‹ Nouvelles pièces à direChapitre 31 sur 50 · LÉGENDE INDIENNE · texte numérisé non relu

LÉGENDE INDIENNE

Et, plein d'orgueil, entrant dans l'esprit de son rôle. Le triomphateur joint legesle âla parole:

Sur le frêle brin d'herbe encor tout imprégné Des pleurg dont les vapeurs du matin l'ont haigiiû, Il pose un pied brutal... terreur 1 Son pied glisse;

Le radja comme un trait descend la pente lisse.

Il roule dans l'abîme, et son rêve géant

S'engloutit pour jamais dans l'ombre du néant.

Et tandis que la foule, à sa suite venue.

Prise d'un deuil Kubit, tend les bras vers la nue

Et pleure ce soleil soudainement terni,

On entend une voix passer dans l'infini

Et dire sur un mode éclatant et superbe :

— Pour briser le plus grand, il suffit d'un brin d'herbe I

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LE TRKSOR

. TIIÊNAHD, DE LA COMEDtE-FRANÇArSË

— Vous m'avez dit, mère chérie El le disiez hier encor, Que la nouvelle métairie Renferme un bien rare trésor.

— Oui, mon enfant, répond la mère ; Le trésor dont je t'ai parlé Nest pas du tout une chimère :

C'est un fait qu'on m'a révélé. —

LIi TRKSOIl

— Il ne faut donc plus que j'iiésile.

J'irai, dit Paul, au point du jour, Faire une première visite. —

— Commence par la grande cour,

Ajoute la mère. — Quand l'aube Mettait des franges de carmin Sur l'azur pâle de sa robe, Déjà Paul était en chemin.

Les arbres, dont les cimes hautes Ondoyaient dans l'air du matin, Jetaient de vaporeuses noies Sarle même rythme incertain.

Les roBes, moins eCarouchées Souriaient en voyant le jour, Et, l'une vers l'aufre penchées, Se racontaient leur nuit d'amour;

Tandis que dans les massifs d'ombre Les fauvellea et les pinsons Se disaient des bonjours sans nombre, Ef remplissaient l'air de chansons.

Ce réveil du ciel et des roses Parlait au jeune hordme, el pourtant Au dessus de ces belles choses 11 metlai! son rêve éclalanl :

Lelrésor ! le foyer de joie î..

A la ferme il arrive enfin ; H cherche un indice, une voie Dans la grande cour, mais en vain.

Aucune marque, nulle trace, Pas la moindre fissure au sol ; Un examen de la terrasse Ne fait rien découvrir à Paul,

LE TRÉSOR

Qui s'en revient près de sa miva Un peu déçu : — Je le crains bien :

Nous nous berçons d'une chimère. — — Quoi I mon fils, tu n'as rien vu ?— Rien.

Seulement, avant que je parle, Au milieu delà grande cour J'ai vu m:idemoiselle Marthe Ordonnant les travaus du jour.

Elle distribuait l'ouvrage Dans le mouvement et le bruit :

Ici, les blés et le fourrage, Là, les légumes et le fruit ;

Plus loin la luzerne coupée...

J'aurais bien voulu m'approcher, Mais elle était trop occupée.

Quant à ce que j'allais chercher,

LE TRÉSOR 1

Comptons-y moios. — Non, moi j'y compte, Dit la mère, et veux ce trésor : •

On n'inventepaa un tel conte ; Il faut !à bas le rendre encor.

Mais, en le faisant, je te prie De chei'cher sur un autre point ; Va du côté de la prairie, Et ne !e décourage point. —

Le lendemain, même voyage ; C'est l'apréB-midi. Cette fois Paul suit un eentier de feuiflage Sur la lisière d'un vieux bois.

Sa pensée est moins occupée Du trésor : il va lentement, Sentant son âme enveloppée Dana ce repos vague et charmant.

LIi TRÉSOR

Les branches foni desdécoupui- Sur le soi, el rien n'est pareil A ce beau tapis de guipures Qu'à ses pieds brode Je soleil.

Soudain, il voit dans une a Faisant angle avec le chen- Sous une charmille voilée, Un couple se donnant la n

C'est un jeune ei bien joli couple ; Elle est brune avec des yeux bleua, Grande, svelle, et sa taille souple A des mouvements onduleux.

Paul s'efface dans le bols sonifc 11 s'arrête pour écouler Le joli duo que dans l'ombro Lejeune couple va chanter.

LE TRÉSOR

Sur l'unique phrase : Je t'aime Mille fois échangée cnlre eux, Ils redisent le divin Ihènie A l'usiige des s

Paul repart pour la métairie.

Le cœur ému, le front penché ; Il descend droit vers la prairie :

II cherche le Irésor uaché.

MaiH il est distrail, rien n'écarte De son cœur le thème charmant, Quand soudain il aperçoit Marfhe Qui vers lui vieni en ce moment.

Elle esl grande, elle est distinguée.

Ce n'est plus elle, en vérité, Dont Tatlention prodiguée Semait partout l'activilé.

LE TEÉ90B

C'est une belle demoiselle Dont les traits fins et gracieii; S'harmonisent et font chez elli Un ensemble délicieux.

Elle s'approche du jeune homme.

Et de sa voix au timbre d'or :

— Vous avez l'air d'un agronome;

Que cherchez- voua donc î — Un trésor.

J'ai cherché de l'A jusqu'au Z, Dit Paul, et je ne trouve rien, — — Si vous voulez que je vous aide, Nous chercherons. — Je le veux bien.

Et les voilà cherchant ensemble :

Elle est superbe en se penchant Avec l'auréole que semble Lui faire le soleil couchant.

Auaai, devant la jeune fllle, Paul entend résonner plus haut Les deux voix qui, sous la charmille.

Ont chanté le joli duo.

Dana son émotion profonde, Il regarde indiscrètement Cette taille flexible et ronde Et son riche accompagnement.

Et, profitant d'un bouquet d'ombre Qu'il rencontre sur son chemin, A l'abri du feuillage sombre, Tremblant, de Marthe il prend la main.

O surprise ! elle l'abandonne.

Tandis qu'un sourire charmant S'adresse au jeune homme, et lui donne Un soudain éhlouiseemeni.

Alors il joint les mains : — Je l'aims, Et pour moi le ciel est ici. — El, selon l'adorable thème, Marthe répond : — -Te t'aime aussi, —

— Bien! dit en surgissant la n Cher Paul, c'est ce que j'ai rèv Ce n'était pas une chimère Que 1g trésor... Tu l'as trouvé.

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