‹ Nouvelles recherches sur les feux d'artificeChapitre 34 sur 35 · CONFECTION DES CARTOUCHES · texte numérisé non relu

CONFECTION DES CARTOUCHES

Les artificiers et quelques amateurs se servent de machines plus ou moins compliquées pour rouler et étrangler les cartouches. Je n'ai pas cru nécessaire d'en donner la description et les dessins , parce qu'il me semble préférable de se servir des méthodes les plus simples. Voilà celle qui m'a paru donner les meilleurs résultats. Lorsque le carton est coupé à la grandeur voulue, on a un baquet rempli d'eau, dans lequel on trempe entièrement chacune des bandes de carton, qu'on retire vivement, aBn qu'elles ne soient pas trop pénétrées par l'eau ; il faut cependant qu'elles soient souples; si elles ne l'étaient pas , il faudrait leur faire subir une nouvelle immersion. On les étend en les plaçant à plat sur des tringles en bois posées à terre, et espacées de 5 à 6 cen-

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timètres ; on les laisse égoutter et sécher un peu. Il faut que les deux surfaces paraissent sèches, afin que le papier de ces deux surfaces ne se déchire pas en roulant les cartouches. L'usage indiquera promptement le degré d'huniectation convenable. Lorsqu'on emploie les bandes de carton séchées au point voulu, on roule facilement, très-serrés, les cartouches avec les mains simplement; mais, en se servant de varlope, les cartouches sont encore plus serrés. On frotte avec du suif la baguette à rouler, afin de pouvoir la retirer facilement du cartouche. On enduit d'une couche de colle de farine ou d'amidon une des surfaces du carton , celle sur laquelle on pose la baguette à rouler. Je me suis servi de carton de pâte, avec lequel, par ce procédé, j'ai fait de très-bons cartouches, très-fermes, d'une plus grande dureté même que les cartouches ordinaires. On conçoit qu'on peut employer le même procédé avec le bon carton fait avec trois ou quatre feuilles de papier ; on pourrait alors donner un peu moins d'épaisseur aux cartouches. Cette méthode facilite beaucoup le travail. Avant que les cartouches soient entièrement secs, il est utile de faire entrer la baguette à rouler dans chaque cartouche, afin de leur redonner la forme cylindrique qu'ils auraient pu perdre en séchant. H arrive souvent que la baguette à rou-

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1er ne peut plus entrer dans les cartouches, par le rétrécissement qui s'est opéré en séchant. On se sert d'abord d'une baguette un. peu moins grosse ; puis, en mettant de la craie de Briançon dans le cartouche, et en la frottant avec une baguette entourée de linge, pour que les parois en soient bien imprégnées, on finit par entrer la baguette sur laquelle ont été roulés les cartouches. On étrangle les cartouches avant qu'ils ne soient entièrement secs, ce qui se fait facilement et sans beaucoup de fatigue, lorsqu'on opère dans de bonnes conditions , c'est-à-dire dans le moment opportun. Si les cartouches avaient trop séché et que le travail devint pénible, on roulerait les cartouches dans un linge mouillé, on les y laisserait deux ou trois heures, et, en les ta tant, on reconnaîtrait facilement s'ils sont assez souples pour pouvoir les étrangler. On peut d'ailleurs se dispenser d'étrangler les cartouches en les terrant, c'est-à-dire en comprimant fortement de la terre glaise à la hauteur d'un diamètre; on peut, si on veut, se servir de broche à tétine, comme on le fait pour les cartouches étranglés. Lorsque les cartouches sont chargés , on s'assure , en se servant d'un poinçon , que la terre n'obstrue pas la lumière du cartouche ; on gratte un peu avec la pointe du poinçon , jusqu'à ce qu'il tombe un peu de composition de l'intérieur du cartouche.

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On introduit deux petits brins de mèche dans la lumière , et on fait tenir ces bouts de mèche avec des petits morceaux de bois d'une forme conique. Cette manière de faire tenir les mèches est très -simple; le feu arrive promptement et avec certitude à la composition. Le terrage des cartouches peut être employé aussi bien pour les fusées volantes que pour les jets tournants ou fixes. On avait établi pour principe que la gorge ou la lumière des fusées volantes devait se dilater et s'agrandir pendant la combustion du cartouche, sous peine de détoner, mais c'était une erreur. L'autorité des anciens artificiers m'a fait pendant longtemps partager cette opinion; mais des expériences récentes, et répétées un grand nombre de fois, m'ont prouvé que les fusées volantes terrées montaient plus haut que les autres et ne crevaient pas plus souvent.

