‹ Nouvelles lettres inâeditesChapitre 29 sur 57 · A MADAME LA PREMIERE PRÉSIDENTE DE SAVOIE · texte numérisé non relu

A MADAME LA PREMIERE PRÉSIDENTE DE SAVOIE

Saint François lui parle de la réception de deux sœurs, et de la patience nécessaire dans les tribulalious de la vie.

25 janv. 1GIG.

Ma fille,

C'est tout courament que je vous escris.

J'iray ce soir voir madame de Chantai qui guérit fort lentement, surtout des jambes et des bras, et qui tous bayse très affectueusement les mains, pour conférer avec elle sur la réception de la fille dont vous m'escrivés de laquelle les bonnes qualités ne sont pas de peu de considération.

Nous verrons aussi la chère grande fille qui est certes fort aymable et le cœur gauche de Mmc de Chantai. J'ay dit il y a desjà quelque temps à madame Pergod que je voulois estre son trésorier dorénavant; bien que je désire que mon office finisse bientost par la vente de cette mayson laquelle me sembleroit utile, plus que la conservation pourveu qu'elle se vendît à bonnes enseignes, mais il n'en faut pas faire grand bruit. h. 12

178 LETTRIS INÉDITES

Ma très chère fille je vous vois, ce me semble, bien enfoncée dans une multitude d'embarassement que la grandeur du mesnage où vous estes vous met sur les bras; mais ma très chère fille il faut tant plus appeler N. S. à nostre ayde et réclamer sa sainte assistance affin que ce travail que vous devés supporter luy soit aggréable, et que vous l'embrassiés pour son honneur et gloire.

Voyés, ma chère sœur, que nos jours sont courts, et que par conséquent le labeur que nous y avons ne peut estre long, et que moyennant un peu de patience nous en sortirons avec honneur et contentement, car nous n'aurons point de si grande consolation à la fin de la journée que d'avoir beaucoup travaillé et supporté de peynes.

Bon jour ma très chère sœur , aymés fidellement ce frère et serviteur qui est tout vostre.

François, Evêque de Genève.

P. S. Je vous remercie très humblement de la marmotte.

r>K s. ilÂHOOH Dl IALBS. 179

2o3« LETTRE.

L'original esl conservé chez la dame Sophie de La Pierre, h Turin, V MADAME D AIGUEBELLETTE.

Sac l'éternité ; et soi l'état de santé de Madame de Chantai.

Or bien ma très chère fille, nous finissons ectt' année en un jour, à la suite de la bonne dame de Fruité nous finirons nos années pour commencer nostre éternité.

Ah! ma fille, c'est cett' éternité que surtout je vous souhaite très heureuse, et à cause d'elle vous vives tousjours présente à mon cœur qui se resjouit de voir que vous persévères à vouloir de tout le vostre, servir Sa Divine-Majesté en sainteté et pureté. Faites bien cela ma chère fille, et parmi les orages des affaires importuns de ce misérable siècle, affermissés-vous souvent auprès de ce Sauveur qui est venu apporter la paix, la douceur, la tranquillité aux gens de bonne volonté. tre pauvre Mmr de Chantai a eu un' attaque pareille «à celle du moys d'aoust dernier, mais maintenant elle est presque guérie. Et toute cette petite trouppe fait bien devant Dieu et devant les hommes. Nostre Chatel, Mrticul Mic-nt l.t bhère cousine fait de mesme et je

ne manqueray pas à luy faire vos recommandations.

Bonjour et très bon an ma très chère fille , je vous

escris «ans haleyne et loysir, et suis entièrement tout

2o4° LETTRE.

L'original est conservé dans les archives de la Visitation d'Annecy. A MADAME DE LA FLÉCIIERE.

•Saint François se réjouit de son arrivée, el Texcile à l'amour de

Dieu.

