‹ Nouvelles démonstrations d'accouchemens. Avec des planches en taille-donee, accompagnées d'un texte raisonné, propre à en faciliter l'explicationChapitre 6 sur 9 · OCTOBRE · texte numérisé non relu

OCTOBRE

De l'Utérus et de ses annexes.

L’utérus et ses annexes complètent l’histoire des parties génitales de la femme. Les annexes sont : i°. le ligament large, qui renferme la trompe utérine ou de Fallope, dans l’aileron antérieur et dans l’aileron postérieur, l’ovaire et son ligament; i°. le ligament rond.

De VUtérus. — Viscère creux situé dans la cavité du petit bassin, entre la vessie et l’intestin rectum, au-dessus du vagin, au-dessous des circonvolutions de l’intestin grêle. Sa figure est celle d’un conoïde, espèce de poire applatie sur ses deux faces opposées, plus saillante en arrière qu’en avant, arrondie à sa base et tronquée à son sommet. Sa longueur totale est de trois pouces, sa largeur de deux dans sa partie supérieure et d’un seulement dans sa partie inférieure ; son épaisseur est à-peu-près d’un pouce.

On distingue à l’utérus un fond, un corps, un col et une cavité; le fond est cette portion de l’utérus qui s’élève au-dessus de l’insertion des trompes et qui n’a que quelques lignes de hauteur; sa forme est arrondie, et il est recouvert dans toute son étendue par un prolongement du péritoine.

Le corps est la partie la plus considérable de l’utérus , et comprend toute la partie de cet organe qui s’étend depuis son fond jusqu’à son col ; sa forme est celle d’un triangle dont les deux angles supérieurs correspondent à l’insertion des trompes, qui, dans cet endroit, communiquent avec la cavité de l’utérus. L’angle inférieur se confond avec le col : à l’extérieur, la face antérieure et postérieure du corps de l’utérus est en grande partie recouverte par un prolongement du péritoine ; à l’intérieur , ces deux faces forment les parois de sa cavité.

Le col de l’utérus est cette portion alongée qui se voit au-dessous du corps et qui plonge dans l’intérieur du vagin, dont il occupe la partie supérieure; sa longueur est de dix à douze lignes, son épaisseur de devant en arrière, de six à huit, sa largeur de huit à dix ; il est cylindroïque , comprimé de devant en arrière et légèrement renflé à sa partie moyenne; il communique dans la cavité de l’utérus par une ouverture appelée orifice supérieur, interne ou utérin. L’extrémité qui correspond dans le vagin forme une partie saillante percée dans le centre par une ouverture qui porte le nom d’orifice externe, vaginal ou inférieur. Cette ouverture, transversalement alongée chez les femmes qui n’ont point eu d’enfans, et assez exactement fermée, s’arrondit et s’évase toujours de plus en plus chez celles qui en ont eu; elle est bornée par deux lèvres arrondies, distinguées en antérieure plus épaisse et en postérieure plus mince : c’est cette dernière partie que les auteurs désignent sous le nom de museau de tanche ,* le col est parcouru dans toute son étendue par une cavité plus rétrécie à ses deux extrémités et un peu plus large au centre. [Uoy. pi. XIII ,fg. 2. )

La cavité de l’utérus, applatie, triangulaire, a peu d’étendue, et pourrait à peine admettre un petit haricot; les deux angles supérieurs présentent les orifices très-étroits des trompes utérines, l’angle inférieur communique avec la cavité du col. ( U oy. pl. XIII, Jig. i. ) Quelquefois cette ouverture est partagée par une cloison complette qui explique la possibilité des superfétations , dont on a plusieurs exemples. ( La Jig. i de la pl. XY1 offre un fait de ce genre , que nous avons constaté sur un utérus apporté à notre amphithéâtre, pour servir à nos leçons d’accouchemens. )

L’utérus est composé extérieurement d’une membrane séreuse, prolongement du péritoine, qui le recouvre dans ses trois quarts supérieurs ; intérieurement elle parait formée par une continuation de la membrane muqueuse qui tapisse l’intérieur du vagin. M. le Professeur Chaussier met en doute la présence de cette membrane ; les raisons qu’il apporte à l’appui de son opinion paraissent sans réplique : on a pris , dit ce savant physiologiste , pour la membrane muqueuse de l’utérus une simple concrétion coënneuse accidentelle , et qui na aucun

