VI PRÉFACE
L'ensemble de ces travaux fondés sur la base solide de l'anatomie et de la physiologie, a été favorisé par plusieurs découvertes modernes. La méthode sous-cutanée a fourni des moyens sûrs et innocents de vaincre les résistances opposées par les tendons et par les muscles. Véthérisatïon, en permettant de faire mouvoir les jointures malades sans y provoquer de douleur, a rendu un service immense au diagnostic des lésions et au redressement des di fformités. Les systèmes de bandages qui se moulent sur les formes du corps^ quoique primitivement inventés pour les fractures, ont permis de supprimer les pansements dont les attelles droites et inflexibles formaient la base, et d'assurer le repos des articulations sans exercer de pressions douloureuses. Enfin la cautérisation^ constituée dans ses principes et perfectionnée dans ses procédés, a fourni des moyens nouveaux de favoriser la résolution el: l'organisation complète des tissus engorgés et fongueux.
Quoique l'école de Paris ait pris une part importante à la généralisation, au perfectionnement et à la diffusion de quelques-unes de ces découvertes, elle est restée étrangère à l'invention de la plupart d'entre elles. Le mouvement s'est accompli hors de son sein, en ce qui regarde les nouveaux systèmes de pansement et de cautérisation, les principes de redressement des membres dans les difformités articulaires, la rupture de l'ankylose, les tuteurs et les appareils de mouvement. Il est résulté de cette direction scientifique un singulier contraste entre l'esprit d'innovation qui, à Lausanne, à Bruxelles, à Lyon, à Naples et à Berlin, présidait aux travaux de thérapeutique articulaire, et la conservation, à Paris, des traditions classiques, depuis la théorie, religieusement suivie, des causes de l'allongement el du raccourcissement dans les