Id., ih.f p
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mois de mai de la même année le document que je publie plus bas nous le montre demeurant rue de Richelieu.
Le 15 octobre t66;,il passe par-devant Ogier, notaire, un bail pour une maison située rue Saint-Thomas-du-Louvre".
Au mois de février 1671, il habite place du Palais-Royal, dans la rue Saint-Honoré* ; au mois de mars de l'année suivante, je le trouve encore rue Saint-Thomas-du-Louvre ', et enfin, le 26 juillet 1672, il prend à bail de René Baudelet, tailleur et valet de chambre ordinaire de la reine, la maison de la rue de Richelieu, où il mourut, comme on sait, le 17 février 1673 '*. On assure que cette maison est celle qui porte aujourd'hui le n" 42 î.
1662. — 19 mai et 17 juin.
L'an 1662, le 19 mai, environ l'heure de minuit^ eft venu en l'hôtel de nous, Pierre Lemufnier, commiffaire au Châtelet, meffire Simon Dupont, prêtre habitué à Saint-Roch, demeurant au cloître Saint- Roch, qui nous a dit qu'étant au logis du fieur Hulot, maître fculpteur, à Paris, fis rue de Richelieu, il auroit entendu plufieurs cris et la voix d'un homme qui difoit : « A mon fecours I on me tue ! un confefTeur ! au voleur! » Auquel bruit, il feroit forti avec ledit Jacques Hulot et Antoine Lefébure, bourgeois de Paris, et été vers la maifon du fieur Molière, qui eft de l'autre côté de la rue, au-devant de la porte duquel il auroit vu, étendu sur la place, un jeune homme qui demandoit du fecours et qui fembloit tirer à fa fin ; ce qui l'auroit obligé à lui demander s'il n'étoit pas repentant de fes fautes et s'il demandoit abfolution, à quoi ne pouvant répondre de paroles il lui auroit donné fa main et, lui étreignant la fienne^ lui auroit témoigné lui demander l'abfolution et être contrit. Au fujet de quoi, il lui auroit donné l'abfolution, et s'en feroit venu par-devers nous, pour nous requérir de nous tranfporter en ladite rue de Richelieu, où il l'avoit laiÀTé : fuivant lequel réquifitoire, nous, commififaire fufdit, nous fommes à l'inftant tranfporté, avec ledit fieur Dupont et Lefébure et le
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laquais ' du fieur Molière, en la rue de Richelieu, où étant arrivés devant la porte dudit (ieur Molière, avons trouvé le corps dudit jeune homme étendu fur la place, auprès duquel étoit un jeune homm^, ayant épée à fon côté qui nous a dit fe nommer Jofeph Jér^ton ^, comédien italien , et que ledit jeune homme trouvé mort étoit auili comédien italien et repréfentoit à la comédie le perfonnage du Capitan, et avoir appris fa mort par deux porteurs de chaifes, qui venoient du côté de la rue de Richelieu, où il feroit à Tinftant venu pour reconnoître fi la vérité étoit telle, nous prioit vouloir icelui faire tranfporter où il eft demeurant, rue des Boucheries-Saint-Honoré où pend pour enfeigpe l'image Saint-Maurice, où il auroit été à Tinflant fait tranfporter ; et là, après avoir été dépouillé, s'ed trouvé le jeune hooune avoir été percé de plufieurs coups tant d'armes à feu que 4'épées, particulièrement au-deflus de la cuifle gauche, au bas du petit ventre, et fur les deux bras et cuiiTes, lequel corps nous avons laiflé en la garde de Annibal Barbieri, pourvoyeur des comédiens italiens.
1. « Molière eut un valet qu'il avait sans doute ramené du Midi, comme le donnerait à penser son surnpmde Provençal; mais, s'itaot fatigué de ses distractions après s*en être amusé quelque temps, il le renvoya et n*en prit pas d'autre. » Ed. Fournier: le Roman de Molière, p. 124.
