‹ Nouvelles promenades dans ParisChapitre 65 sur 75 · LA RUE TAILLE-PAIN · texte numérisé non relu

LA RUE TAILLE-PAIN

H. Stresser, phot.

resques sont fort impressionnantes, mais que désho-

norent des tares de tout genre.

Les amateurs de mondanités n’ont qu’à ouvrir les yeux et à déclancher leurs « objectifs », nous préférons pour notre part recueillir pieusement les coins de Paris qui tôt ou tard disparaîtront, victimes des « embellisse-

ments » modernes, et, dans cet ordre d'idées, un exemple, peut expliquer toute notre pensée. | | £

S'il s'agissait de composer une petite collection sur le Jardin des Plantes — ce délicieux et trop délaissé Jardin des Plantes, qui a conservé ce charme suranné destrès vieilles choses à leur déclin — il conviendrait, croyonsnous, de feuilleter d’abord les deux beaux volumes publiés par Curmer, qu’illustrèrent si joliment Ch. Jacque, Daubigny, Gavarni; il serait ensuite amusant de retrouver ce qui reste en 1908 du Jardin de 1842... puis dans une série d’ «instantanés » il serait bon de travailvailler d’après les fosses aux ours, les chèvres, Îles singes et ceux qui les regardent, l'éléphant tendant sa trompe insaliable aux petits pains d’une foulée idolâtre, l'hippopotame ronflant au soleil, le lion bâillant d’ennui derrière les barreaux de sa cage trop étroite. Il convien-

drait ensuite de photographier — à la pose — quelques

allées ombreuses telles qu’il s’en trouve du côté du Labyrinthe, avec d’exquises échappées sur le Jardin, entrevu à travers des branches de cèdres, et surtout:le délicieux rectangle de verdure appelé « la Fosse», situé entre la porte d'entrée sur la place Valhubert et la grande allée des marronniers.. Il y a là des iris, des rhubarbes, des nénufars, épanouis sous de grands saules pleureurs d’un charme infini.

Cette petite série devrait être complétée par quelques reproductions des rues avoisinantes, au charme provincial et vieillot : la rue Geoffroy-Saint-Hilaire (le matin)

— de l'angle de la rue Linné, en s’adossant contre le numéro À, curieuses vues de l’entrée du Muséum et de l'hôpital de la Pitié dont les noirs bâtiments se détachent sur le mur tapissé de lierre de la rue Geoffroy-Saint- ‘Hilaire (numéro 36, la maison de Buffon, encastrée dans

le Jardin des Plantes)—la rue Linné, la rue Guy-de-La-

Brosse sont à enregistrer, et aussi,

rue Cuvier, au numéro 47, la petite maison de Cuvier, ensevelie sous la verdure... que de choses encore!

Nos lecteurs auraient ainsi une série de vues pho-

tographiques qui

donneraient non seulement l’aspect, mais encore atmosphère,

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