‹ Nouvelles recherches sur les feux d'artificeChapitre 23 sur 35 · COMPOSITIONS A L* ALCOOL POUR CÉRÉMONIES FUNÈMES · texte numérisé non relu

COMPOSITIONS A L* ALCOOL POUR CÉRÉMONIES FUNÈMES

Flamme verte.

Vert de gris cristallisé ou acétate de cuivre 6 parties.

Sulfure de cuivre 2

Sel ammoniac (rauriate d'ammoniaque) 1

No 244.

Autre flamme verte.

Vert de gris cristallisé ou acétate de cuivre 1 partie.

Muriate de cuivre (hydrochlorate de cuivre) 1

No 242.

Flamme rouge à l'alcool ( muriate de strontiane baignant la mèche ).

Après avoir desséché et pulvérisé le muriate de strontiane, on se pressera de le mettre dans l'urne, en l'humectant avec de l'alcool. Si on le

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laissait en contact avec Pair atmosphérique, il absorberait de l'humidité et ne pourrait plus brûler.

Flamme pourpre a l'esprit de vin.

Cette flamme ne se compose que d'un seul ingrédient, de muriate (ou hydrochlorate de strontiane).

On réduit en poudre très-fine les ingrédients de chacune de ces trois compositions ; on les délaie avec de l'esprit-de-vin ; on en forme une bouillie claire, dont on imprègne de grosses mèches en coton , d'un diamètre proportionné à la capacité des urnes ou cassolettes dont on veut se servir. On met au milieu de chaque vase une espèce de bobèche ou bec en fer blanc qui sert à tenir une des extrémités des mèches un peu élevées au-dessus du liquide ; on verse dans chaque vase la quantité que l'on juge nécessaire pour la durée qu'on veut obtenir de ces compositions en bouillie.

Le muriate de strontiane doit être desséché avant de s'en servir. On se presse de le pulvériser et de le délayer avec de l'alcool, afin qu'il n'absorbe pas l'humidité de l'air, ce qui l'empêcherait de brûler.

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On n'emploie ces flammes que dans les cérémonies funèbres ; elles sont ternes et vagues. Les flammes vertes varient de nuance et passent alternativement d'une teinte jaunâtre à une teinte d'un beau vert, et offrent quelquefois un ton presque bleu.

La flamme pourpre présente aussi différentes nuances, tantôt orange et tantôt pourpre ou ponceau. Cette indécision de couleur et le ton sombre de ces flammes conviennent parfaitement pour les circonstances dans lesquelles on s'en sert; elles durent très-longtemps.

On trouvera peut-être que j'ai traité trop minutieusement certains détails, que les notices sur chaque substance, ainsi que les développements dans lesquels je suis entré sur la confection des pièces simples, sont remplis de redites ; j'avoue que c'est avec intention que j'ai commis ces fautes. Ayant à cœur de donner une idée précise des choses que je crois les plus essentielles, que je considère même comme les bases qui constituent à elles seules presque tout l'art des feux d'artifice, j'ai présenté mes descriptions sous différents aspects, pensant que c'était un moyen de me rendre plus intelligible; j'ai donc dû me répéter assez souvent. Je déclare, d'ailleurs, que j'écris pour les amateurs, et particulièrement pour les

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personnes qui n'ont aucune notion de la pyrotechnie ; par conséquent, mon principal but était de me faire comprendre.

Je vais maintenant aborder le chapitre des Pièces composées; je m'étendrai peu sur ce sujet; je me bornerai seulement à donner quelques exemples. Je pense qu'il vaut mieux laisser aux amateurs le soin de distribuer, d'arranger les pièces à leur fantaisie. Pour peu qu'on veuille s'ingénier, les idées se présenteront en foule, et on pourra même imaginer de nouveaux effets.

Soleils tournants.

Les soleils tournants sont formés par plusieurs jets (cartouches) placés horizontalement, de distance en distance, sur le cercle d'une roue, et communiquant entre eux par des mèches contenues dans des tubes ou conduits en papier, qui partent de la fin d'un premier cartouche et rejoignent le commencement d'un second ; de manière que, lorsqu'un cartouche a terminé son effet, le feu prend à un autre, et ainsi successivement jusqu'au dernier. Avant de placer les jets sur la roue, on les bonnette, c'est-à-dire que l'on roule sur le bout étranglé de chaque cartouche une bande de papier, qui doit faire à peu près deux révolutions

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et dépasser le bout du cartouche de 3 à 4 centimètres. On peut coller cette bande de papier ou l'assujettir simplement, en la liant avec du gros fil sur le bout du cartouche, de manière que le papier entre dans le vide de l'étranglement. Celte espèce de fourreau est destiné à recevoir le conduit qui renferme la mèche. Un bout de la mèche doit saillir et être à découvert à chaque extrémité du conduit. Avant de lier ou de coller la bande de papier, on amorce chaque cartouche, c'est-à-dire qu'on introduit un petit bout de mèche dans le trou du cartouche ; on assujettit ces petits bouts de mèche avec de la pâte d'amorce. Le conduit que l'on introduit dans le fourreau ou bonnet d'un cartouche doit avoir le bout de mèche qui est à nu recourbé , afin qu'il ne puisse pas rentrer dans le conduit et qu'il porte sur la mèche du trou du jet. On fronce le papier du bonnet sur le conduit, et on lie avec du gros fil.