(les caractères de la muqueuse qui tapisse l’intérieur du vagin. ( Voyez la lettre du Professeur Chaussier à Mme. Boivin. )

Le tissu propre de l’utérus est donc toute la portion de cet organe qui se voit au-dessous de la membrane séreuse; ce tissu est dense, élastique, d’une couleur d’un blanc grisâtre; sa densité augmente vers le col, où. sa teinte grisâtre diminue; il est impossible de distinguer dans aucun point de son étendue la disposition des fibres qui le composent, et il serait difficile, en examinant ce tissu dans 1 état de vacuité , de se faire une idée des changemens que la grossesse y apporte.

Les artères de 1 utérus lui viennent des hypogastriques : flexueux et peu considérables pendant tout le tems du repos de cet organe, ces vaisseaux acquièrent souvent pendant la grossesse un ■volume des plus considérables; les veines accompagnent les artères.

Les vaisseaux lymphatiques de l’utérus sont tellement nombreux, et leur dilatation en est si îemarquable pendant la grossesse, qu’on croirait que ce dernier en est entièrement formé; ils sont fournis parles plexus hypogastriques.

Des annexes de l’Utérus.

La membrane péritonéale, après avoir enveloppé l’utérus dans ses trois quarts supérieurs, et formé en avant et en arrière de cet organe des replis peu apparens, appelés ses ligamens antérieurs et postérieurs, se réfléchit sur ses parties latérales et forme un large repli connu sous le nom de ligament large qui renferme la trompe et l’ovaire.

Des Trompes utennes. — — Conduits cylindroïques qui s etendent des angles supérieurs de l’utérus, avec lequel ils communiquent, jusque sur les parties latérales du détroit supérieur ou abdominal, parcourant ainsi un trajet de quatre à cinq travers de doigt. Des deux extrémités de la trompe, l’interne, très-grèle, traverse le tissu de l’utérus et s’ouvre dans la cavité de cet organe, par un orifice tellement étroit qu’on peut à peine y faire pénétrer une soie de sanglier; l’extrémité externe porte le nom de pavillon, d’entonnoir ou de morceau frangé; elle est évasée, flottante, découpée en franges et ordinairement inclinée du côté de l’ovaire, auquel elle est fixée par une de ses plus longues franges. Quoiqu’il soit assez ordinairement difficile de mettre à découvert le conduit de la trompe , on y parvient cependant avec un peu de patience et d’adresse [Voy.pl. XV, fg. i.)

Les trompes sont composées d’une membrane commune, extérieure, quelles empruntent du péritoine et de deux membranes propres, l’une externe et l’autre interne; l’externe est plus épaisse, dense, blanchâtre et susceptible de contractilité, quoiqu’on ne puisse y découvrir de fibres musculaires; f’interne, plus mince, plus molle, parait tenir de l’ordre des muqueuses; une petite portion de tissu spongieux se voit dans les environs du pavillon.

Les vaisseaux des trompes viennent des hypogastriques.

Des Ovaires.— Organes parenchymateux, vasculaires, ovoïdes, légèrement comprimés sur deux faces opposées, de couleur rouge-pâle, d’une densité assez grande, du volume à-peu-près d’un petit œuf de pigeon, situés dans lepaisseur des replis postérieurs du ligament large.

La forme des ovaires permet d’y distinguer deux extrémités, une externe, qui reçoit l’insertion de lune des franges principales de la trompe utérine, à l’aide de laquelle cette dernière est entraînée sur la trompe qu’elle embrasse en presque totalité dans le moment de la fécondation de 1 œuf; l’extrémité interne est continue avec un cordon grêle, fibro- vasculaire, qui va se terminer dans la substance de l’utérus, derrière l’insertion de la trompe, mais un peu plus bas : ce cordon, qui porte le nom de ligament de l’ovaire , est situé, comme ce dernier organe, dans

1 épaisseur du ligament large, dont il occupe l’aileron postérieur; il est solide et ne présente aucune trace de conduit. ( Voy. pi. XII ,fig. i . )

La surface des ovaires présente des bosselures arrondies , séparées par des sinuosités peu profondes ; on y remarque quelquefois de petites cicatrices ou brides chez les femmes encore jeunes qui ont eu des enfans. ( Voy . pl. XV, Jig. 3.)

