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parfaitement régulier sous le rapport de la direction, des saillies et des distances du corps du fémur du trochanter et du bassin. Le membre gauche, au contraire, se raccourcit de 2 centimètres environ, s'inclina et se tourna légèrement en dedans, dès qu'il fut abandonné à lui-même. On put sentir distinctement la tête du fémur sous le muscle fessier.
En présence d'états aussi différents à droite et à gauche, je crus devoir adopter un traitement consécutif également différent pour l'un et l'autre côté.
En ce qui regarde le membre droit, je pensai que la forme étant parfaitement rétablie, il fallait s'occuper de la fonction : d'une part, s'appliquer à rétablir la mobilité; de l'autre, habituer le membre à soutenir le poids du corps pendant la marche, sans que la déviation pût se reproduire. Pour remplir la première indication , je fis placer au-dessus du lit une corde dont une extrémité s'attachait à un mouchoir fixé en cravate autour du genou, et dont l'autre bout muni d'un manche, devait être saisi par la malade [fig. 15). Je lui recommandai d'imprimer à l'aide de cet appareil des mouvements à sa cuisse, trois fois par jour, pendant une durée croissante de dix à vingt minutes. Ce conseil put être suivi sous mes yeux pendant trois jours ; les mouvements artificiels ne produi-
sirent aucune douleur et rétablirent en peu de jours une certaine mobilité.
Fig. 15. — Appareil de mouvement pour la cuisse.
Quant au membre gauche, il me parut nécessaire de le soumettre à des tractions chaque nuit, pendant tout le temps qu'il aurait de la tendance à se dévier ; ces tractions furent faites suivant des procédés que j'ai décrits et figurés ailleurs (Jîg. 16).
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Elles suffisaient pour rendre momentanément le
Fig. 16. — Appareil de traction et d'extensiou de la jambe.
membre gauche aussi long et aussi droit que celui du côté opposé.
Un tuteur double devant soutenir les membres pendant la station et la marche, comme le faisait la double gouttière dans le décubitus dorsal, fut construit par M. Blanc, de Lyon. Une ceinture passée autour du bassin s'articulait de chaque côté avec deux tuteurs ordinaires des membres inférieurs munis de branches latérales internes et externes, de colliers de distance en distance, d'articulations au niveau de la hanche, du genou, du pied {fig. 17). Cet appareil ne fut prêt que le 28 octobre. Dès qu'il fut appliqué, les deux membres parurent de nouveau bien conformés, la malade put faire quelques pas sans douleur, sou-
tenue à droite et à gauche par des aides. En la voyant
parfaitement droite et ne souffrant pas, on ne pouvait douter qu'elle n'arrivât un jour à marcher avec une trèsfaible claudication. Le père, impatient de retourner à ses affaires, partit le soir même pour son pays. C'était le 28 octobre , dix jours après son arrivée à Lyon.
Le traitement a été ici complet ; les soins consécutifs sont venus consolider les résultats obtenus dans une première opération :
double gOLitière pour assurer la rectitude et favoriser le transport ; moyens d'extension et de contre-extension ; mouvements artificiels ; tuteurs spéciaux ; bonne hygiène ; soins empressés et assidus des parents : tout a été mis en œuvre.
Cet ensemble de moyens est habituellement
Fig. 17.
Tuteur articulé pour le membre inférieur.
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indispensable. Il est malheureusement difficile de le réaliser dans les hôpitaux et surtout de s'y procurer les tuteurs, qui ne servent qu'aux malades pour lesquels on les a construits et dont le prix peut être élevé (le tuteur de mademoiselle Lambert a coûté 130 francs). Cependant on peut souvent réussir 'à se procurer ce complément si nécessaire et sans lequel on ne peut entreprendre la cure d'aucune tumeur blanche grave, avec le concours des familles, celui des administrations hospitalières, et surtout avec l'assistance de personnes charitables touchées de la situation de malheureux estropiés qui resteraient incapables de gagner leur vie, si on ne leur donnait pour quelque temps un soutien artificiel.
En résumé, l'observation de nos trois malades confirme les assertions que j'ai émises sur la possibilité de rétablir, sauf dans quelques cas exceptionnels, la direction et la forme des membres dans les tumeurs blanches, par une opération rapide et sans danger. Elle démontre aussi que le rétablissement d'une bonne direction, associée à l'immobilité, fait disparaître les douleurs et les inflammations qu'entretient la mauvaise direction des jointures.
Quant aux résultats définitifs, c'est-à-dire à la guérison de la maladie et au rétablissement de la marche, les dix semaines qui se sont écoulées de-
puis l'opération ont été insuffisantes pour les obtenir. Mais on a lieu d'espérer qu'après quelques mois encore, surtout si l'on peut s'aider de toutes les ressources que fournissent la mécanique et l'hygiène, on réussira chez les deux malades atteints de coxalgies. On ne s'étonnera pas que nous soyons encore loin du but chez la petite fille affectée d'une tumeur fongueuse avec abcès du genou : ce n'est pas en quelques semaines et après l'emploi do quelques moyens seulement que l'on peut réussir dans des cas aussi difficiles. Nous avons dit tout ce qu'il resterait encore à faire et tout ce qu'il serait permis d'espérer en ne négligeant aucune des ressources que la science met à notre disposition.
Tous les traitements qui m'ont procuré des cures véritables, dans des cas difficiles, ont exigé au moins cinq ou six mois.
§ ni.
Opérations faites par les chirurgiens de Paris, d'après les principes précédemment exposés.
Je termine par un coup d'œil rapide jeté sur les opérations qui ont été faites à Paris suivant les méthodes que je me suis appliqué à répandre. Et d'abord les attelles en fil de fer recuit ont dû recevoir de bien nombreuses applications, puisque M. Blanc en a envoyé, dans l'espace de six semaines, cent dix environ, d'après quatre demandes successives de