ODE VINGT-SEPTIÈME
^L Tiendra, — quand Tiendront les dernières ténèbres^
^ue la source des jours tarira ses tonrens^
^u'on Terra les soleils , au front des nuits funèbres ,
Pâlir comme des yeux mourans; Inandrabime inquiet rendra desbruits dans l'ombre;
Que l'enfer comptera le nombre
De ses soldats audacieux ;
2i6 L'ANTE-CHRIST.
Et qu'enfin le fardeau de la suprême yoùte Fera,comxne un vieux char tout poudreux de sa ronte, ^ Crier Taxe affaibli des cieux.
Il Tiendra, — quand la mère , au fond de ses entrailles,
Sentira tressaillir son fruit épouvante j
Quand nul ne suivra plus les saintes funérailles
Du juste , en sa tombe attristé j Lorsqu*a]^prochant des mers sans lit et sans rivages^ L'homme entendra gronder, sous le vaisseau des âges ,
La vague de l'éternité.
Il viendra, — quand i' orgueil , et le crime , et la hâne De l'anfique Alliance auront eniFreint le voeu 5 Quand les peuples verront , craignant leur fin prochai Du monde décrépit se détacher la chaîne j Les astres se heurter dims leurs chemins de feu; Et dans le ciel , — ainsi qu'en ses salles oisives,
ODE XXVII. . ai7
Un hôte se promène , attendant «es conyîves, — Passer et repasser Tombre immense de Dieu.
Parmi les nations il luira conune u^ signe :
11 viendra des captifs dissiper la rançon ;
Le Seigneur l'enverra pour dévaster la vigne ,
Et pour disperser la m#isson.
Les mortels ne sauront y dans leur stupeur profonde ,
Si ses mains dans quelque autre monde
Ont porté le sceptre ou les fers j Et dans leurs chants de deuil et leurs hymnes de fête y Ils se demanderont si les feux, de sa tête
Sont des rayons ou des éclairs.
Tantôt ^es traits au Cielemprunterontleurs charmes : Tel qu'un ange , vêtu de radieuses armes ,
2i8 L'AIfTE-GHRIST.
Tout son corps brillera de reflets ëelatans ,
Et ses yeux souriront , baignés de douces larmes y
Comme la jeune Aurore au front du beau Printems.
Tantôt , hideux amant de la nuit solitaire , Noir dragon , déployant Taîle aux ongles de fer, Pâle , et s'épourantant de son propre mystère ,
Du sein profané Ae la terre Ses pas feront monter les vapeïtffe de l'Enfer.
La nature entendra sa Toix miraculeuse :
Son souffle emportera les cités aux déserts ; Il guidera des rents la course nébuleuse;
Il aura des cbars dans les airs y Il doûiptéra la flamme , il marchera sur Tonde }
On verra l'arène inféconde