NOTRE-DAME
A. Lepère, del. el sculr.
donner l'assurance, .et tous les dévots de Paris applaudiront à cette décision, “ont le premier effet sera de restituer à notre cité un de ses plus nobles aspects, déshoaoré à l'heure actuelle par la lugubre bâtisse. | Pendant des siècles, le service des coches d'eau ame-
nant à Paris voyageurs et marchandises, fut considérable. Quai de la Tournelle se trouvaient les ports d’em-
LA MONGUE VERS 1851 Meryon, del. el sculp.
barquement pour Melun, Sens, Auxerre, etc.; l'Almanach royal nous apprend que les départs avaient lieu
tous les jours, à sept heures du matin l'été, à huit heures du 1% octobre au 1° avril. Le coche voguait lentement, mais les prix étaient modiques ; ainsi, il n’en coûtait que 2 livres 10 sols pour aller à Fontainebleau. Vers sept heures du soir — après douze heures de voyage — on débarquait à Valvin, et de là, par la voiture publique, on gagnait la ville. Les berges de la Seine regorgeaient donc de gens affairés, pressés, traînant avec eux tout le brouhaha des départs et des arrivées. La première comrne la dernière impression d'art et de beauté offerte aux yeux des voyageurs, était ce merveilleux tableau : le chevet de Notre-Dame... défiguré depuis 1864 par l’adjonction sinistre de la None
Gette Morgue a toute une histoire : son nom dit sa raison d'être ; il provient d’un vieux mot français « morguer Re ‘est die regarder avec affectation, insistance. Au xvn° siècle, les « Catherinettes » (filles hospitalières vouées à sainte Catherine) se chargèrent d’abord de recueillir et d’ensevelir les cadavres trouvés dans la rue ou près de la rivière ». Plus tard, ce fut au Grand- Châtelet qu’on les déposa, pour les « morguer », donnant ainsi aux parents, aux amis, aux passants la libests de les venir reconnaître par le guichet d’une salle puante. Les badauds hantaient déjà ce triste lieu, et l'on S'y écrasa, le 40 mai 1741, devant une tête d'homme, cuite avec du gros lard et 1 sel, trouvée dans l'allée d’un faïencier, rue Saint-Martin! Sous la Révolution, on y transporta les CAEeS mutilés de Foulon et de Bertier, et,
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en 1827, l'assassin Ulbach se mêla à la foule pour contempler sur les dalles de la Morgue, le corps de sa victime, l’infortunée « bergère d’Ivry » (1).
En 1804 la Morgue fut transférée, par ordre de Napoléon I‘, du Châtelet au quai du Marché-Neuf, contre le pont Saint-Michel — près des bâtiments actuels de la Préfecture de police. Elle y resta jusqu’en 1864, c’est-à-dire jusqu’à l’époque où les grands travaux édilitaires qui bouleversèrent le quartier en rendirent le déplacement nécessaire. Pendant cette période nous relevons, en plus des quotidiens apports de noyés, de suicidés, d’assassinés et d’écrasés, les funèbres hécatombes des victimes d’émeutes si fréquentes au temps de Louis- Philippe. Le. 28 juillet 1830, le chiffre des morts qui
(1) « Au mois de novembre 1814, on trouve dans différents quar= tiers de Paris des débris de cadavres; réunis, ils sont éxposés à la Morgue. L'affaire fit tant de bruit que nous lisons dans les journaux -du temps : une affluence se porte depuis trois jours à la Morgue, où l'on voit exposés les membres mutilés de cet homme. Les hommes de la classe la plus distinguée et même des femmes élégantes sont venus; de brillants équipages étaient arrêtés devant la Morgue... Deux gendarmes en faction ne laissent entrer qu’un petit nombre de personnes. On prétend que ce matin des peintres ont été chargés de reproduire les traits de ce malheureux.
« On sut depuis que c’était un nommé Auguste Dautun, receveur de l'enregistrement, qui avait été assassiné par son frère, Charles Dautun, qui fut guillotiné en avril 1845.
« Mais ce fut bien pis lorsqu'on apprit qu’il y avait à la Morgue le corps de la belle écaillère, Louise Leroux, assassinée par son amant Montreuil. Tout Paris littéralement vint voir cette jeune fille, que sa beauté et sa fin déplorable rendaient doublement intéressante. » — Firmin Marzrar. Recherches sur la Morgue, pages 117 et 118.
n’était que de 3 la veille, monte à 18 et à 101 le lendemain, et le registre d'entrée porte cette indication sommaire : « Coups de feu » (1).
La Morgue actuelle fonctionne depuis 1864... PU la première fois nous y sommes entrés l'autre matin. Le