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des précédentes. En effet, ces petites plaques isolées les unes des autres sont cependant groupées par îlots largement séparés. Dans chacun de ces îlots, les parties en regard les unes des autres sont un peu plus noires, tandis que celles qui se rapprochent des espaces libres sont quelquefois très claires à leur limite extrême. A la maturité, la couleur noire envahit toute la surface.
Il me resterait bien à parler de deux espèces nouvelles possédant des zygospores noires : l’une, le Mucor Iris lis, ayant un sporange très noir et des zygospores dont les suspenseurs portent des prolongements en doigts dè gant; l’autre, le Mucor modestus , ayant un sporange incolore et des zygospores noires garnies de saillies à lignes rayonnantes; mais je n’ai pas encore terminé leur étude. Je n’ai obtenu que deux ou trois fois leurs zygospores.
CHÆT0CLAD1ÜM fiREl'ELUll (Van Tiegliem).
(PL 9, iîg. 1-10.)
Les espèces de Mucors sont extrêmement nombreuses; aussi ni’est-il arrivé, dans deux cultures différentes de plantes que je croyais les mêmes, d’obtenir des zygospores faciles à distinguer.
Le Chœlocladimn Brefeldii, on le sait, se compose de filaments portant des verticilles fructifères fort remarquables. Une tige principale, après s’être développée convenablement, se renfle un peu à son extrémité, qui devient comme tuberculeuse, par suite des bourgeons qui s’y forment. Ges bourgeons sont de nombre variable, souvent cinq, dont quatre latéraux et un terminal, qui continue à s’accroître, soit en une longue pointe, soit en une tige qui portera plus tard un nouveau verticille. Les quatre bourgeons latéraux se développent de la même manière. Chacun d’eux s’allonge un peu, puis se renfle à son tour en une sorte de massue irrégulière présentant quatre ou cinq nodosités, dont une terminale qui devient une longue pointe. Les nodosités latérales prennent de l’extension
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et se terminent par des mamelons de forme irrégulière et sur lesquels les spores se produisent simultanément chacune dans un sporange porté par un petit pédicelle. Bientôt chaque mamelon, d’abord globuleux, se modifie à son tour et prend un aspect différent; il se produit une pointe au sommet, et trois ou quatre bras latéraux sur lesquels se trouvent les spores à la maturité. Lorsque les spores se sont détachées, les ramifications diverses, munies à chaque étage d’une longue pointe, forment un ensemble qui paraît très compliqué.
Les spores du Chætocladium Brefeldii sont presque incolores et mesurent 0 m "',0045. Le froid possède une singulière propriété, il les rend roses. Beaucoup d’autres Mucorinées du reste présentent le même phénomène.
Correspondant à ces caractères, j’ai cultivé deux plantes qui m’ont donné, l’une des zygospores pâles, jaunâtres, avec des stries irrégulières, fines et nombreuses, et des suspenseurs extrêmement délicats; l’autre, à suspenseurs se déformant moins, à zygospores brunes, garnies de stries irrégulières, mais plus épaisses et moins nombreuses. A part ces différences, les zygospores sont construites sur le même type. Au début, elles se comportent comme celles des petits Mucors. Deux ampoules se gonflent vis-à-vis l’une de l’autre; la partie médiane se sépare par une cloison de chaque côté, et ,se garnit de lignes irrégulières. A ce moment, les ampoules se gonflent irrégulièrement sur les côtés. Bientôt on voit de grosses bosses, tantôt deux, tantôt en plus grand nombre. Ces bosses peuvent être volumineuses et étranglées à la base; d’autres fois, elles se terminent simplement en pointe. Sur ces bosses, peuvent encore naître des sortes de pointes qui deviennent des filaments aériens.
Le Chætocladium, en présence de divers Mucors, produit des tubercules qui naissent irrégulièrement soit au point de contact, soit sur les filaments eux-mêmes. Cultivé dans une goutte de solution très nutritive, il peut donner ces tubercules dans ses filaments mycéliens. Si l’on étudie le mode de parasitisme, on voit le filament-du Chætocladium, d’abord de
SI. HiniDU.
diamètre sensiblement égal, se renfler au point de contact avec le filament étranger, puis présenter des nodosités. 11 se fait des sortes de boules qui embrassent le tube du Mucor. Les membranes juxtaposées se résorbent de telle façon que le filament chætocladien paraît être une ramification du tube du Mucor. Des ampoules se forment alors indistinctement sur l’un ou l’autre au point de soudure et peuvent déterminer la production d’une masse volumineuse.
Un autre mode de parasitisme existe chez un Mucor différent, le Mucor parasiticus , espèce nouvelle que j’ai découverte trop tard pour qu’elle puisse figurer dans cette communication. Dans cette plante, le parasitisme s’établit ainsi : Une ampoule volumineuse ovale se forme soit à l’extrémité, soit au milieu d’un filament; arrivée au contact du filament étranger celui-ci se modifie à son tour et envoie des prolongements latéraux allongés en forme de doigts ou de main, qui saisissent l’ampoule en s’appliquant sur sa surface.
