ALFRED DES ESSARTS
Bibliographie. — Le Donjon de Vïncennes, poème (1830);
— Le Lord Bohémien, roman (1841) ; — La Perle dans la Mer (1841); — Le Christianis^ne en Orient, poème couronné par l'Académie française [Grand Prix de Poésie] (1841); — Le Monument de Molière, poème couronné par l'Académie française (1843) ; — Sous les Ombrages {^\%/^^)', — Les Chants de la Jeunesse ; Le Livre des Pleurs, élégies (1846); — L' Univers illustre' [iZ^y -,2^ édition 1855 — 1856);
— La Ligue des Atnants, comédie en vers représentée sur la scène du Théâtre-Français (1849) ; — La Co?ne'die du Alonde, roman en vers (1851); — Z^ Champ des Roses, roman ; — Marthe, roman ; — Les Masques d' Or, roman ;
— Les Hommes de la Guerre d'Orient (1855) ; — La Guerre des Frères, poème (1867) ; — De V Auoe à la Nuit (Petrot-Garnier, Chartres, 1882).
Alfred des Essarts a collaboré à la France Litte'raire, à VÉcho Français (1832 — 1846), au Parnasse Contemporain, etc.
Alfred des Essarts (Alfred-Stanislas-Langlois), né le 9 août 18 II, à Passy (Seine), mort en 1893, fit de brillantes études au Collège Henri IV, et publia, dès 1830, quelques poésies, entre autres Le Donjon de Vincennes ; puis il donna des articles à la France Littéraire et à VÉcho Français, journal royaliste qui devait plus tard devenir M Union. Il fut, en même temps et d'une manière continue, poète et romancier. Deux romans le signalèrent : Le Lord Bohémien (1841) et La Perle dans la Mer (1841). Marié à la fille d'un médecin renommé, qui écrivit également dans sa trop brève existence et fit estimer le nom d'Anna des Essarts, il eut de nombreuses relations dans le monde des lettres. Couronné plusieurs fois par l'Académie française, Alfred des Essarts publia en 1846 un recueil de poésies très loué par la critique, L^s Chants de la Jeunesse, accompagné du
Livre des Pleurs, élégies à la mémoire de sa jeune femme, morte en couches h. vingt-cinq ans et laissant deux enfants, un fils qui fut Emmanuel des Essarts et une fille qui a épousé un littérateur distingué, M. Albert Collignon.
A la fin du règne de Louis-Philippe, Alfred des Essarts entra à la Bibliothèque Sainte-Geneviève, o\x il a fait une longue carrière, étant arrivé au grade de conservateur et n'ayant été appelé à la retraite qu'à l'âge de soixante-quinze ans. Il passa la fin de sa vie auprès de son fils et de sa belle-fille à Clermont-Ferrand.
Parmi les romans d'Alfred des Essarts, il convient de citer: Le Champ des Roses, Marthe, Les Masques d'Or^ et un roman en vers : La Comédie du Monde.
On lui doit, en outre, un poème sur la Guerre des Frères (1867), et un second volume de vers: De l'Aube à la Nuit, qui reçut un brillant accueil.
Le talent d'Alfred des Essarts a pour caractères l'élévation de la pensée et la distinction artistique de la forme. C'est un classique du Romantisme.
'yn/lA.'L.
{Le Bouquet de Violettes, fragment.)
Se Survivre
L'Homme a peur du tombeau, mais bien plus de l'oubli, Il craint, du poids des ans quand la mort le délivre, Qu'avec le corps son cœur ne soit enseveli. Jusque dans le néant il voudrait se survivre.
Les uns dans la science et l'étude ont pâli;
D'autres ont entassé le livre sur le livre.
Leur éclat triomphal est bientôt affaibli . . .
Ils s'en vont ... et déjà je vois l'ombre les suivre.
Le feu prend le tableau; le marbre gît brisé; Le vieux palais des rois sur sa base s'écroule; Par l'injure du temps tout chef-d'œuvre est usé.
Les jours sont un éclair, les siècles une houle,
Et le plus glorieux et le plus méprisé
Tombent ensemble au gouffre où disparaît la foule.