‹ Nouvelles lettres de la reine de NavarreChapitre 85 sur 154 · LETTRE XC1I · texte numérisé non relu

LETTRE XC1I

AU ROI

( Dax , élé de 1 537 . )

Monseigneur, après avoir entendu de M. de Burie’ et de Bourdeaux 3 coume les affaires de vostre fontiere se portent, j’estois desliberée m’en partir incontinent. Mais il y a quelque affaire d’importance duquel m’avoit adverty ledit sieur de Burie,dont au soir il nous vint nouvelles telles, Monseigueur, que, si Dieu veult y mettre la fin aussy bonne que le coumencement, je ne

■ Chabot de Brion.

• Lieutenant du Roi en Guyenne, ou du moins qui en faisait l’office. 11 n’eut le titre qu’eu i546.

» Charles de Grammont, qui succéda à son frère Gabriel en i534, et mourut en i544- Gaillard l’appelle le plus vertueux des intolérants, et dit qu’il était, avec M. de Tournon, le directeur de conscience et l’ami de la reine de Navarre. Sur l’amitié du roi et de la reine de Navarre pour Charles de Grammont, voyez t. I, p. 68 et 69 en note.

voudrois pour bien du monde n’estre venue icy. Si est ce que les propous sont venus si avant, que, encores qu’ils ne passassent oultre, nous savons assez pour bien nous garder. Et tant à leur priera que congnoissant qu’il estoit necessaire, j’ay desliberé demeurer icy trois jours, lesquels passés, m’en iray le plustoustque je pourray devers vous.

II est vray. Monseigneur, que si nos voisins sont tels qu’ils nous veulent faire croire, et que à l’improviste fissent icy une course ou à Bayonne , coume ils ont coustume , je n’en partirais que je ne leur fisse recevoir telle retraite qu’ils craiudroient à venir jouer icy à leurs barres. Mais si dedans trois jours n’en est nouvelles, je m’en partiray.

MM. de Burie, de Bourdeaux , seneschal de Bazadois et moy avons regardé à ce qui est necessaire pour cete ville qui a ung cousté très dangereux ’, courne par cy davantvousa escriptM. de Burie, coume plus au longj’escrips au roy de Navarre. Vous suppliant, Monseigneur, veu qu’il y fault bien peu pour la mettre en seureté, y vouloir promptement prouvoir. Je les fais mettre main à l'euvre, prenant quelque peu d’argent qu’ils ont sur ma parole. Et ne me desplaist sinon que n'a le pouvoir tel que le vouloir de vous fere service

Vostre très humble et très obéissante subjecte et mignonne Marguerite.

[ Ms. n° 34. ]

1 « J’ai mandé le seneschal de Bazadois el M. de Bourdeaux se trouver à Daqs, où se trouvera M. de Burie, pour prendre une bonne resolucion des affaires de pardessa. » (Au Roi, t. Il, lettre xc, p. i 46.)« Il

Page 1