‹ Nouvelles expériences sur l'adhérence des pierres et des briquesChapitre 6 sur 45 · TABLEAU N° IV · texte numérisé non relu

TABLEAU N° IV

9. EXPÉRIENCES SCR l' ADHÉRENCE DES BR1QCES SCELLÉES EN PLATRE SCR LA PIERRE CALCAIRR OOLITBIQCE DE JACMONT.

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10- Observations sur les résultats conténus dans les TABLEAUX PRËCÉDENS (3 et 4)- L’examen des résultats contenus dans les tableaux précédens montre que la résistance des joints scellés en plâtre est très-variable, puisque ses valeurs rapportées au mètre quarré diffèrent parfois du simple au double. Ces diffé-

POSÉES EN BAIN DE MORTIER OU SCELLÉES EN PLATRE. , i l rences énormes ne permettent pas de lui assigner une valeur moyenne, et comme d’ailleurs elles ne paraissent pas dépendre du tout de l’étendue des surfaces en contact, elles doivent, je pense, être attribuées au choix du moment plus ou moins convenable de la pose des pierres, par rapport au phénomène chimique de la prise du plâtre. On sait en effet, que cette action a lieu dans un intervalle de temps assez court , au-delà duquel la liaison du plâtre avec les autres matériaux est bien moins parfaite qu’à cet instant particulier. L’observation ayant d’ailleurs fait voir que l’arrachement a presque toujours lieu par séparation des surfaces . et non par rupture, de sorte que le plâtre adhère presque toujours en entier à l’une d’elles, ils’ensuit que la résistance mesurée est ici l’adhérence des surfaces et non la cohésion du plâtre, ce qui rend très -probable la cause que je crois pouvoir assigner aux divergences remarquées dans les résultats.

Malgré leurs inégalités, les résultats consignés dans les tableaux précédens confirment, plutôt qu’ils ne contredisent, les conclusions déduites des précédens.

1 \ . Conséquences générales. Les limites dans lesquelles j’ai restreint ces recherches paraîtront peut-être bien étroites, par rapport à l’importance de la question pour l’art des constructions ; mais je dois répéter que je ne l’ai abordée que par suite de sa connexion avec celle du frottement, que j’ai particulièrement entrepris de traiter. Je me borne donc à tirer de la comparaison des expériences précédentes avec celles des tableaux 108 et 109 de mon troisième mémoire , les conséquences suivantes :

i° Que dans les premiers inslans et les premiers jours qui suivent la pose des pierres et des briques en bain de mortier et tant que le mortier n’a pas acquis un degré convenable de dessication et d« dureté, la résistance des joints au glissement est proportionnelle à la pression et indépendante de l’étendue des surfaces en contact 5 2 0 Qu au contraire, quand la dessication des mortiers est arrivée

12 EXPÉRIENCES SCR L’ADHÉRENCE DES PIERRES ET DES BRIQUES, etc. à un certain terme , dont l’époque plus ou moins éloignée dépend de leur composition , de l’étendue des surfaces , de la masse des maçonneries et de la porosité plus ou moins grande des matériaux , cette résistance cesse de dépendre de la pression exercée, soit au moment de la pose , soit à celui de l’arrachement , et qu’elle est proportionnelle à l’étendue de la surface de rupture;

3° Que pour les pierres, qui prennent bien le mortier, cette résistance est la cohésion propre de cette substance, tandis que pour le plâtre elle n’est que l’adhérence de la pâte aux matériaux.

Ces conséquences immédiates des expériences conduisent, il . me semble, à conclure que, dans la rupture des maçonneries, le frottement et la cohésion ne coexistent pas et que ces deux résistances agissent ou seules ou successivement. Que, par exemple, dans les constructions nouvelles exposées à des poussées, à des efforts avant que les mortiers n’aient atteint le degré convenable de dessication, on devra dans le calcul de leurs conditions de stabilité faire abstraction de la cohésion , qui est ordinairement assez faible par rapport au frottement, tandis que, lorsqu’il s’agira de constructions qui ne devront être soumises à des efforts qu’après un intervalle de temps convenable , écoulé depuis leur établissement , on ne devra tenir compte que de la cohésion ou du frottement , selon que l’une de ces forces sera plus forte que l’autre , ce qui dépendra d’ailleurs des proportions de l’édifice ; la seconde de ces résistances ne commençant jamais à agir qu’après que la première a été vaincue.

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