C. Càvotjr
CCCLXXXU.
27 avril 1854.
Mon cher ami,
J'attends votre Londres, que je vous ferai payer sans délais. Donnez-le-moi le meilleur marché possible.
J'ai envoyé hier 70,000 livres sterlings à Hambro. J'ai besoin de lui remettre encore 20,000 livres, d'ici au 15 mai.
Vous pouvez compter sur cette somme, à me fournir peu à peu.
J'ai retiré le crédit ouvert aux chemins de fer. Rothschild a été enchanté de se charger de nos affaires.
La politique ne se débrouille guère. Heureusement, la pluie est venue à temps, nous préserver de calamités pires que celles que pouvaient nous causer des boulets.
Camille de Càvour.
cccLxxxni.
3 mai 1854.
Mon cher ami,
Grâce à vos 20,000 livres sterl. et aux 70,000 de Rothschild, le bon homme Hambro sera rassuré. Pour vous prouver combien ses exigences étaient absurdes, je me bornerai à vous dire qu'il vient de m'envoyer le compte du semestre à décembre 1853, d'après lequel il résulte n'avoir payé que 62,000 livres sterlings. Je n'ai pas voulu me brouiller avec lui, car cela aurait fait du tort à notre crédit à la Bourse de Londres.
J'ai reçu hier, les dernières notes de souscriptions pro-* venant de la Sardaigne. Le résultat définitif est: 6100 souscriptions pour 1,503,000 rentes. Là dessus il a été décidé que les souscripteurs des 3 premiers jours recevraient leurs rentes tout entières, ce qui emporte 1,120,000, et que les souscripteurs des 2 derniers jours recevraient tous 50 livres de rentes ; ce qui m'oblige à prendre de 30 à, 40 mille livres sur les rentes laissées à Rothschild.
La rente monte à Paris, sans que je comprenne trop pourquoi.
Adieu, mille amitiés.
Camille de Càvour.
CCCLXXXIV.
14 mai 1854.
Je vous autorise à payer les 1250 L. que Madame Eebizzo réclame de mon patriotisme.
H fait un temps admirable, si nous étions en meilleure odeur dans les sacristies, on dirait que la Providence est décidément pour le Statut.
Je vous quitte
Camille de Càvour.
CCCLXXXV.
21 juin 1854.
Mon cher ami,
Les intentions du gouvernement, par rapport au Dock, ne sont nullement altérées. H compte, comme je vous l'ai répété plusieurs fois, présenter, aux débuts de la session prochaine, un projet de loi pour être autorisé à vendre la darse et à transporter l'arsenal à la Spezia.
C'est-ce que j'ai répondu au bon Giorgio, toutes les fois qu'il m'a interrogé à cet égard. Il m'a demandé si je l'autorisais à faire connaître cette réponse. Je lui ai dit que nous n'avions aucun secret, et que, par conséquent, il pouvait donner à nos intentions la plus grande publicité.
Je m'en vais faire écrire à Eicci, pour qu'il finisse le travail que Bandell lui a demandé.
Sorti a présenté un nouveau projet, mais il faudrait 60 millions pour l'exécuter.
Il fait un temps des plus vexants. H pleut presque tous les jours. Cela retarde la récolte, qui est magnifique, et nous laisse sans blé.
Croyez à mes sentiments affectueux.