Le péritoine revêt immédiatement toute la surface extérieure de l’ovaire, excepté à l’endroit où ce dernier adhère au ligament large.

Il est difficile de déterminer la nature du parenchyme dont l’ovaire est formé ; lorsqu’on le déchire , ou qu’on le divise dans sa longueur , ( voy. pl. XV, Jig. 4* ) on aperçoit des lobules celluleux, vasculaires et de petites vésicules arrondies, de la grosseur d’un grain de millet, dans le nombre varié de quinze à vingt; ces vésicules sont remplies d’un fluide albumineux, incolore ou jaunâtre, que l’on rend plus visible en les divisant avec soin avec la pointe d’une paire de ciseaux fins.

Les vaisseaux des ovaires viennent des spermatiques; leurs nerfs, très-déliés, des plexus rénaux, et les lymphatiques communiquent avec ceux des reins.

Des Ligamens ronds. — Cordons celluloso-vasculaires , qui s’étendent de l’utérus à la partie interne et supérieure des cuisses; ils naissent des parties latérales, antérieures et supérieures de 1 utérus, au-devant et au-dessous de l’insertion des trompes, et de là se dirigent en se portant, de bas en haut et de dedans en dehors, vers l’anneau inguinal qu’ils franchissent, et vont ensuite s’épanouir et se terminer dans le tissu cellulaire des aines, du pénil et des grandes lèvres. ( Voy . pl. XVI ffg. i. )

Ces cordons sont blanchâtres, assez denses, légèrement aj)platis, plus minces à leur partie moyenne qu’à leurs extrémités; ils sont composés de tissu cellulaire filamenteux, de vaisseaux sanguins et lymphatiques; leurs usages sont inconnus; on sait seulement que, vers le milieu de la grossesse, ils se tuméfient quelquefois, deviennent douloureux et participent ainsi à l’espèce de turgescence générale qui , à cette époque , tourmente la femme enceinte.

Coup -d’œil sur les changemens qu’éprouve chacune des parties composant les organes génitaux de la Femme , aux différentes époques de sa vie , et de leurs usages.

On ne peut méconnaître le but que la nature s’est proposé dans la composition et l’ordre du développement des organes de la génération de la femme; inutiles, pour ainsi dire, à l’entretien de la vie de l’individu pendant ses premières années, ces organes ne se font remarquer alors que par leur petitesse extrême; la cavité du petit bassin, étant elle-même très-rétrécie au moment de la naissance et pendant les dix ou douze premières années, ne peut les recevoir, et ils sont en grande partie contenus dans la cavité abdominale; les grandes lèvres existent à peine, les petites seules présentent un développement qui pourrait en imposer, si on ne se rappelait que cette circonstance est générale chez toutes les petites filles au moment de leur naissance ; le vagin est court et très-étroit.

L’utérus, qui à la naissance de la petite fille est hors de la cavité du petit bassin, se trouve à la hauteur de la dernière vertèbre lombaire; son corps peu volumineux est étroit, mince et alongé; sa cavité est extrêmement petite, enfin l’accroissement de l’utérus est très-lent jusqu’au moment de la puberté, mais à cette époque, il acquiert tout à coup, ainsi que les ovaires, un développement considérable et devient le siège d’une nutrition très-active ; ses vaisseaux se dilatent, le sang y afflue en plus grande quantité, et sa surface intérieure prend une teinte rougeâtre qui annonce l’établissement prochain du flux menstruel ; il achève de prendre la forme et le volume qu’il conservera dans la suite, et descend en totalité dans l’excavation du bassin.

Nous ne retracerons point ici le tableau des changemens qui s’opèrent dans l’utérus pendant la gestation; ils trouveront leur place à l’occasion de la grossesse , dont nous traiterons plus bas.