Saxons ou soleils à un seul cartouche.

Quoique les saxons ou soleils à un seul cartouche ne soient plus employés fréquemment, et que je n'en aie parlé que très-peu dans mon ouvrage, ces pièces, chargées de compositions convenables, produisent des effets que je ne voudrais pas voir perdus pour les amateurs d'artifice. Le défaut de cette pièce, c'est de durer très-peu

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de temps; mais on peut produire des ronds et des rosaces que nulle autre pièce d'artifice ne saurait rendre.

Enfin , en garnissant de trois ou six saxons l'intérieur d'une roue à laquelle on imprime une rotation très-vive, on obtient un effet surprenant. Quoiqu'il n'y ait en réalité que trois ou six saxons, on aperçoit une couronne non interrompue de ronds entrelacés d'un très-joli effet ; mais , pour le produire, il faut que les saxons soient chargés avec une composition très-vive.

Il est essentiel, pour produire un bon effet, que les deux extrémités des saxons prennent feu en même temps.

J'ai indiqué dans mon ouvrage la manière de faire les saxons avec un seul cartouche. Je crois devoir ajouter ici qu'il est bon de charger au milieu du cartouche un diamètre de terre glaise ou de terre de pipe. C'est une précaution pour éviter le forage à travers la composition, ce qui présente toujours quelque danger.

Je ne parierai pas des saxons à deux branches, parce qu'un seul cartouche , en le faisant un peu long, produit précisément le même effet que le saxon à deux branches, qui nécessite deux tenons et un moyeu. Voici la manière dont je confectionne cette pièce. Je roule sur une baguette de 21 à 27 millimètres de diamètre un cartouche

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auquel je donne 14 ou 15 diamètres de longueur. Le cartouche doit être fort et un peu épais (un demi-diamètre d'épaisseur). Avant de terrer, je perce les deux trous latéraux avec des petites tringles en fer qui ont au bout, dans une longueur d'un demi-diamètre seulement, la grosseur des trous qu'on veut pratiquer aux deux extrémités, plutôt cependant un peu plus bible que plus fort. Le reste de la tringle doit être d'un tiers plus gros et avoir une longueur de 33 centimètres. On met un manche en bois à cette tringle, afin de pouvoir la tenir facilement.

On a un réchaud dans lequel on a du charbon bien allumé; on met trois ou quatre tringles dans le réchaud, et, lorsqu'elles sont rouges, on perce les trous à la place où on les a marqués d'avance. Lorsque le cartouche est épais, il faut quelquefois deux et même jusqu'à trois tringles pour que le trou soit entièrement percé. C'est pour ne pas perdre trop de temps qu'il faut avoir plusieurs tringles, qu'on remet dans le réchaud lorsqu'elles ne sont plus rouges. On ne donne qu'un demidiamètre ou au phis deux tiers de diamètre au bout de la tringle avec laquelle on perce les trous, afin que l'espèce de portée qui fait la base de la pointe empêche la pointe d'entrer trop avant et d'endommager la paroi opposée du cartouche. Lorsque les trous sont percés, s'ils n'avaient pas

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l'ouverture voulue, on les agrandirait avec une lime queue de rat, en tâchant que les deux trous aient le même diamètre ; puis on fermerait un des bouts du cartouche en le terrant à la hauteur d'un diamètre. On roulerait à chaque extrémité du cartouche une bande de bon papier, de 54 millimètres de largeur, qui devrait faire à peu près trois révolutions et qu'on ferait tenir avec du fil. Ces bandes de papier empêchent la composition de sortir par les trous lorsqu'on charge le cartouche. Lorsque la composition que Ton charge arrive à la moitié moins un demi-diamètre, on met un diamètre de terre glaise que Ton charge fortement. On achève de charger la seconde moitié du cartouche avec la même sorte de composition avec laquelle on a chargé la première moitié; puis on terre la seconde extrémité du cartouche. On perce au milieu du cartouche, à la place qu'on a marquée d'avance, un trou d'une grandeur un peu surabondante; on entre un peu serré dans ce trou un petit bout de tube en cuivre ou en fer-blanc, dans lequel doit entrer Taxe sur lequel roulera le saxon. On ôte les deux bandes de papier, et on entre, en dégorgeant un peu les trous, un brin d'étoupille dont chaque extrémité est entrée dans chaque trou. On fait tenir cette mèche avec de la pâte d'amorce, puis on colle une bande de papier brouillard qui doit couvrir les deux trous et toute

