‹ Nouvelles lettres inéditesChapitre 72 sur 110 · C. de Càvour · texte numérisé non relu

C. de Càvour

CCCLXXVIL

3 mars 1854.

Mon cher ami,

J'avais appris, avec la plus vive satisfaction, que vous aviez été nommé régent de la Banque; maintenant, Bombrini m'écrit que vous ne voulez pas accepter, ce qui m'afflige extrêmement. Je viens, en conséquence, vous prier de ne pas persister dans votre refus, et de prêter votre concours à un établissement qui, plus que jamais, a besoin d'être dirigé par des personnes délicates et capables. Votre refus serait mal interprété, et ferait du tort, à l'étranger, où votre maison jouit d'une réputation séculaire.

J'espère que vous céderez à mes instances et que vous me donnerez, en acceptant la place de régent, une nouvelle preuve de votre vieille et bonne amitié.

Camille de Càvour.

(1) La mort de Madame Granet, belle-mère de Mr de la Rue.

(2) La Société pour la construction du Dock.

cccLxxvm.

5 mars 1854.

J'appréGie les graves motifs qui vous inspirent une répugnance presqu'invincible, à accepter la place de régent.

Mais, permettez-moi de vous faire observer que, précisément, c'est parceque le Conseil a besoin d'être réformé, que je désire vivement, que vous en fassiez partie.

A la première élection, nous y infuserons du sang nouveau. D'ailleurs, vous pouvez être certain que votre action serait, dès à présent, secondée par le Conseil de Turin et, au besoin, par le ministère. Si les gens capables et honorés se refusent à entrer dans le conseil, comment parviendronsnous à le réformer? et, si nous ne le réformons pas, que deviendra la Banque?

C'est un véritable sacrifice pour vous que d'accepter le poste où la confiance des actionnaires vous appelle, mais, <*e sacrifice, l'intérêt du pays et du commerce le réclame. Les temps deviennent difficiles, si les bons quittent le timon des affaires, que deviendrons-nous?

L'idée d'Hambro (1) n'est pas applicable, pour le moment. Je ne conçois rien à son silence, car je sais que mon paquet lui a été remis, il y a deux ou trois jours.

Adieu, mille amitiés.

Camille de Càvour.

(1) Les lettres de Mr de la Rue au comte de Cavour, en 1854, n'ayant P&s été trouvées, il est impossible de dire quelle était cette idée de Mr Hambro.

CCCLXXTX.

14 mars 1851

Mon cher ami,

Je viens de consacrer deux heures à la lecture des pièces relatives au Dock, que j'ai reçues de Londres et de Gênes. La question de la position à faire à l'ingénieur, si cet ingénieur est Randell, ne me parait pas devoir présenter la moindre difficulté. Pour mon compte, je serais prêt à signer l'article tel que Randell le propose. Je ne crois pas que Faleocapa ait, à cet égard, une autre opinion que moi.

Toutefois, comme il ne peut se prononcer, avant d'avoir lu les différentes lettres et rapports de Randell, je ne pourrai faire, à lui et à vous, une réponse officielle, si ce n'est dans quelques jours. Ce retard vient de ce que Paleocapa ne connaissant pas l'anglais, je dois faire traduire les pièces en question.

Je ne 'crois pas utile de faire démentir sur les journaux, le bruit que l'on a fait courir sur le cours forcé. Je préfère le démentir moi-même, à la Chambre, à l'occasion de l'emprunt.

Vous avez tout le temps de passer votre contrat pour le crédit foncier.

Croyez à ma sincère amitié.

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