‹ Nouvelles lettres de la reine de NavarreChapitre 80 sur 154 · LETTRE LXXXVII · texte numérisé non relu

LETTRE LXXXVII

AU ROI

(Le roi et la reine de Navarre venaient de quitter le Roi pour retourner chez eux. )

Monseigneur, si je n’ay eu le pouvoir d’avoir pris congié de vous , et vous supplier me tenir pour très humblement recoumandée en vostre bonne grâce , il vous plaira, Monseigneur, recevoir les lermes qui de loing vous dirent adieu, et la lectre pour la parole ; et croire que, si ce n’estoit l’esperance que j’ay de vous fere millieur service au lieu là où je voys que je ne vous puis fere icy, il ne seroit en ma puissance, pour toutes les chouses de ce monde, d’esloingner tant de bien, en qui gist tout celuy que je puis avoir. Mais j’ai si grant regret de voir que aux affaires où vous estes , le roy de Navarre et moy , ne vous faisons aultre service, que je ne me repouseray que en quelque endroit nous ne vous fassions connoistre combien nous desirons faire chose qui vous soit agréable. Et si je prends la hardiesse de vous importuner pour vos affaires, il vous

plaira le me pardonner, et, si vous voyez que ce soit chose raisonnaible, coummander qu’il y soit prouveu. Et j’espère. Monseigneur, que, mais que nous soyons au païs ‘, il n’y viendra nulle fascherie. Tout ce que je crains n’est que une surprise par faulte de satisfaire à ce que M. de Bourdeaulx a tant demandé % qui me fait desirer que M. de Saint-André y peust estre avant nous. Mais en attendant ce qu’il vous plaira coummander, nous ferons la diligence qu’il nous sera possible pour nous advancer d’y estre ; car pour appaiser l’ennuy de perdre le bien de vous voir ne cessera de travailler pour vostre service

Vostre très humble et très obéissante subjecte et mignonne Marguerite.

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