‹ Nouvelles méditations poétiquesChapitre 14 sur 28 · ÉLÉGIE · texte numérisé non relu

ÉLÉGIE

Cueillons, cueillons là rose au matin de la vie; Des rapides printemps respire au moins les fleurs. Aux chastes voluptés abandonnons nos cœiirs; Aimons-nous sans mesure, ô mon unique amie !

Quand le nocher battu par les flots iriites Voit son fragile escjuif menacé du naufrage , Il tourne ses regards aux bords qu'il a quittés Et regrette trop tard les loisirs du rivage.

Ah ! qu'il voudroit alors au toit de ses aïeux , Près des objets chéris présents à sa mémoire, Coulant des jours obscurs, sans périls et sans gloi^, N'avoir jamais laissé son pays ni ses dieux !

« Ainsi l'homme , x^ourbé sous le poids des années , Pleure son doux printemps qui ne peut revenir.

Ah! rendez-moi, dit-il, ces heures profanées; O dieux ! dans leur saison j'oubliai d'en jouir. ' Il dit : la mort répond; et ces dieux qu'il implore , Le poussant au tombeau sans se laisser fléchir , Ne lui permettent pas de se baisser encore Pour ramasser ces fleurs qu'il n'a pas su cueillir.

Aimons-nous , ô ma biea-aimée î £t rions des soucis qui bercent lés mortels; Pour le frivol appas d'une vaine fumée , La moitié de leurs jours^ héfas ! est consumée

Dans l'alàndon des biens réels.

A leur stérile orguril ne portons point envie. Laissons le long e^oir aux maîtres des humains!

Pour nous , de notre heure incertains , Hâtons-nous d'épuiser la coupe de la vie .

P^idant qu'elle est entre nos mains. .

Soit que le laurier nous couronne, Et qu'aux fastes sanglants de l'allière Bellonne Sur le marbre ou l'airain on inscrive nos noms ^

Soit que des siniples fleurs que la beauté moissonne

L'amour pare nos humbles fronts ;

Nous allons échouer, tous, au même rivage :

Qu'importe au-moment du naufrage Sur un vaisseau fameux d'avoir fendu les airs,

Ou sur une barque légère

D'avoir, pa3sager solitaire.

Rasé timidement le rivage des mers^

Ah! rendez-moi, dit-il, ces heures profanées; O dieux! dans leur saison j'oubliai d'en jouir. ' Il dit : la mort répond; et ces dieux qu'il implore , Le poussant au tombeau sans se laisser fléchir , Ne lui permettent pas de se baisser encore Pour ramasser ces fleurs qu'il n'a pas su cueillir.

Aimons-nous , ô ma bienraimée!

£t rions des soucis qui bercent les mortels; Pour le frivol appas d'une vaine fumée , La moitié de leurs jours^ héfas! est consumée

Dans l'alàndon des biens réels.

A leur stérile orguril ne portons point envie, Laissons le long e^oir aux maîtres des humains!

Pour nous , de notre heure incertains , Hâtons-nous d'épuiser la coupe de la vie .

Pédant qu^'elle est entre nos mains. .

Soit que le laurier nous couronne.

Et qu'aux fastes sanglants de l'altière Bellonne Sur le marbre ou l'airain on inscrive nos noms ^

Soit que des simples fleurs que la beauté moissonne

L'amour pare nos humbfei fronts ;

Nous allons échouer, tous, au même rivage :

Qu'importe au'moment du naufrage Sur un vaisseau fameux d'avoir fendu les airs,

Ou sur une barque légère

D'avoir, pa3sager solitaire.

Rasé timidement le rivage des mers^

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