‹ Nouvelles franc̜aises inédites du quinzième siècleChapitre 63 sur 87 · I. se manque dans le ms · texte numérisé non relu

I. se manque dans le ms

NOUVELLES FRANÇAISES DU XV* SIECLE lOQ

Les versions de ce conte sont extrêmement nombreuses. A la bibliographie qu'on en trouvera dans R. Kôhlcr, Kleinere Schriften, II, p. 563-G3, on peut ajouter une allusion dans les Lamentations de Matheolus (v. 2769-70), complétée dans la traduction de Jean Lefèvre, et une ballade hollandaise. De wettige zoon, de Tollens, citée par Van Ilamel {Les Lamentations de Matheolus, II, p. 201-2).

La nouvelle française, en identifiant le juge avec Salomon, forme un groupe à part, dans la masse des versions connues, avec une nouvelle de Sercambi *, Tallusion de Matheolus, et un poème français 2 en quatrains monorimes intitulé Jugement de Salomon ^ ; en ne donnant que deux prétendants à la succession disputée, elle est encore avec le poème français et la nouvelle italienne, mais plus avec les Lamentations ; èniln lorsqu'elle fait déterrer le mort, et lorsqu'elle arme de flèches les prétendants, qui doivent viser au cœur, elle reste avec le texte de Sercambi seul : dans le poème français, le mort n'est pas encore en terre, lorsque lejugement est décidé, mais seulement en bière, et c'est d'une lance, à cheval, que " les deux fils doivent percer le corps de leur père, pour montrer « liquels est plus isnaus Et qui mieus assaudroit ses anemis morlaus ». Rien n'indique cependant que l'auteur de la nouvelle française ait connu celle de Sercambi ; il y a d'ailleurs entre les deux contes des divergences. Dans le texte italien, l'un des deux prétendants est un enfant adultérin, et les amours coupables de la mère sont complaisamment racontées, ainsi que l'aveu de sa faute lorsqu'elle va mourir ; dans le récit français, le second prétendant a été jadis recueilli, pour l'amour de Dieu, par le mort, qui lui témoignait tant d'afTeclion « que chascun cuidoit qu'il fust son propre filz ». Dans le texte italien, le roi est David, à qui Salomon, son fils, demande la permission de vider le débat ; dans le texte français, Salomon est roi.

1. R. Renier, NoveUe inédite di Giovanni Sercambi (Tiirîn, i88y), n" Ao De justa sententia.

2. lien est de même dans « un conte russe, quelque peu différent », suivant Van Hamel {loc. cit.),

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