LOUIS LE LEU
Bibliographie. — Feuilles e'parses, plaquette (hors commerce). — Romans en feuilletons et en volumes. — Ouvrages de vulgarisation. — Conférences, articles et études sur des sujets philosophiques, religieux, sociologiques, mystiques et ésotériques. — Les Fastes de l'Église^ 80 volumes en cours de publication (1897-19 . .); — Les Fondatezirs et Fondatrices d'Ordre^ 6 vol. (1908); — Le Docteur Gruby, notes et souvenirs (Stock, Paris, 1908).
M. Louis Le Leu a collaboré à de nombreux organes et collabore à ceux qui accueillent la pensée libre, ésotérique et chrétienne, dans son sens universaliste. Parmi ses plus récents travaux, citons une série sur Denys V Aéropagite et son œuvre [La Voie, 1905); une série sur La mystiqtie en psychologie et en ontologie {Annales de Philosophie Chrétienne 1907 — 1908); un opuscule sur La Trinité', qui devrait être la première et la plus solennelle des Fêtes chre'tiennes {La Papauté et les Peuples, 1905); La Russie devant la Morale chrétienne et la loi de l'Histoire (ibid., 1908); La Synthèse de la Mystique chrétienne, conférence (Annales Théosophiques, 1908), etc.
M. Louis Le Leu est né le 21 juin 1865, à Crécy, bourg historique de Picardie, d'une ancienne famille artésienne du côté paternel, et normande du côté maternel, où se mêlaient les trois classes: noblesse, bourgeoisie, peuple, avec les plus tragiques souvenirs, et dont plusieurs membres appartenaient à l'Église. Son trisaïeul maternel, M. de Thorel de la Trouplinière, lieutenant de frégate de la Flotte royale au Département de Brest dès avant la Révolution, avait péri, condamné à mort comme émigré noble et prisonnier de guerre, en 1795, dans les sombres hécatombes de Quiberon; son bisaïeul paternel, revêtu d'une magistrature en Artois, incarcéré et condamné
à mort pour avoir résisté à un décret infâme de Le Bon, représentant de la Convention pour le Pas-de-Calais et le Nord, n'avait échappé à l'échafaud terroriste que par la chute de Robespierre et de Le Bon lui-même. L'esprit de ces douleurs et de ces ruines, dont la mémoire était très vive dans sa famille, parut comme incarné dans son âme, très sensitive et très personnelle ; et la vision subite de la mort, sous les espèces terreuses d'une inhumation au village, fit de lui, à l'âge de sept ans, comme un Louis Lambert, mais plus poète que penseur encore.
La muse mélancolique régna en maîtresse dans l'âme de l'enfant et du jeune homme ; amoureux de la beauté pure et de la liberté noble, tout en goûtant toutes les belles façons d'exprimer l'idée et le sentiment poétiques, il préféra entre toutes celles de Chénier et de Hugo.
Solitaire par l'esprit et le cœur, M. Le Leu ne rechercha pas la publicité pour ses nombreux vers de jeunesse, et, naturalisé Parisien en 1886, la fréquentation forcée des hommes, en achevant de ruiner ses illusions sur la valeur morale du plus grand nombre, l'orienta vers l'étude acharnée du problème mystérieux de la vie et de la philosophie de l'histoire. Sa nature profondément religieuse le conduisit, après des enquêtes approfondies, sincères et indépendantes sur l'ésotérisme synthétique des traditions religieuses diverses, à l'apologie morale du christianisme selon l'Évangile vraiment divin et humain, c'est-à-dire éminemment et universellement social, opposé à ses adultérations sectaires et politiques, c'est-à-dire anti-sociales. Esprit ouvert à toutes les grandes idées universalistes, synthétiste de race spirituelle, n'excluant que l'exclusivisme, et parce qu'il s'exclut lui-même du concert idéal et universel de l'Humanité, M. Louis Le Leu est un de ces délibérément modestes qui sèment loin du bruit, pour que d'autres récoltent plus tard . . .
Salut au Symbole
Salut, sombre rameau qui couronnes les chênes, lorsque les blancs frimas ont dépouillé les bois ; mystérieux Témoin des invisibles chaînes qui rattachent au Ciel la Terre par des lois.
Quand la faucille d'or cueillait ta branche sainte, au temps où les dolmens palpitaient tout sanglants, le peuple vénérait en toi, rempli de crainte, l'Esprit de Ram chanté par les Druides blancs.
Et ton feuillage sombre et ta baie opaline appelaient dans les yeux les grandes visions ; par toi, la foudre ardente, embrasant la colline, du Dieu pur révélait les grandes actions.
Les siècles t'ont déchu de ta grandeur première ; tu n'es plus, pour l'Autel, le Symbole archi-saint, toi qui portais le grand secret de la Lumière comme un trésor de gloire enfermé dans ton sein.
Mais les traditions ont gardé sous leur aile, m
tel un dépôt béni fait d'immortalité, •
de ta gloire sans nom le souvenir fidèle, ô Talisman sacré. Reflet d'Eternité.
Si, sous le Gui mystique, en témoignage austère, les Fiancés ont pris et rendu le baiser, il n'est point de tyran assez osé, sur terre, pour s'en prendre au serment suprême et le briser.
O vous qui du Mystère ignorez la science,
vous qui des grands dolmens méprisez la terreur,
vous dont le front impur n'a pas de conscience, ^
âmes que le néant voile de son horreur,