PRÉFACE XXXI
Ce n'est pas lui qui eût signé la fameuse page de Cousin sur la légitimité des luttes sanglantes entre les nations! Aussi était-il conséquent avec lui-même en se mettant, après 1 870, avec MM. Jules Simon et Frédéric Passy, à la tête de la Ligue pour la paiXy qui se propose de substituer, selon une conception déjà vieille, l'arbitrage à la violence. Il aimait cette œuvre de haute philanthropie, bien conforme à son caractère. Quand l'Europe se ruinait en armements, il publia même un journal périodique pour y exposer ses idées, et ce rêve fut un des derniers de sa belle existence. Il rêvait également la paix dans l'intérieur des États, alors que le conflit des intérêts semait les germes de la guerre civile, plus détestable que la guerre étrangère. Enfin, il eût voulu la paix religieuse. Il fut président de la Ligue nationale contre V athéisme; il concevait un symbole supérieur à tous les cultes positifs, avec Dieu et Tâme immortelle pour tout expliquer et tout concilier. Il eût applaudi à ce congrès des religions, réuni à Chicago, première et informe tentative d'une idée non mûrie encore. Il se fût associé, s'il eût vécu, au projet d'un nouveau et plus vaste congrès international pour 1900, que le réveil