‹ Nouvelles pièces à direChapitre 25 sur 50 · SOUVENIRS DE NAPLES · texte numérisé non relu

SOUVENIRS DE NAPLES

Elle était poétique et lui ne l'était guère ;

Deux courants opposés passaient sur chacun d'eux ;

Elle était l'idéal, il était le vulgaire;

Us s'aimaient pourlant tous les deux.

Le contraste souvent fait naiire l'harmonie; Il en doit être ainsi, c'est irès sur ; autrement Qnand l'un des deux a foi dans ce que l'autre nie, A quoi tiendrai! l'ail achemen-t î

s DE NArLES

Ils venaient d'accomplie leur voyage de noces A Naples, oii le ciel limpide et toujours clair Fait les joyeux prinlemps el les élés pt-écoces, Et jelledes baisers dans l'air.

Ils étaient revenus dans ce milieu de brume,

Dana ce jour sans rayons, dans cet Iioriïon gris

Où l'air pleure toujours, où la galle s'onrhunne,

Et qui cependant est Paris.

Ils élaient revenus charmés; la jeune femme Semblait surtout garder le plus cher souvenir De cet azur pi-ofond dont l'éclal met dans Vàme L'amour qu'il semble contenir.

Vn soir, lous deux <'auaaient devant la cheminée ; Au dehors un grand vent souillait à pleine vois. Tout à coup, au charmant souvenir ramenée.

Elle dit : — Sans cesse ie vois

BOUVliN[RS DE NA.PLES

Ces monta bleus découpanL leurflère silhouelte Dans l'air plein de caresse et de limpidité.

Ce beau ciel qui soutient avec sa voix muette La thèse de l'éternité.

Je vois les rellelsd'or dont l'étendue est pleine, Je sens le souille tiède et les parfums légers Dont la brise noclurne embaume son haleine En passant sur les orangers.

Je vois dans l'horizon s'enfuir les blanches voiles Comme des visions dans le fond d'un décor, Je vois la nuit venir dans sa robe d'étoiles. Un soir, t'en souvient-il encor f. .

Je n'imiterai pas le lac de Lamartine.

OOi trouver tant dé grâce et tant de sentiment? Mais, un soir, nous voguions sous la voile latine Que la brise enflait doucement.

116 SOUVENIRS DE NjiPLES

Soudain, dans le silence et dans l'ombre ailiédie, Une admirable voix de femme, au timbre d'or, Vibra sur un ton large et plein de mélodie, Et vers le ciel prit son essor.

Celait un chant suave, un motif populaire.

Une phrase d'amour où le cœur palpilait.

Et qui, jetée au loin, à travers k nuit claire. Allait au cœur qui l'écoutait.

Bienfôt une vois d'homme, à l'inflexion tendre, Reprit le beau motif, puis, les voix s'unissant Dans un flot d'harmonie, elles Drent entendre Le duo le plus ravissant ,

On sentait la tendresse au fond de chaque note. On sentait un aveu passer dans chaque son.

Et mon cœur prés du leur, dans la barque qui ilolte, S'en allait battre à l'unisson.

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