‹ Nouvelles méditations poétiquesChapitre 8 sur 28 · T,E PASSÉ · texte numérisé non relu

T,E PASSÉ

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A M. A. DR V**î^.

A RR:èTONS-NOUS sur la colline A l'heure où, partageant les jours^ L'astre du matin qui déelinev ; '

Semble précipiter son coups:! i; . : > ::; !

En avançant dans sa carrière^' i > = . » / i

Plus foible il rejette en arrière^ • ' ' • ' L'ombre terrestre qûlle sirit ,

Et de l'horizon qu'il Colore', ^^ '''' ^'^M ^ ' * Une moitié le voit encore ;<? ! i ' >■ >!

L'autre se plonge dansilà^yiitl

C'est Theure où , sous Ifombre ifidi^yée y » t Le laboureur dans le vallo^ • : ;. ) Suspend un moment sa journée^ i

Et s'assied aux bords du sillon !

C'est l'heure où, près de la fontaine,, Le voyageur reprend haleine Après sa course du matin!

Et c'est l'heure où l'âme qui pense , Se retourne et voit l'espérance Qui l'abandonne en son chemin!

Ainsi notre étoile pâlie ^ Jetant de mouratites luelu^ Sur le midi de noire vie, Brille à peine à travers nos pleurs^ De notre rapide existence, L'ombre de la mort qui s'avande Obscurcit déjà la moitié!

Et, près de ce ternie funeste, Comme à l'aurore fl ne nous tleste Que l'espéranic^ipt l'amitié!

Ami , qu'un mékne jbiir vit nakre.

Compagnon d^iiis le berceau , Et qu'un même jour doit peut-être

Endormir au même tombeau !

Voici la borne qui partage Ce douloureux pèlerinage, Qu'un même sort nous a tracé !

De ce sommet qui nous rassemble^ Viens , jetons un regard râsemblé Sur l'avenir et lé passé 1

Repassons nos jours ^ si t^ l'osés!

Jamais l'espoir des matelots Couronna-t'il d'autant de roses Le navire qu'on lance aux flots?

Jamais d'une teinte plus belle, L'aube en riant colora-t-elle Le front ray<M3tnant du matin ?

Jamais d'un œil perçant d'àud»;e.

L'aigle embrassa-t-il plus d'espace Que nous en ouvroit le destin ?

En vain sur la route fatale , Dont les cyprès tracent le bord , Quelques tombeaux par intervalle

4p Méditations

Nous avertissoient de la mort !

Ces monuments mélancoliques

Nous sembloient, comme aux jours antiques,

Un vain ornement du chemin!

Nous nous asseyons sous leur ombre ,

£t nous rêvions des jours sans nombre,

Hélas! entre hier et demain!

Clombien de fois près du rivage , Où Nisida dort sur les mers, La beauté crédule ou volage, Accourut à nos doux concerts!

Combien de fois la barque errante , Berça sur l'onde transparente Deux couples par l'Amour conduits!

Tandis qu'une déesse amie Jetoit sur la vague endormie Le voile parfumé des nuit^l

Combien de fois dans le délire Qui succédoit à nos festins.

Aux sons antiques de la lyre,

POÉTIQUES. 4i

J'évoquai des songes divins!

Aux parfums des roses mourantes, .

Aux vapeurs des coupes fumantes ,

Ils voloient à nous tour à tour!

Et sur leurs ailes nuancées,

Egaroient nos molles pensées . , :

Dans les dédales de l'Amour!

Mais dans leur insensible pente, ;

Les jours qui succédoient aux joiArs, >

Entraînoîent comme une eau coûtante

Et nos songes et nos amours;

Pareille à la fleur fugitive

Qui du front joyeux d'un cbn vi Ve ,

Tombe avant l'heure du festin ! v

Ce bonheur que l'ivresse cueille •

De nos fronts, tombant feuille à feuillç, .

Jonchoit le lugubre chemin !

Et maintenant, sur cet espace Que nos pas ont déjà quitté, Retourne- toi ! cherchons la f trace

De Tamour, de la volupté!

En foulant leurs rivés fanées , Remontons le cours des années.

Tandis qu'un souvenir glacé, Comme l'astre adouci des ombres, Éclaire encor de teintes sombres \jdL scène vide du passé!

Ici , sur la scène du monde , Se leva ton premier soleil!

Regarde ! quelle tiuH pro&mde^ A remplace ce jour vermeil!

Tout sous les cieux sémbloit sourire, La feuille, l'onde, le zépbire Murmuroient des accords (alarmants t Écoute! la feuille est âéti-iel:

Et les vents sur Fonde tarie , Rendent de sourds gémissements!

