‹ Nouvelles lettres inéditesChapitre 51 sur 110 · CCLXVIII · texte numérisé non relu

CCLXVIII

13 novembre 1849.

Mon cher ami,

Aujourd'hui commence la discussion du traité de paix.

Le parti Buffa, qui s'est séparé de VaJerio, offre un ordre du jour passable (1). Le ministère est disposé à l'accepter.

On ne peut pas, néanmoins, garantir la tournure que prendra la discussion.

Je suis persuadé que l'emprunt de la ville jouira de plus Je faveur que celui du gouvernement.

(1) Voici l'ordre du jour présenté à la séance du 13 novembre, par le député Buffa: vu que le traité stipulé a Milan, le 6 août 1849, a été ratifié le 17 du même mois; vu la loi du 27 septembre 1849, qui autorise 1« gouvernement & payer à l'Autriche l'indemnité de guerre fixée par les articles additionels du traité, la Chambre: 1" Considère le traité comme on fait accompli ; 2° elle pourvoira par des loix spéciales, pour <* qui la concerne, à l'exécution du traité.

Cependant il ne faut pas s'engager légèrement, car Nigra est dans l'embarras plus que jamais.

Adieu, à la hâte, je vous quitte pour aller à la Chambre.

Tout à vous Camille de Cavoïïr.

Impossible de trouver du papier pour vous envoyer. Le Londres a disparu, on demande 103 du Paris. Je ne sais comment vous faire passer les fonds que j'ai retirés de la vente de vos cédules 1831.

Veuillez me dire si je dois vous faire un retour en billets de Banque, soit par la poste, soit au moyen de Jaillet, qui part dans cinq ou six jours.

Je n'ai pas encore trouvé l'amateur de vos rentes du mois d'avril, je ne crois pas qu'il faille leur casser le cou.

Vous aurez vu par les journaux le vote déplorable de la Chambre (1).

J'ignore encore le parti que prendra le ministère, qui. en tout ceci, a été d'une faiblesse déplorable. Peut-être saurai-je quelque chose avant de finir ma lettre, et je vous le manderai.

Je vais demain à Leri, où l'on m'attend depuis huit jours, pour terminer un contrat de la plus haute importance.

(1) Le 16 novembre, le Centre gauche, par l'organe du député Cadurna, proposa à la Chambre de pourvoir à la sûreté des émigrés lombards et vénitiens, avant d'approuver le traité. Le Ministère s'opposa à cette proposition, mais la gauche et le centre gauche coalisés réussirent à 1» faire adopter, avec une majorité de 7 voix.

Ecrivez à Mr Renaldi ce que vous voulez qu'il fasse des fonds que j'ai à vous.

Je fermerai ma lettre à la Chambre.

2 heures.

Le ministère a décidé la dissolution de la Chambre (1).

Leri, 19 novembre 1849.

Je suis parti hier, tellement à la hâte, que je n'ai pas eu le temps de vous écrire un mot. J'ai arrangé, avant mon départ, que Mr Renaldi vous enverrait un bon sur la Banque, pour le montant de la rente du 31 que j'ai vendue.

Vous aurez approuvé le décret de dissolution. Je crois qu'avec un peu d'habileté et de fermeté, on aurait pu l'éviter, mais, au point où les choses en étaient venues, on ne pouvait plus reculer. Le ministère veut tenter une dernière bataille Rectorale. S'il la perd, c'en est fait du régime constitutionnel régulier.

Nous serons ballottés entre les coups d'État et les mouvements républicains. Je compte retourner à Turin dans le courant de la semaine.

Adieu, mille amitiés.

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