2. Giaratone ou Jératon jouait alors les petits rôles à la Comédie*Italîenne. Ce ne fut qu'en 167) qu'il prit la casaque et l'emploi
I de Pierrot.
principal locataire de la troiiième chambre du logis du fieur Morice, qui s'en eft chargé jufqu'à ce que autrement par M. le Lieutenant criminel en ait été ordonné. Comme auffî nous a été dit par ledit fieur Jofeph Jératon, que lorfqu'il étoît venu pour reconnoltre le corps de fondit camarade, il Tauroit fouillé et trouvé dans fes poches cinq écus blancs, une pièce de 1 5 fols, 17 pièces marquées et 4 doubles, avec deux lettres et un étui, où étoient un dfeau et une clef avec laquelle avons fait ouverture d'un coffret en forme de malle carrée, couvert de poil, dans lequel nous avons auflî trouvé la quantité de 42 écus blancs, 2 écus d'or, defquels nous nous fommes chargé pour les repréfenter quand et à qui il fera ordonné par juftice. Et à l'égard des 5 écus blancs, 17 fols marqués et 3 doubles ont été laiffés ainfl que deifus ès-mains dudit Jofeph, qui s'en eft auffi chargé. Comme ayfli tous et chacun fes habits ont été réunis dans ladite malle fur la ferrure de laquelle, après avoir été fermée, avons appofé notre fcellé et icelui baillé et laifTé en la garde dudit Annibal et Jératon qui s'en font chargés.
Signé : Dupont; Lefébure; Annibal Barbieri;
JO GlOSEPPE GlAKATONE.
Information faite par le commiffaire Lemufnier,
Du 17 juin 1662.
Jofeph Jératon, comédien italien, demeurant rue Jean-Saint-Denis, au logis d'un nommé Morlein,
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vinaigrier, paroiffe Saint-Germain-de-rAuxerrois , âgé de 22 ans ou environ, après ferment, dépofe que le 19* du mois de mai dernier, environ les neuf heures du foir, étant dans fa chambre qu'il occupe en la maifon du iieur Morice, lise rue des Boucheries, le valet du iieur François Manfac, comédien italien dit le Capitan, le feroit venu trouver de la part dudit Capitan et le prier de venir dans la grande place, vis-à-vis le Palais-Royal, où il i'attendoit. Auquel lieu, il fe feroit quelques infiants après tranfporté, et l'ayant trouvé avec la nommée Ikiademoifelle Catherine, nièce de Mademoifelle Duparc >, comédienne françoife, et fe feroit arrêté avec eux jufqu'à onze heures du foir; pendant lequel tems, ils furent enfemble boire de la bière au logis d'un vendeur de limonade^ fis au coin de la rue Fromenteau, d'où étant fortis ledit Capitan accompagna ladite demoifelle Catau jufqu'au logis de ladite Duparc, fa tante, ûs à rentrée de la rue Saint-Thomas-du-Louvre ; où étant, lui dépofant, fur le pas de ladite porte, en attendant que ledit Capitan fût forti du logis de ladite demoifelle Duparc
I. Marguerite-Thérèse de Gorle, femme de René Berthelot dit du Parc. Cette célèbre actrice faisait, ainsi que son mari, partie de la troupe que Molière amena de province à Paris, en 1658. L'année suivante, Mil* du Parc et son mari passèrent au théâtre du Marais, puis, en 1660, ils rentrèrent chez Molière. M^l« du Parc devint veuve en 1664 et, cédant aux suggestions de Racine, elle passa, en 1667, à l'Hôtel de Bourgogne, où elle créa Andromaque. Elle mourut l'année suivante, 1668, k peine âgée de 35 ans. (Jal, Dictionnaire, p. 9)6.)