On nomme les roues tournantes soleils, parce que, dans leur mouvement de rotation, elles produisent une auréole brillante, qui rappelle un peu l'aspect de l'astre qui nous éclaire. On fait ordinairement les soleils de 3, 4, 5 et 6 cartouches; on en fait qui n'ont qu'un seul cartouche. Ce dernier dure très-peu de temps , mais il produit un assez bel effet.

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Soleil à un cartouche. \

Je commencerai par indiquer la manière de faire cette espèce de soleil. Les cartouches de ces soleils doivent être plus longs que les jets ordinaires ; on leur donnerait a peu près 15 diamètres intérieurs. On les étrangle d'abord par un bout, on lie la gorge avec de la ficelle; on met un tampon de papier pour boucher le trou de l'étranglement ; on comprime ce papier en frappant plusieurs coups assez ferme sur la baguette à charger; puis on le charge avec du brillant ou du chinois. On ne le charge pas entièrement jus? qu'au bout; on laisse un petit espace pour placer un tampon de papier que Ton comprime, et aussi pour pouvoir l'étrangler; on lie la gorge de ce second bout comme on a fait pour le premier. On perce deux trous, un au commencement et l'autre à la fin du cartouche, sur les côtés. Ces trous sont percés précisément de la même manière et a la même place que les trous latéraux que Ton perce aux fusées de table. La grosseur du vilebrequin avec lequel on perce ces trous doit être des deux cinquièmes un peu forts du diamètre intérieur. On pourrait faire les trous un peu moins grands; mais en les faisant des deux cinquièmes un peu forts on est plus cer-

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tain que le cartouche ne crèvera pas. On perce au centre du cartouche un trou de la grosseur au moins d'un demi-diamètre; ce trou est destiné à recevoir l'axe sur lequel doit tourner verticalement le cartouche. On met dans ce petit trou un tuyau en fei*blanc ou en cuivre, qui doit entrer un peu de force. Ce bout de tuyau , dans lequel entre l'axe, facilite le mouvement de rotation en diminuant le frottement. Si on ne mettait pas de tuyau, la composition de l'intérieur du cartouche, qui est en contact avec l'axe , acquérant plus de volume en se dilatant par la chaleur, le serre souvent de manière à l'empêcher de tourner; c'est ce que j'ai éprouvé plusieurs fois. Il est donc indispensable de mettre un petit tube en métal dans le trou du centre. On fait communiquer les deux trous latéraux comme il est indiqué à l'article Fusées de table ou Artichauts. ( Voir Fusées de table, p. 324.) On fixe ce cartouche sur un bout de bois ou un poteau avec une vrille qui sert en même temps d'axe. Ces soleils d'un seul cartouche, par la rapidité de leur mouvement , produisent un très-joli effet, mais de peu de durée. On peut mettre, de distance en distance, dans la longueur du cartouche, sur la surface qui est en avant, des petits bouts de lances en feux colorés, ce qui formerait des cercles de différentes couleurs. On fixe ces bouts de lance avec de la colle-forte. Ils

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doivent être très-courts, afin de ne pas durer plus longtemps que le cartouche. On peut mettre deux de ces cartouches sur le même axe. Les trous latéraux sont disposés de manière à faire tourner ces deux cartouches dans un sens opposé, ce qui produit une espèce de guillocbé.

Soleil tournant à trois cartouches.

Les soleils tournants à trois cartouches, ordinairement, n'ont pas de cercle. On pose simplement un cartouche sur le bout de chaque rayon qui a une entaille pour le recevoir et un petit trou percé au-dessus de l'entaille, dans lequel on introduit un brin de fil de fer recuit qui sert à assujettir le cartouche. La seconde extrémité de chaque rayon doit être taraudée (faite en vis), afin de pouvoir être vissée solidement dans le moyeu. Les bouts du moyeu dans lequel doit entrer Taxe sont garnis chacun d'une plaque assez épaisse en cuivre, vissée solidement et percée bien au centre, vis-à-vis le trou du moyeu. Les trous de ces deux plaques doivent être un peu moins grands que celui du moyeu, afin que Taxe ne porte pas sur le bois et tourne plus facilement.

