NE AU
Deux sergents dansant. . . Laherre, Favier.
Une Égyptienne chantant . M"« Hilaire.
Égyptien chantant .... Gaye.
Pantalon chantant .... Blondel.
Chœur de masques chantant :
Deux vieilles Fernon cadet, Legros.
Deux scaramonches. . . Estival, Gingan.
Deux pantalons Gingan cadet, Blondel.
Deux docteurs Rebel, Hédouin.
Deux paysans Langlais, Deschamps.
Sauvages dansant. . . . Paysan, Noblet, Jou-
BERT, LbSTANG.
Biscayens dansant. . . . Beauchamp, Favier,
Mayeu,Chicanneau.
Le costume que Molière portait dans Pûurceaugnac est décrit en ces termes dans son inventaire après décès :
« Une boite dans laquelle est un habit pour la représentation de Pourceaugnac,
8o Molière,
consistant en un haut-de-chausses de damas rouge garni de dentelles, un justaucorps de velours bleu garni d'or faux, un ceinturon à franges, des jarretières vertes, un chapeau gris garni d'une plume verte, l'écharpe de taffetas vert, une paire de gants, une jupe de taffetas vert garnie de dentelles et un manteau de taffetas noir'. »
Molière et sa troupe reçurent six mille livres pour la part qu'ils prirent à cette fête de Chambord, ainsi que l'attestent les extraits de comptes que je vais transcrire.
' 1669. — 9 novembre.
1670. — 25 janvier et 19 février.
GARDE de mon tréfor royal, payez comptant au tréforier des menus plaifirs et affaires de ma chambre, la fomme de fix mille deux cent foixantetrois livres huit fols, pour employer au payement de la dépenfe qui a été faite, tant pour la conftruction
z. Eud. SouLië, Rtehtrehes sur Molière, p. ay^.
de plufleurs cloifonnages de planches pour faire des logemens aux muûciens, danfeurs et comédiens que j'ai fait venir à Chambord, que pour les (mot illifible) qu& j*ai ordonnées au fleur Dumont, maître de la. mufique de ma chapelle.
Aux deux pages, deux chantres et cinq violons, fournitures de cire, habits de danfeurs et autres me-^ nues dépenfes faites pour 15 comédies qui ont été' repréfentées en ma préfence,. en mon château de Chambord; le tout fuivant Tétat qui en a été arrêté par mon couiin, le duc de Saint-Aignan, premier gentilhomme de ma chambre.
Fait à Saint-Germain-en-Laye, le 9 novembre 1 66g, Comptant au tréfor royal. Bon : Louis.
Et plus bas : Colbert.
Garde de mon tréfor royal, payez au tréforier des menus plaifirs et affaires de ma chambre, la fomme de trois mille livres, pour icelle délivrer à la troupe de mes comédiens du Palais-Royal, que je leur ai ordonnée pour le voyage et féjour qu'ils ont fait, par mon ordre, pour mon divertilTement en mon château de Chambord, l'année dernière, 1669.
Fait â Saint-Germain-en-Laye, le 25* janvier 1670.
Signé : Louis.
Et à côté est écrit : Comptant au tréfor royal.
Bon : Louis.
Et plus bas : Colbert.
84 Molière.
proposé de^donner à la Cour un divertissement qui fût composé de tous ceux que le théâtre peut fournir, et pour embrasser cette vaste idée et enchaîner ensemble tant de choses diverses. Sa Majesté a choisi pour sujet deux princes rivaux qui, dans le champêtre séjour de la vallée de Tempe, où Ton doit célébrer la fête des jeux Pythiens, régalent à Tenvi une jeune princesse et sa mère de toutes les galanteries dont ils se peuvent aviser. » L'ouvrage fut représenté à Saint-Germainen-Laye le 4 février 1670, sur un théâtre construit tout exprès par Vigarani, devant toute la cour. Ai-je besoin de dire que Mo-
rapports avec cet artiste. Lorsqu'en 1660, après la démolition du théâtre du Petit-Bourbon, notre poëte eut l'autorisation de s'installer dans la salle du Palais-Royal, construite par Richelieu, il demanda la permission d*y faire transporter les décors de la salle du Petit- Bourbon ; mais Vigarani s'y opposa, prétendant qu'il en avait besoin pour le Thé&tre des Machines construit aux Tuileries, se les fit délivrer et les brûla jusqu'au dernier, parce qu'ils avaient été faits par Torelli, dont il jalousait la réputation. (Tascbbrbav : Hist, it Mo- Itère, p. 10.)
lière et son royal collaborateur remportèrent un immense succès. La fête fut extrêmement brillante. Louis XIV y prit une part active, car dans le premier intermède il parut dans le rôle de Neptune et dans le sixième, qui porte le titre spécial de Fête des jeux Py^thiens, il représentait Apollon. Oh le voit, en février 1670, lé roi dansait encore dans les ballets représentés sur son théâtre. Est-ce donc sur une erreur qu'est fondée la tradition qui nous le montre comme abandonnant ce divertissement à la suite de ces quatre beaux vers de Britannicus, joué peu de temps avant ', et qu'il aurait pris pour une leçon :
Pour toute ambition, pour vertu singulière, Il excelle à conduire un char dans la carrière, A disputer des prix Indignes de ses mains, Â se donner lui-même en spectacle aux Romains...