AD HOI ( HENRI II
(Du Béarn, — 1547 à 1549.)
(Après la mort de François I* r . )
Monseigneur, l’honneste lettre qu’il vous a pieu m escripre et les bons propos que de vostre part ce porteur m a dist me doivent donner occasion de me taire , n ayant parole ny mot pour assez très humblement vous en remercyer, ny desclairer en quelle obligacion
vous mettez le surplus de mes vieux jours d’estre desdiés à votre service. Mais, Monseigneur, je supplie celuy auquel vous avez vostre ferme esperance satisfaire pour moy, et vous donner heureuse et longue vie. Et pour ce. Monseigneur, que ce porteur m’a tenus plusieurs propous que de vostre grâce luy aviez commandé me dire, dont la responce par escript pourroit estre longue et fascheuze à vos yeux, je lui ay dist sur chascun article tout ce que j’ay dedans le cueur, car je l’ay tousjours congnu votre tant affectionné et loyal serviteur que je n’ay craint mettre entre ses mains ma confession. La resolucion de laquelle est que, ainsin que Dieu vous a donné puissance de commander à mon corps , lequel n’est fait que pour vous obeyr, la vraye amour que je vous porte lye si fort mon cueur au vostre, que je ne puis vouloir que vostre vouloir; mais c’est d’une sy vifve afiecsion , qu’elle ne peult estre aultre. Parquoy, Monseigneur, je vous supplie croire que en toutes choses , obéira , suivra et voudra ce que vous commanderez et voudrez, et pour toute recompense de son amour et servitude vous demande la grâce de demeurer en la vostre bonne, à laquelle tant et sy très humblement qu’il luy est possible se recommande
Vostre très humble et très obéissante subjecte et tante Marguerite.
[Autogr. — Fonds Béthune, vol. 8661 , fol. 25 . ]
A la fin du recueil des Lettres de Marguerite à François I", se trouve la pièce suivante écrite de la main d’un secrétaire; mais les signatures sont autographes , ce qui prouve que c’est le texte original.