Cette digne porteuse vous dira comme je vous écris àl'impourvu, ma très chère fille, et si soudainement que je ne sais que dire, sinon que vous serez la très Lien venue; que c'est un grand bien à notre Charles d'avoir un bon maître , que je suis plus vôtre que mien , et ne cesse jamais de vous souhaiter mille et mille faveurs du ciel, surtout le saint, puissant, doux et tranquille amour de notre Dieu. Notre madame de Chantai vous désire. La dernière fois qu'elle me parla, vous voulant nommer, et votre nom ne lui venant pas en bouche,^ chère sœur, dit-elle, qui vous aime si parfaitement', je vous demande, qui eût entendu ce langage, sinon moi qui vous nommai d'abord; or sus, tout est

mi s. m an cois DB SALES. INI

pour Dieu, l'amour et le coeur qui aime, à Dieu soit honneur, gloire et louange éternellement.

Voilà une Lettre pour là sœur, qui esl vieille, mais elle a besoin de lavoir; je la lui envoyai par un prêtre de Seyserieu , qui l'ayant trouvée partie, me la rapporta, el maintenant je ne puis lui écrire.

Vive Jésus !

2o5e LETTRE.

L'original appartient aux archives de la cour de Turin. A S. A. CHARLES EMMANUEL 1er, DUC DE SAVOIE.

Sur les promesses de mariage laites par les fils du vivant de leurs pères , et sur l'obligation d'épouser ou de doter, ordonnée par les lois catholiques.

Annecy, 17 janvier 1617,

V. A. me renvoya une requête par laquelle elle étoit supplice de la part de damoiselle Marceline de Marcilli ditte Belot, de lui pourvoir sur les promesses que le sieur de Chasse, fils de M. le Président deSautereau, lui avoil faites pour mariage, affinqueje fisse ce que j'estimerais être convenable pour ce regard, et que je donnasse mon avisa V. A. sur le contenu delà supplication ; et pour obéir, Monseigneur, à son décret, étant

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à Grenoble, je conférai avec le susdit Seigneur Président de Sautereau de ce sujet, pour apprendre de lui son intention , laquelle il m'expliqua; se louant infiniment de la justice et équité dont V. A. l'avoit gratifié, lui faisant rendre la promesse faite par son fils , lequel étant en la puissance de son père, et d'un tel père, ne pouvoit nullement s'engager en un mariage si déshonorable au préjudice de la réputation de sa famille, de sorte que non-seulement il ne croyoit pas que cette femme pût rien prétendre par raison mais tenoit par certain qu'elle pourroit être recherchée par justice d'avoir séduit et attiré un jeune garçon, enfant de telle famille, à des promesses si préjudiciables, et conçues en termes si extravagans que si ce n'eût été la crainte de donner de l'importunité à V. A. il l'eût supplié de commander que punition en fut faite.

N'ayant donquerien fait de ce côté, il reste que je die mon avis puisqu'il a plû à V. A. de me le commander. Et c'est, Monseigneur, qu'il suffît bien que Von tolère ces femmes scandaleuses en la république sans qu'on leur permette d'entreprendre sur les maisons honnorables , et dignes de recommandation, par les infâmes attraits desquels elles charment la faible et légère jeunesse, et la condition d'épouser, ou doter n'est ordonnée que pour les filles d'honneur qui ont été déceues, non pour les femmes déshonnêtes qui ont déceu. Celle-ci comme je m'asseure V. A. aura déjà sçû, venoit de faire un enfant d'un étranger quand elle tira promesse de ce jeune gentilhomme ; et bien que la charité ait quelquefois porté des gens de qualité à prendre en mariage des femmes perdues pour les sauver. Si est- ce qu'il n'en faut pas tirer conséquence pour ceux qui n'étant pas à eux-même sous prétexte cle charité violeroient la jus-

tice et l'équité, introduisant en leurs familles des personnes dangereuses contre le gré de ceux qui soot les pères et maîtres de la famille ; mais surtout en un âge qui n'a pas ordinairement en considération ni la charité ni la prudence requise pour exercer une charité en laquelle il faut avoir égard à plusieurs circonstances. Je prie Dieu sans cesse, Monseigneur, qu'il comble V. A. de ses plus désirables bénédictions et suis infiniment,

Monseigneur,

Votre très humble, très obéissant et très fidèle orateur et serviteur ,

François , Evêque de Genève.