Après l’âge critique et chez les femmes avancées en âge , l’utérus perd de son volume sa sur deTirrX devient “il ‘'T ^ ï"'eIle ™it présentée depuis l’établissement

“f'“> « 1" profondes sy Z,

mm e* d.eJ’endanCeS et ’f annexes de l’utérus suivent dans leur développement la même marche q e entier organe; les trompes n’éprouvent de changemens remarquables que dans leur gros

I l A 7 gUeUr’ 7 °VaireS’ à PeiDe aH»"““ «hez P«des filles, n’acquièrent de vX able développement qu au moment de la puberté; mais à combien de métamorphoses ne sont

IS I fa6 °0UrS ^ 13 ™ de 13 fem™^ de C0“bi“ d’altératio„sPne It-Ils pal

ration * 77 T S0Dt tres‘mult,PIlëes sans doute, et les variétés que présentent ces ahé

Z2l ,r hS; plUSi“rS e5PèCeS de Stërilité chez 1ns femmes ni doivt I êt

attribuées a d autres causes : tantôt en effet on trouve les ovaires applatis minces flétrif d

efforts; mais hldépen’dlmmlm^ £ l ^ TT*’ ^ but^S W-l *®<>ent tous leurs organes en offre de particuliers, sur “*

à racte^ela^génératlon^abs^urmmirT11 "* P1,611"6"1 ?“’“ne part secondaire, pour ainsi dire, moment même de f cœuchemen, 7^ “ dével°PPement de >a g™ssesse , ce n’est qu’au voit alors se déplisser s’étench-e V d* “* P"'*168 deviennent mtéressans; on les

nir et le porter p7 liLl dle ’ 77 ’ “ ““ C°mPnmer le fœtus P-t à sortir, le soute-

mstne ingénieux qu’il est préservé des accidens dont sa vie serait trèsluvel menacé n au moment de sa naissance , d’autre obstacle à franchir que le col de l’utlrus ’ " "

Les usages de l’utérus ont pour but unique de recevoir le produit de la concen.inn de sa formation première de urnté^r ri ' i \ conception , au moment

propres à sa nutrition ^ Ser™ 4 la '-«smission des fluides

il est doué, de l’extXer au moment d7 ”7 et Par la contractilité puissante dont

ratnees se trouvent ainsi entièrement bouleversées Mais cen’ t^ tl0mpe *’ leS fonct,ons généplus ordinairement le résultat de ces grossesses malheureuses. ’ S°M 'e

ce^ûL'd’IXlted8 Wiontu momeTcLT féloSntu' 7 ““T*’ SUS'

dont le produit, détaché alors, revilm ‘ “utérus ^ s", Set le V “°" ’ auparavant sous une forme beaucoup plus déliée esnèce de va ,, l ‘ avaItParcour,Ie

des physiologistes n’ont pu encore rendre sensible ni apparente. ’ g ’ qU6 *°US

Vf. XUf.

s/‘ / // /f /'//< > a/w As /'t./'i-fr s Y / /rc///;//

(r: (ttY par Fol\\>'{i,'r

MM

Vr'

s.v/frt - ///7 v'/y/V'

lrnr:\

/Jiwrnt’ f>ar . /, ( /ur xir/ ■

ZL> /,■.>■//<•/

ri. xvi.

û^ès^a c -

AVIS

Cette quatrième livraison termine l’histoire des parties génitales delà femme; la cinquième ( qui paraîtra à la fin de l’année i8a3 ) et la sixième sont destinées à représenter tout ce qui est relatif au produit de la conception.

Quelques changemens ont eu lieu dans la direction des travaux de notre entreprise. Mais , loin que ces changemens puisseut nuire en aucune manière au succès de notre ouvrage, ils ne peuvent que le consolider au contraire, et ajouter encore, s’il est possible, au mérite de son exécution.

CONDITIONS DE LA SOUSCRIPTION

Cet ouvrage paraît par livraisons, composées chacune de quatre planches en taille-douce et d’une feuille ou quatre pages de texte , format in-folio.

Le prix, pour le3 Souscripteurs , est fixé à 3 fr 5o cent, pour Paris, et 4 fr. 2 5 cent. , franc de port , pour les départemens.

Les exemplaires vélin se paieront prix double.

La V\ livraison paraîtra irrévocablement à la fin de l’année ; et les autres , successivement , de six semaines en six semaines.

On ne pourrra point se procurer de livraisons séparées.

Page 1