où il étoit entré avec fa nièce, un particulier, haut de taille, qu'il ne peut reconnoître, pour être le tems fort obfcur, Taborda et en le regardant au nez feroit entré dans la cour du logis de ladite demoifelle Duparc, où l'auroit fuivi lui dépofant, pour favoir à qui il en vouloit, et, l'ayant aperçu dedans la cour, il s'en feroit retourné avertir ledit Capitan de s'en aller pour autant qu'il foupçonnoit que ce particulier qui étoit dans ladite cour, en vouloit à quelqu'un, joint qu'il rencontra fur le pas de ladite porte, un autre homme, petit de taille, armé d'épée, ayant un bouquet de plumes noires fur fon chapeau. Vit peu de tems après, le Capitan quitter la nièce de ladite Duparc, et fut joindre le dépofant, avec lequel, voulant s'en retourner en leur chambre, il fut étonné que celui qu'il avoit laifTé dans la cour du logis de ladite Duparc fortit et vint joindre, tant celui qui étoit fur le pas de la porte, que un autre qui étoit au milieu de la place, lefquels fuivirent tant lui dépofant que ledit Capitan, jufqu'à l'entrée de la rue de la Boucherie-Saint-Honoré, où le plus grand des trois s'approchant dudit Capitan, et le regardant au nez, l'obligea de lui demander à qui ils en vouloient. Fut étonné que pour réponfe, fe retirant d'un pas, dit en ces termes , parlant audit Capitan : « Ah 1 Je renie
Dieu! b de coquin, c'eft trop!» mit enfuite
l'épée nue à la main, et en auroit allongé deux coups dans la cuiffe gauche ; ce qu'étant reffenti par ledit
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Capiton, il auroit tiré un piftolet de poche. Ce que entendu, par lui dépofant, il fe feroit mis en défenfe contre ledit quidam, d'où n'ayant pu venir à bout, pour être le plus faible, il auroit fuivi ledit Capitan, qui s'enfuyoit du côté de la rue de Richelieu, et Tauroit joint et à lui dit qu'il eût à le fuivre du côté des Quinze-Vingts où, au lieu de venir, auroit continué de fuir par le haut de la rue de Richelieu où, peu de tems après, il auroit appris par deux porteurs de chaifes qu'il aurait rencontrés, ainfi qu'il frappoit à la porte du logis où il eft demeurant, rue des Boucheries, qui lui auroient dit que celui qu'il cherchoit étoit tombé dans la rue de Richelieu, et croyoient qu'il fût mort, où à l'inftant il fut avec le laquais de M. de Belfunce, qui avoit un flambeau à la main. Où étant et le trouvant, il auroit imploré notre fecours pour le faire tranfporter en la chambre de lui dépofant,'et où ledit Capitan demeuroit pareillement. A appris du depuis, que ceux qui l'avoient ainfî affafiiné étoient deux valets de pied de la Reine et un trompette du Roi.
Signé : Jo Gioseppe Giar atone.
État des sommes accordées à Molière et à sa troupe, pour les représentations par eux données aux fêtes de Versailles,
(Archives nationales, KK. 213.)
E toutes les fêtes que Louis XIV donna au château de Versailles, les plus magnifiques furent sans contredit celles du mois de mai 1664. Elles étaient en l'honneur de M"® de La Vallière et occupèrent sept journées remplies par des carrousels, des courses de tête, par Molière et sa troupe, par Lully et ses musiciens. Un temps radieux ajoutait
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encore de l'éclat à toutes ces splendeurs.
Voici le récit que la Ga:(ette nous a laissé de la première journée;
« Le 7 du mois de mai 1664 sur les 6 heures du soir , les reines s'étant placées sur le dais qu'on leur avait dressé au milieu d'une grande allée dans le petit parc du château de Versailles, ainsi que toutes les dames de la cour et autres personnes de qualité sur des échafauds aux environs, elles eurent le premier des divertissements que le Roi leur avait destinés, qui fut une course de bague en laquelle Sa Majesté était accompagnée de divers seigneurs qui représentaient autant de ces chevaliers qu'Alcine, fameuse magicienne, retenait auprès d'elle tant par les charmes de sa beauté que par ses enchantements. A la fin de cette course, qui se fit avec toute la pompe, la galanterie et l'adresse imaginables.
la nuit étant survenue, on découvrit une infinité de lumières suspendues à Tentour des palissades et en même temps une troupe de concertants qui devançaient les quatre Saisons avec quarante-huit personnes chargées de bassins de fruits en pyramides. Après lesquels il arriva une bande de concertants suivis d'une machine sur le haut de laquelle étaient Pan et Diane accompagnés de trente-six satyres portant aussi chacun un grand plat de viandes. Alors on aperçut une table de 72 pieds de long avec 42 couverts sur laquelle la suite de Pan et de Diane posa les plats et où Leurs Majestés prirent leur place, ayant à leurs côtés Monsieur, Madame et toutes les princesses et dames de la plus haute qualité'. »