DE LA SECONDE EDITION. XXI
ma] dirigés ou mal soignés, gardaient, après laguérison, des déviations osseuses , des rétractions de ligaments ou de muscles, des subluxations ou des adhérences. Fallait-il abandonner à leur sort ces malheureux estropiés ? Bonnet ne put s'y résoudre, et le traitement de ces cas, presque toujours réputés incurables jusqu'alors, fut le but principal de ses efforts pendant les dernières années de sa vie.
« 11 s'occupa surtout des coxalgies anciennes, de ces difformités dont la nature a été si longtemps méconnue, dont l'étiologie a été si souvent discutée, et qu'on attribuait, avant les travaux de notre collègue, M. Parise, à un déboîtement spontané de l'articulation coxo-fémorale. Vous connaissez tous le beau travail dans lequel M. Parise a démontré que cette prétendue luxation est presque constamment une simple déviation articulaire, une adduction exagérée et permanente , compliquée de rotation et accompagnée d'une forte inclinaison du bassin. L'esprit éminemment pratique de Bonnet tira parti de ces notions précieuses , et sa persévérance obstinée, son habileté , son audace surmontèrent toutes les difficultés. De vigoureuses manipulations faites à la faveur de l'anesthésie , qui écarte la douleur et relâche les muscles, lui permirent de redresser en une ou plusieurs séances des coxalgies invétérées, et lorsque la rétraction trop considérable des adducteurs rendit ces tentatives infructueuses, il n'hésita pas à plonger sous la peau un