‹ Nouvelles espèces de Décapodes d’eau douceprovenant de PapouasieChapitre 5 sur 11 · Cheraps aruanus , n. sp · texte numérisé non relu

Cheraps aruanus , n. sp

Ngaigouli, Trangau, Arou, 21. II 08. Plusieurs çfçf et $ 9 .

Pobdjetour, Trangau, Arou. 1 cT.

Seltoulti, Kobroor, Arou. Plusieurs ç? çj 1 et ÇÇ jeunes.

Manoumbai, Kobroor, Arou, 16. III 08. 1 cT et 2 29*

Cette espèce est très voisine de Ch. quadricarinatus v. Mart. qui habite le nord de l’Australie. La seule différence qu’elle présente est la forme et les proportions des pinces. Ayant à ma disposition un matériel assez grand, j’ai tout d’abord observé que chez les çfcf la forme de la pince et ses dimensions sont différentes de chez les Ç2; celles des Q9 sont plus minces, plus effilées que celles des cTcf 1 . Mais chez les nombreux spécimens mesurés du même sexe, la proportion entre la longueur et la largeur de la pince s’est montrée constante. C’est de cette fixité remarquable que je

Notes from. th© Leyden MAiseum, Vol. XXXIII.

m'autorise pour regarder l’espèce des îles Aron comme différente de celle du nord de l’Australie. On pourra voir plus loin ce qui concerne les Cheraps de Nouvelle Guinée.

Chez le spécimen type de Ch. quadricarinatus que j'ai eu entre les mains (c’est une Q) la largeur est contenue 4 fois dans la longueur de la pince (fig. 1). Chez les individus $ de notre espèce, la largeur est à peine contenue 3 fois dans la longueur, de sorte que la pince est moins effilée, un peu plus lourde. Voici quelques chiffres (en millim.) :

Pince gauche 24 : 8,5 25 : 9 22

Pince droite 24:9 24,5:8 21:7,5

Chez les mâles, la pince est encore plus large et présente une forme assez différente ainsi que le montrent les figures (figs.

2 et 3).

Voici quelques chiffres indiquant pour quelques individus çf, la proportion entre la longueur et la largeur des pinces 2 - (en millim.):

Pince gauche 28 : 11,8 29 : 11 28 : 13,8 35:14 42:22.

Pince droite 29 : 12 29,5 : 11 28 : 11

La largeur est donc à peine contenue 2 fois et demie dans la longueur et cette proportion tend à devenir plus faible chez les individus les plus grands; chez les jeunes la proportion est presque de 3 à 1.

Le doigt mobile mesure environ la moitié de la longueur de la pince (cette longueur prise sur le côté interne). 11 est pourvu sur sa face interne de 10 tubercules dont 1 fait assez fortement saillie; il est situé à peu près au milieu du doigt et se présente comme un tubercule arrondi. Les 8

Notes froin tlie Leyden Muséum, Vol. XXXIII.

autres tubercules, situés un peu plus près de la face supérieure de la pince, sont peu proéminents, arrondis.

A l'extrémité distale les doigts se terminent par un crochet. Sur le doigt immobile il y a également une série analogue, la dent terminale est placée en face de celle du doigt mobile, le tubercule du milieu est situé au dessus de son correspondant, quand la pince est fermée. Le milieu de la palma est bombé et par conséquent plus épais que vers les bords. Le bord interne est pourvu d’une série de tubercules triangulaires, formant une sorte de scie, d’autres tubercules plus petits, moins saillants, les accompagnent sur la face supérieure, près du bord sus-nommé.

Le reste de la face supérieure est lisse, la face inférieure également.

Les pinces du mâle présentent une particularité remarquable dont je dois dire quelques mots. Sur le bord externe une portion assez grande de la pince est molle, blanchâtre, dépourvue de dépôts calcaires. Chez les jeunes mâles *) cette partie est petite, située sur le bord externe, elle augmente avec l’âge et occupe chez les gros individus souvent plus de la moitié de la longueur du côté externe de la pince et environ la moitié de la largeur du doigt fixe. Tous les mâles sans exception montrent cette particularité qui n’existe à aucun degré chez les femelles.

Comme chez Ch. qiicidricarmatus le céphalo-thorax présente 2 paires d’arêtes ou carènes dont les médianes se continuent en le rostre. Ce dernier, en général aussi long que le pédoncule autennulaire, présente de chaque côté 2 dents également. En arrière de la suture cervicale, de chaque côté du corps, 3 ou 4 épiues. Les caractères des pattes, du telson etc. coïncident en tous points avec la description qu’a donnée Nobili 1 2 ) d ’ Astaconephrops albertisi . Comme je l’ai montré dans une précédente note 3 ) ce genre

1) Chez de tout jeunes mâles, au dessous de 7 cm. de long, cette partie n’est pas encore développée.

2) Nobili, in: Ann. Mus. Civ. Genova, Ser. 2a. Vol. XX, p. 244, 1899.

3) Roux, in: Zool. Anz. Bd. 37, 1911.

Notes from tlie Le y tien Muséum, Vol. XXXIII.

doit être regardé comme synonyme de Clieraps . Il sera question plus bas de l’espèce créée par Nobili.

J’aurais regardé Ch. aruanus plutôt comme une variété de Ch. quadricarinatus si je n’avais pas eu à l’examen du matériel provenant de Nouvelle Guinée où se trouve aussi une forme voisine de celle que je viens de décrire, et chez laquelle les pinces présentent une forme différente, mais bien déterminée. Il semble bien qu’on ait affaire là à un caractère ayant une valeur spécifique. L’examen des branchies a montré que la formule donnée par Huxley est exacte. La dernière arthrobranchie, qui est rudimentaire, présente une partie basale élargie, pourvue de quelques filaments et qui se continue en une partie effilée, longue montrant de courtes ramifications latérales.

Le plus grand exemplaire récolté est un dont les dimensions sont :

Exfcrétn. du rostre — telson 110 mm.

Rostre (longueur) 12 mm.

Extrém. du rostre — suture cervicale 36 mm.

Suture cervicale — bord post-céphalo-thor. 18 mm.

Patte I. long. tôt. 86 mm.

Pince long. 42 mm.

Pince larg. 22 mm.

Carpe long. 16.5 mm.

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