‹ Nouvelles méthodes de traitement des maladies articulairesChapitre 28 sur 77 · SUR LE PROFESSEUR BONNET. XXXÏII · texte numérisé non relu

SUR LE PROFESSEUR BONNET. XXXÏII

Positions des ynembres dans les maladies articulaires et sur les Appareils de mouvement étaient déjà comme des jalons de l'œuvre capitale de sa vie, de son Traité des maladies articulaires , qui devait lui faire un nom européen, en lui créant un rang à part dans la chirurgie moderne.

L'année 1843 venait de finir, et avec elle se terminait la mission de chirurgien en chef. Mais, plus heureux que ses prédécesseurs, Bonnet ne voyait point , au moment où il était dans la plénitude de son talent, se fermer pour lui les portes de l'Hôtel-Dieu. Le professorat l'y retenait et lui assurait, avec un beau service de malades, un champ suffisamment vaste pour ses explorations et son enseignement. C'est là, qu'auprès des malades ou devant les élèves, on l'a vu chaque jour, pendant vingt années, distribuant aux uns le secours de son art et de sa charité, prodiguant aux autres les trésors de sa science et les exemples de sa conduite, avec une ponctualité si rigoureuse que la maladie pouvait à peine interrompre ses visites et ses leçons. Sa haute taille le faisait reconnaître de loin ; sa noble figure, où se lisait la bonté de son cœur, commandait le respect et la confiance. Tour à tour grave et familier, simple et majestueux, son langage faisait passer chez ceux qui l'écou talent la conviction qui débordait de ses lèvres. Soit qu'il fallût préparer à une opération douloureuse un pauvre patient en lui ouvrant les horizons sans fin de l'espérance, soit qu'il eût à instruire ses disciples dans les secrets de l'art de guérir, toujours il arrivait à son but. On avait foi en lui ; car, l'enthousiasme communicatif de son âme n'était égalé que par la sincérité de ses discours. Aussi, les succès de son professorat furent grands. On venait l'entendre en foule, et dans cet auditoire, où

XXXIV JNOTICE BIOGRAPHIQUE

les docteurs disputaient la place aux élèves, personne ne se lassait de cet enseignement toujours préparé avec soin, clair, méthodique et dans lequel on recueillait sans fatigue le fruit d'une raison supérieure et d'une vaste expérience.

Il prenait volontiers pour texte de ses leçons les sujets divers des ouvrages qu'il méditait. C'est ainsi que s'élaborèrent dans une demi-publicité, le Traité des maladies des articulations et le Traité de thérapeutique des maladies articulaires. On peut dire avec vérité qu'ici, le professeur Bonnet, rejetant les données insuffisantes ou stériles de la tradition, créa de toutes pièces une science nouvelle, et combla dans l'art un vide immense. 11 en fut jugé de la sorte dans les hautes régions du monde scientifique ; car le premier de ces deux ouvrages fit nommer Bonnet, chevalier de la Légion d'honneur, et le second, d'abord couronné par l'Académie des sciences, lui valut le titre de membre correspondant de l'Institut.

Mais, comme l'a dit sur sa tombe un grand orateur (1), cette intelligence avait de la place pour toutes les lumières, ce zèle du temps pour tous les devoirs. Membre de l'Académie des sciences, belleslettres et arts de Lyon et de la Société de médecine de la même ville, qui tour à tour le choisirent pour leur président, associé de l'Académie impériale de médecine et d'un grand nombre de sociétés nationales ou étrangères. Bonnet trouvait dans sa prodigieuse assiduité à l'étude le moyen d'entretenir, par une utile collaboration, ces relations honorables que sa renommée avait nouées pour lui sur tous les points du monde savant.

1!) M. Sauzet.

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