Les trois cartouches de ce soleil doivent être chargés avec trois compositions différentes. Par exemple, le premier cartouche en rayonnant ; le

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deuxième avec un mélange de moitié poussier et moitié grains bleus; le troisième en brillant.

Les jets chargés avec des grains doivent être à bouts coniques. (Voir l'article Cartouches à bout tonique, page 100.) L'emploi qu'on peut foire maintenant des grains dans les soleils tournant , grâce aux cartouches à bout conique, permettra de varier les jets presque à l'infini. On peut mettre tm jet en grains blancs, un en grains jaune clair, un en grains jaune aurore, un en grains bleus, un en grains lilas, en rose, en grains violets, en grains cramoisis, en grains ponceau, en grains pourpres, etc. Voilà plusieurs manières de varier les jets qu'on n'avait pas avant l'emploi de cartouches à bout conique. J'ai mis à la suite les unes des autres toutes ces compositions en grains de différentes couleurs; mais on les alternerait avec les compositions à étincelles. Ces dernières n'ont réellement que quatre variétés, et encore y eu a*t-îl dans ce nombre qui se ressemblent un peu; par exemple, le feu commun et le rayonnant produisent des effets, non pas identiques, mais cependant très-peu dissemblables. Le brillant et le chinois ont encore beaucoup d'analogie entre eux, et ne différent pas, à beaucoup près, autant que le blanc avec le rouge, le bleu avec le jaune, le violet avec le vert, etc. Toutefois, on obtient des effets plus agréables en

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entremêlant des cartouches chargés en compositions à étincelles, puis à grains. Il faut donc éviter de faire brûler sans interruption plusieurs jets chargés avec des grains, quoique de couleurs différentes; l'effet n'en est pas aussi agréable que lorsqu'ils sont alternés avec des jets chargés en rayonnants ou en brillants.

J'ai indiqué, au commencement de l'article 5oleil tournant, la manière de faire communiquer les jets entre eux; on procédera de la même manière pour tous les soleils à cartouche.

On placera ce soleil verticalement sur une pièce de bois ou poteau qui sera entré dans la terre et consolidé par trois ou quatre arcs-boutants, ou tenu par un patin. On mettra ce soleil à une hauteur de 3 mètres à 3 mètres 324 millimètres. Le moyeu de la roue ne devra pas être serré sur l'axe; il ne faudra cependant pas qu'il y ait trop de jeu; s'il ballottait, le soleil tournerait mal. On pratiquera un trou qui traversera l'épaisseur du poteau, dans lequel on fera entrer l'axe qui devra être taraudé (à vis) aux deux extrémités. Le bout de Taxe entré dans le poteau devra saillir derrière de 27 à 34 millimètres, afin de pouvoir y visser un écrou à oreilles. Il y aura sur l'axe, un peu en avant du poteau, une rotule ou renflement qui, lorsqu'on vissera l'écrou, portera sur le poteau et servira de poiut d'appui pour

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l'assujettir. Lorsqu'on aura placé le soleil sur son axe , on vissera sur le bout de cet axe , qui sera en avant, le second écrou , ce qui empêchera ce soleil de sortir de dessus son axe.

Soleil à six cartouches.

* Lorsque les soleils tournants sont composés

de plus de trois cartouches, on place les jets sur

le cercle d'une roue ; on peut cependant mettre

six cartouches sur une monture à trois branches.

(Voir le dessin d'une Monture à trois branches,

garnie de six cartouches , page 441 , fig. S. ) On

cloue sur ce cercle des taquets en bois , ayant

la forme d'un coin. Ces taquets élèvent la tête

des jets , et font décrire un plus grand cercle au

soleil.

On charge chaque jet avec une composition

différente.

Ailes de moulin.

Les ailes de moulin sont des espèces de roues formées par des tringles en bois de 2 à 3 mètres de long, que l'on perce au centre d'un trou carré, dans lequel on fait entrer, un peu serré, un moyeu que Ton enduit auparavant de colle-forte. Les cartouches sont placés à chaque extrémité des tringles,

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soit horizotMalemeottou inclinés; deux de ia même tringle, un <te chaque bout, prennent feu en même temps ; l'un pousse à gauche et l'autre à droite, ce qui donne l'impulsion dans un même sens. On onet toujours deux de ces tringles k ailes sur un même axe ; les jets sont placés de manière que la première tringle tourne dans un sens et la seconde dans un autre seras, ce qui produit un feu croisé.

Le seul avantage de cette espèce de soleil, c'est qu'on peut tracer différents dessins en lances produisant des feux colorés qui se croisent en tournant, et ne sont pas masqués comme dans les au- U?es roues qui tournent dans deux sens inverses. Les dessins que forment des rangs de lances tournés en S ressemblent à deux serpents qui courent l'un après l'autre.

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