‹ Nouvelles lettres de la reine de NavarreChapitre 55 sur 154 · LETTRE LV · texte numérisé non relu

LETTRE LV

AU ROI

( Du château de Blois, entre mars et juillet 1 630. )

[Madame arriva à Blois le 8 mars (voyez t. I, lettre 75), et la Reine accoucha d’un fils vers le 15 juillet (t. I , lettre 85).]

Monseigneur, la seureté de vostre tant estimée santé n’a seulement rendu à Madame la sienne, mais , coume

■ Elle était grosse de son second enfant, qui fut Jean d’Albret.

vous dira Babou , l’a préservée de la douleur acoustumée; car aussytoust qu’elle entendist par luydevos bounes nouvelles , encores que sa main fust enflée ce qu’elle pouvoit estre, si n’ousa elle luy fere plus de mal ; et me semble , Monseigneur, qu’elle est à cete heure si fortifiée de la joye qu’elle a, que toutes les peines qu’elle prent luy servent de passe temps. Et, quant est de ma part, je me treuve despuis cete bonne heure si legiere, que le faix que j’ay 1 me soustient. Et par cela, Monseigneur, pouvez vous connoistre combien vostre bien sert à vos amis ; qui me fait vous supplier très humblement vouloir parfaire nostre contentement, parfaisant vostre saige et heureuse deliberacion de vous contregarder , comme si bien avez coumencé, que je vous puis dire que , avecques vostre salut, vous nous mettez du purgatoire en paradis. Suppliant celuy qui nous donne cete félicité vous continuer vostre désir, selon que l’en requiert de tout son cueur

Vostre très humble et très obéissante subjecte et mignonne ‘ Marguerite.

[Ms. n" 26. ]

1 Sa grossesse.

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