2oGc LETTRE.

L'original est conservé aux archives de la cour de Turin. A S. A. CHARLES EiMMANUEL 1 Cl , DUC DE SAVOIE.

Il recommande la ville d'Annecy pour la continuation de ses privilèges.

Anucci, le 18 janvier 1017.

Monseigneur ,

Je joins ma très humble supplication h celle que cette fille d Annessi fait à V. A, pour la continuation des

privilèges dont ell' a ci devant joui. Attestant que si la fidélité et ardente affection des sujetz doit attirer les faveurs du prince , cette communauté, Monseigneur, sera donc en singulière recommandation auprès de V. A. , pour la prospérité de laquelle je prie continuellement la Divine Majesté comme je dois, estant,

Monseigneur ,

Vostre très humble, très obéissant et très fidèle orateur et serviteur ,

François , Evesque de Genève.

207e LETTRE.

L'original est conservé aux archives de la cour de Turin. A S. A. CHARLES EMMANUEL 1er, DUC DE SAVOIE.

Saint François supplie S. A. de lui accorder l'autorisation de prêcher de nouveau le carême à Grenoble.

Annessy, 18 février 1017.

Monseigneur,

Gomme l'année passée, sur la demande que le parlement de celte ville me fit de mes prédications, je pris la résolution et response dans le commandement de V. A. : de niesme maintenant estant de rechef prié par ceste

pi s. PB UKCOIS Dfl SAL8S, 185

mesme Cour, de revenir encor presoher le caresme suivant, je n'ai voulu rien dire, en attendant que V. A. ne fasse* pour cela le commandement qu il lui plaira ; eslanl , connue je tloy ,

Monseigneur ,

Son très humble, très obéissant et très fidèle orateur et serviteur ,

François, Evoque de Genève.

208e LETTRE.

L'orginal appartient aux archives de la cour de Turin.

A S. A. CHARLES EMMANUEL 1er, DUC DE SAVOIE. Saint François recommande à S. A., M. de Charmoisy.

Grenoble, 3 mars 1617.

Monseigneur,

V. A. ayant fait l'honneur à M. de Charmoysi de non seulement l'employer mays aussi agréer son service, jusques à lui vouloir asseurer la charge qu'il avoit exercée, je supplie très humblement vostre bonté, Monseigneur, de lui faire jouir du fruit de cette grâce ; en quov bien que je sois son parent, je ne me rclascherois

pas de le recommander si librement , si je ne voyois que cet honneur ne luy peut mesbuy manquer, sinon avec beaucoup de perte de sa réputation auprès de M. Le Grand de France, M. d'Alincourt et plusieurs autres seigneurs de voysinage qui ayant sceu, et lui ayant tesmoigné de se resjouir, que V. A. l'en vouloit gratifier, attribueroyent le manquement à quelque degoust qu'il eût donné depuis en l'exercice de cet office, lequel au reste je m'asseure qu'il fera clignement et au gré de S. A. et de la vostre, Monseigneur, si elle l'y establit 5 je prie Dieu qu'il accroisse de plus en plus ses bénédictions sur V. A., à la quelle je fay très humblement la révérence, et suis infiniment,

Monseigneur,

Très humble , très obéissant et très fidèle orateur et serviteur ,

2o«)< LETTRE.

L'original est conserve aui archives de la cour de Turin.

Sur un prêtre qui suivoit habituellement l'armée, quoique doyen de Salanchc , et qui conlinuoil à en percevoir les revenus comme s'il y eût fait sa résidence.

