillantes et plus multipliées au voisinage de la vulve que de la matrice , où elles semblent affecter toutes sortes de directions ; ces rides transversales se trouvent coupées à angle droit par des crêtes longitudinales. Quoiqu’il en soit, toutes sont formées par la membrane muqueuse qui tapisse le vagin.
L’extrémité supérieure du vagin présente une échancrure assez prononcée, en forme de croissant : elle est attachée autour de la partie supérieure du col de l’utérus, un peu plus haut en arrière qu’en devant , de sorte que cette union particulière du vagin au col donne naissance à un cul-de-sac très-prononcé en arrière. Dans cet endroit , la paroi du vagin est très-amincie, ce qui doit avertir l’accoucheur que dans l’application du forceps, il faut avoir la plus grande précaution de ne point porter dans cet endroit la cuiller de cet intrument , dans la crainte d’occasionner des ruptures et déterminer d’autres accidens très-graves.
L’extrémité inférieure se continue avec la vulve, et forme dans la partie la plus profonde de celle-ci une pente allongée de haut en bas , et de devant en arrière.
Le vagin est composé d’une membrane muqueuse à l’intérieur, qui est manifestement la continuation de celle qui tapisse la vulve, et qui se continue avec celle de l’utérus; elle est rouge et vermeille en bas; en haut elle devient blanchâtre ou grisâtre ; elle présente assez souvent en arrière des tâches bleuâtres ou livides, plus ou moins irrégulières. On remarque en outre un trèsgrand nombre de pores qui ne sont autre chose que les orifices de ses lacunes. L’épaisseur de cette membrane diminue successivement en allant de la vulve au col de l’utérus : elle est enfin dans toute son étendue revêtue d’un épiderme très-prononcé, d’un tissu spongieux érectile qui forme à l’extérieur , tout près de son extrémité inférieure, une couche large d’un pouce et épaisse de deux à trois lignes ; sa texture est dense et serrée, sa couleur grisâtre ou bleuâtre : ce tissu s’amincit beaucoup en haut , mais cependant il remonte jusqu’à l’utérus , et semble se continuer avec le tissu propre de la matrice : c’est ce tissu qu’on désigne communément sous le nom de plexus rétiforme. Enfin quelques fibres musculaires forment un petit faisceau circulaire situé à l’extérieur du tissu spongieux dont nous venons de parler : c’est le muscle constricteur du vagin , qui reçoit en outre des vaisseaux et des nerfs; les premiers viennent des vaisseaux hypogastriques; les seconds sont fournis par les plexus sciatiques. ( K oyez les IIIe. et IVe. livraisons. )
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