Reconnoîs-tu ce bealu rivage?

Cette mer aux flots argëri tés.

Qui ne fait qile bercer l'image

Des bords dans son sein répétés?

Un nom chéri vole Sur Tonde!...

Mais pas une voix qui répoiid^,

Que le flot grondaht SUr recueil I

Malheureux! qtld nottÈ ta prononces!

Ne vois-tu pas parmi deà rôïw;es

Ce nom gravé sur tii^ cercueil?... i

Plus loin sur la rive où s'^anche Un fleuve épris de ces coteaux , Vois-tu ce palais qui se penche £t jette une ombre au sein des eaux?

Là, sous une forbfie étrangère 9 Un ange exilé dé sa sphère , D'un céleste atidour t'enflamma !

Pourquoi trembJçr? ^el brait t'é tonne?

Ce n'est qu'une ombre qui frissonné Aux pas du' mortel qu'elle a;ifna!

Hélas ! partout où tu repasses.

C'est le deuil ^ le vide où la mort.

Et rien n'a germé sur nos traces

Que la douleur ou le remord !

Voilà ce cœur où ta tendri^se Sema des fruits que ta vieillesse, Hélas ne recueillera pas!

Là , l'oubli perdit ta mémoire !

Là, l'envie étouffa ta gloire! .

ll^, ta vertu iitdies iiigratsl

Là , l'illusion, éclipsée

S'enfuit sous un nuage dbscur!

Ici , lespéraace Jassée i :

Replia ses ailes d'azur!

Là, sous la douleur qui le glace,

Ton sourire perdit. sa grâce, •. /

Ta voix oublia ses concertsi ; .

Tes sens épuisés se plaignirent ^^ ; |

Et tes blonds cheveux se teignirent

Au souffle argenté des hivers!*

Ainsi des rives étrangères ,

Quand l'homme^ à linsu des tyi^ans,.

Vers la demeure de ses pères

Porte en secret ses pas errants, • L'ivraie a couvert ses coltines, Son toit sacré pend en iruines, Dans ses jardins l'onde a tari; Et sur le seuil qui fut sa joie, i Dans l'ombre un chien féroce aboie Contre les mains qui l'ont nourri I

Mais ces sens. qui s'appesantissenJt . .

Et du temps subissent la loî^ .

Ces yeux, ce cœur qui se teignissent^ i Cette ombre eiifîn^ ce h'«st:pas tbil .

Sans regret, au flot des années, Livm ces dépouilles fanées : • :.

Qu'enlève le souffle des jours; Comm«' oiit j^tte au courant de Fonde y' • La feuille aride et vagabonde ! . '

Que l'onde entraîne dans son c(iur&!«

Ce n'est plus le temp3 de sourire A ces roses de peu de jours 1.; De mêler aux sons de la lyre i .

Les tendres soiq>iFs des araours^!

De semer sur des fonds stériles Ces vœux, ces projets inutiles, Par les vents du ciel emportes, Â qui le temps qui nous dévore, Ne donne pas l'heure d'éclore

Pendant nos rapides étés!

Levons les yeux vers la colline , Où luit rétoile du matin !

Saluons la splendeur divine, Qui se lève dans le lointain !• Cette clarté pure et fécohde.

Aux yeux de l'âme éclaire un monde Où la foi monte sans eSortl D'un saint espoir ton cœur palpite ; Ami ! pour y voler plus vite , Prenons les ailes de la mort!

En vain, dans ce désert aride, Sous nos pas tout s'est effacé !

Viens ! où l'éternité réside.

On retrouve juscpi 'au passé !

Là, sont nos rêves pleins de charmes,

Et nos adieux trempes de larmes,

Nos vœux et nos soupirs perdus!

Là, refleuriront nos jeunesses;

Et les objets de nos tristesses

 nos regrets seront rendus !

Ainsi, quand les vents de l'automne Ont balayé l'ombre des bois.

L'hirondelle agile abandonne Le faîte des palais des rois!

Suivant le soleil dans sa course, Elle remonte vers la source D'où l'astre nous répand les jours ; Et sur ses pas retrouve encore Un autre ciel , une autre aurore , Un autre nid pour ses amours!

Ce roi, dont la sainte tristesse Immortalisa ses douleurs, Vit ainsi sa verte jeunesse

Se renouveler sous ses pleurs!

Sa harpe^ à l'ombre de la tombe , Soupîroit comme la colombe Sous les verts cyprès du Carmel !

Et son cœur, qu'une lampe léclaire^, Résonnoit comme un sanctuaire Où retentit l'hymniB étemçl!

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