5 mars 1717.

Monseigneur,

Il y a long-temps que le doyen de Choisy, prestre, fait profession de conduire des soldatz, et suivre l'armée , voulant néanmoins tirer les fruitz de son decanat sur le chapitre et église de Salanche , comme s'il faysoit la résidence à la quelle il est obligé. Et parce qu'il sçait que le dit chapitre ne peut en conscience les luy distribuer ni moy permettre qu'il en jouisse de la sorte, il obtient de temps en temps des lettres, par les quelles Son A. Sér. commande audit chapitre de délivrer les ditz fruitz. Mays je suis asseuré, Monseigneur, que si S. A. sçavoit la qualité de l'homme, elle le renvoyeroit à son devoir, et ne voudroit pas que l'ordre ecclésiastique fût violé à son occasion, puisque mesme il n'a rien de si recommandable en la profession militaire, que S. A. en puisse attendre aucun notable service. Et '! autant que j'en parlay à V. A. lors que nous avions le bonheur de sa présence de deçà ; et qu'elle tesmoigna

de treuver mes remontrances clignes cTestre protégées, je la supplie très humblement de me commander ce que j'aurai à respondre, avec ce chapitre là, aux lettres réitérées de S. A. que ce mauvais prestre obtient, et par les quelles il presse plus ce chapitre qu'il ne sçauroit faire par aucune autre voye, la seule ombre de la volonté de sa dite, nous estant en extrême révérence, je prie Dieu qu'il la conserve et la vostre,

Monseigneur,

De laquelle je suis,

Très humble et très obéissant et très fidèle orateur et serviteur,

François, Evesque de Genève.

aïo" LETTRE.

L'autographe est conservé aux archives de la cour de Turin. A S. A. CHARLES-EMMANUEL 1er, DUC DE SAVOIE.

Sur uu agent de la sainte maison de Thonou.

Grenoble , îi mars 1717.

Monseigneur,

Les affaires de la sainte mayson de Thonon appellant le sieur Gilette, je supplie très humblement V. A. de

DB S. VKANC.OIS DB SALES. INi)

protéger et favoriser sa poursuite ; qui no peut aussi réussir si non par cet appuy , auquel nous recourons d'autant plus asseurément, que V. A. nous l'a aussi commandé l hors que nous avions le bonheur de sa présence. Dieu par sa bonté veuille combler V. A. de ses bénédictions, souhait continuel,

Monseigneur,

De vostre très humble , très obéissant et très fidèle orateur et serviteur,

Tirée du registre des lettres de saint François de Suies, conservé au monastère de la Visitation de Pignerol.

A MADAME DE CHANTAL

Sur la dévotion des habitans de Grenoble.

Grenoble, 12 mars 1017.

Ce ne sera qu'un billet, ma'très chère Mère, que vous vies aujourd'hui de moi, Dieu me partage en mille choses et ne laisse pas de me tenir dans la sainte unité que sa main a fait entre nous. Je ne vis jamais un peuple plus docile que celui-ci ni plus porté à la piété, surtout les dames y sont très dévotes; car ici, comme partout

ailleurs, les hommes laissent aux femmes le soin du ménage et de la dévotion. Douze des premières de la ville se sont rendues mes fdles, et travaillent pour établir ici une maison de notre petite Visitation. Monseigneur l'Evèque et MM. du Parlement n'y tesmoignent aucunes respugnances ni moi aucun empressement; quoique, à vous dire le vrai, je désire cette maison , parce que j'espère que Dieu en sera glorifié. Je vois en sa providence les moyens propres à l'exécution de ce projet, et néanmoins je n'ai point encore le mouvement intérieur d'en faire l'ouverture. Il faut attendre , prier et espérer , et surtout nous bien humilier devant Sa Divine Majesté.

2i2<= LETTRE

Tirée de la copie authentique conservée dans le coûtent des Barnabites à Milan.

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