RESUME
1° La méthode indiquée par Kendall et Friedemann pour le dosage de l’alanine n’est nullement spécifique de cet acide aminé ; les modifications que Fürth et ses collaborateurs ont apporté à cette méthode, dans le but de la rendre spécifique, n’ont atteint ce but que partiellement, et par des moyens compliqués.
Le présent travail montre qu’il suffit d'ajouter à la solution des hydroxyacides provenant de la désamination des acides aminés, le dixième de son volume d’une solution d’acétate mercurique 5 % pour empêcher, au cours de l’oxydation ultérieure par le permanganate, toute production d’acétaldéhyde à partir de la sérine et de l’acide aspartique ; dans ces conditions, l’acétaldéhyde formé ne provient plus que de l’alanine. La réaction colorimétrique donnée par l’acétaldéhyde avec le nitroprussiate de soude et la pipérazine permet d’en faire le dosage spécifique en présence des autres aldéhydes fournis par les autres acides aminés. Il est ainsi possible de doser l’alanine d’une façon rigoureusement spécifique en présence d’acides aminés quelconques. Cette méthode permet la détermination, à 5 % près, de 2 mg. et plus d’alanine.
En modifiant les conditions d’oxydation par le permanganate (augmentation de la concentration en SO,Mn, et de la durée d’oxydation) et en supprimant l’addition d’acétate mercurique, on obtient une production quantitative d’acétaldéhyde à partir de l’ensemble alanine + sérine + acide aspartique ; il est ainsi possible de doser la somme de ces trois acides aminés en présence d’acides aminés quelconques, et de déterminer, par conséquent, la teneur
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d’un mélange d’acides aminés quelconques en alanine d’une part et en l’ensemble sérine + acide aspartique, de l’autre. Les chiffres obtenus correspondent à 95 à 97 % de la teneur réelle en alanine, et à 93 à 95 % de la teneur réelle en sérine + acide aspartique.
2° Le présent travail donne également une méthode pour doser soit la valine dans un mélange d’acides aminés quelconques, mais en l’absence de leucine, soit la leucine dans un mélange d’acides aminés quelconques, mais en l’absence de valine. Cette méthode est basée sur les opérations suivantes : transformation des acides aminés en les acides hhydroxy correspondants par traitement par Pacide nitreux, oxydation sous pression des acides hydroxy par l’acide chromique et dosage de l’acétone formée ; des courbes de référence, préalablement établies, permettent facilement de déterminer les quantités cherchées de valine ou de leucine à quelques centièmes près.
En outre, en utilisant simultanément avec le premier procédé d’oxydation, un second mode d’oxydation (oxydation et distillation directe), il est possible de doser séparément la valine et la leucine en présence l’une de l’autre dans un milieu d'acides aminés quelconques. Ce dosage repose sur le fait que chacun des deux oxyacides correspondant à la valine et à la leucine se comporte, au cours de son oxydation chromique, comme s'il était seul; ce dosage implique d’autre part la détermination préalable de quatre coefficients empiriques représentant le rendement en acétone produite à partir de la valine et de la leucine, au cours des deux modes d’oxydation.