Le Mucor parasiticus possède la propriété curieuse de donner très difficilement scs sporanges, aussi m’est-il arrivé de confondre longtemps ses filaments avec ceux du Cluctocladium . C’est même pour cette raison que la planche 9 se trouve posséder la figure 11.
Je reviendrai dans une prochaine publication sur cette espèce, dont le mode de végétation est très remarquable.
Je n’ai pas à m’étendre sur cette plante, bien connue aujourd’hui et qui a été étudiée déjà un grand nombre de fois, par M. Brefeld, qui le premier en a obtenu les zygospores, et par M. Van Tiegliem.
TiiAJIMDIUM ELEGANS (Coi-cla).
(H. 10, (ig. 1-9.)
Cette plante a été étudiée tant de fois, que tout le monde a présente à l’esprit la forme gracieuse qu’elle revêt. Je rappellerai seulement en quelques mots sa configuration générale. On sait que c’est un Mucor hétérosporangic. Le gros spo-
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îange est assez semblable à celui du Mucor Mucedo, mais le support diffère davantage; il porte de longues branches latérales lorsque, cultivé sur la peptone, par exemple, il n’a que très peu de dichotomies.
Les fructifications nées à l’extrémité des dichotomies sont trop connues pour que je les mentionne. Je me contenterai de représenter dans la planche 10, fig. 2, le quart d’un verticille très jeune, au début même de la formation des sporanges.
Le mycélium diffère beaucoup de celui du Mucor racemosus. Il ne présente pas de filaments sensiblement égaux et brusquement terminés. Lorsqu’on peut le cultiver à l’aide d’une spore bien isolée, de façon que le mycélium puisse prendre un développement convenable, on remarque des filaments principaux qui diminuent insensiblement de diamètre, et de chaque côté des radicules secondaires, que l’on peut comparer à des sortes de mains; à peu de distance de leur origine, ces radicules augmentent considérablement de diamètre, puis se terminent par des filaments très ténus. Dans certaines conditions, ces filaments ténus disparaissent et le mycélium devient boursouflé; il se forme des cloisons, des sphères se détachent et on obtient une certaine analogie avec le ferment sphérique.
Les zygospores du Thamnidium s’obtiennent vers le même moment que celles du Chætocladium; dans les cultures pures, aux mois de mai et juin. Je lésai obtenues en très grande abondance et sur des filaments portant des dichotomies, ce qui leur donnait un caractère d’authenticité indiscutable. Ces zygospores se produisent, comme celles du Mucor racemosus, bien au-dessus du substratum; il faut donc, pour les obtenir, cultiver le Tliamidium dans des boîtes en plâtre spéciales, permettant la culture en grand et empêchant les filaments dressés de se dessécher trop rapidement. Elles s’étagent les unes au-dessus des autres, comme les barreaux d’une échelle. A leur début, elles sont recouvertes de petites plaques noires séparées les unes des autres; bientôt la couleur noire envahit toute la surface extérieure d’une couche épaisse. Cette sub-
m. netniDR.
stance noire, h la maturité, se dissout dans les gouttelettes d’eau qui se condensent le long des filaments, et bientôt on a de larges plaques noires qui salissent les tubes fructifères, car cette substance sèche et devient insoluble. Les ampoules prennent une teinte jaunâtre, et la membrane des filaments s’incruste de petits cristaux. Lorsqu’on vient à enlever son enveloppe noire et épaisse, la zygospore présente une couleur jaune.
EXPLICATION DES FIGURES planche 7.
Les zygospores sont dessinées partout au même grossissement.
Mu cor spinosus .
Fig. 1. Ramifications du Mue or spinosus.
Fig. 2. Spores du Mucor. Des cristaux qui hérissaient la membrane du sporange sont restés adhérents a leur surface.
Fig. 3. Jeune sporange encore incolore.
Fig. 4. Columelle adulte garnie des épines ou excroissances caractéristiques. Fig. 5. Chlamydospore et débuts de conjugaison qui, dans des cas tout à fait exceptionnels, peut s’effectuer entre deux cellules du même filament.
Fig. 0. Zygospores à différents âges.
Fig. 7. Spore germant dans une goutte étalée de décoction de prunes et produisant directement un filament sporangifère.
Fig. S. Spores germant dans une goutte hémisphérique de la même décoction et donnant la forme bourgeonnante (ferment;.
Mucor circinelloides.
Fig. 9. Spore du Mucor circi.nelloid.es.
Fig. 10. Columelle.
Fig. 11. Ramification du Mucor.
Fig. 12. Sporange.
Fig. 13. Début d’une conjugaison.
Fig. 14. Zygospore adulte.
Fig. 15. Forme bourgeonnante (ferment).