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la longueur de la mèche. Un saxon qui ne produirait que des étincelles, quand même ce serait du brillant ou du chinois, ne ferait qu'un effet médiocre ; mais, en plaçant quatre ou cinq lances de différentes couleurs sur chaque moitié du saxon, on obtiendrait un effet charmant. Supposez la première lance, à partir d'un bout, chargée en violet , la première lance de l'autre bout serait également en violet, aûn de produire un cercle de la même couleur; la seconde lance, d'un bout, serait verte, de l'autre bout elle serait également verte; la troisième lance, d'un bout, serait rouge, de l'autre bout elle serait aussi rouge; là quatrième lance, d'un bout, serait bleue,' et du bout opposé elle serait également bleue. Ces lances devraient être courtes, afin de ne pas durer plus longtemps que le cartouche. On ferait un petit méplat sur le cartouche avec une râpe à bois sur les points où doivent être placées ces lances; on les fixerait en trempant dans de la colle-forte chaude et épaisse le bout culasse de chaque lance, qu'on poserait en appuyant sur Ja place qui lui est destinée. J'oubliais de dire qu'on amorcerait ces lances avec de la pâte d'amorce. Lorsque la colleforte serait sèche, on ferait communiquer ces lances comme j'indique de le faire pour les lances de décors, c'est-à-dire qu'on poserait un conduit garni d 'et ou pilles sur les quatre lances d'une

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des deux moitiés du saxon. On assujettirait ce conduit avec des épingles assez fortes , mais courtes, que l'on introduirait en perçant les deux parois du conduit. On entrerait ces épingles, qui, après avoir traversé les parois du conduit, se fixeraient dans la pâte d'amorce. On se servirait de pinces, avec le secours desquelles on aurait assez de force pour cette opération. On percerait en outre, à côté de l'épingle, avec un poinçon, un trou qui traverserait également les parois du conduit et entrerait un peu dans la pâte d'amorce. On assujettirait le conduit sur les lances en collant une petite bande de papier brouillard sur le haut de chaque lance, ce qui, en même temps, fermerait les ouvertures faites par l'épingle et le poinçon. Le feu serait communiqué à la première lance par un bout d'étoupille qui sortirait du papier brouillard qui couvre la longue mèche qui fait communiquer ensemble les deux trous latéraux du saxon. Cette mèche aurait été introduite sous le papier brouillard en déchirant un peu de papier, et en faisant croiser cette mèche, introduite d'à peu près 54 millimètres, sur celle qui règne dans toute la longueur du cartouche. On fait entrer la partie de cette mèche qui sort du papier brouillard , et qui doit être à nu , dans le conduit qui pose sur les lances. On s'assure que les deux bouts de mèche croisent l'un sur l'autre , et on colle du papier

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brouillard sur les jonctions. On procède précisément de même pour la seconde moitié du saxon. On met le feu à cette pièce en perçant avec une lance de service, au milieu du cartouche, le papier brouillard qui recouvre la mèche qui communique le feu aux deux trous latéraux.

Les compositions avec lesquelles on charge les saxons sont les mêmes que celles <ju on emploie pour charger les tourbillons (dits artichauts), soit brillants, soit chinois.

Étoiles fixes ou roses italiennes.

J'ai oublié de mentionner, dans mon ouvrage, celte pièce d'artifice, et cependant elle devient plus intéressante aujourd'hui qu'on n'est plus réduit à la seule couleur blanche , et que Ton peut figurer avec son aide, dans les pièces ou décors, des étoiles de toutes les couleurs.

On produit une étoile fixe en chargeant dans un cartouche en carton de la composition colorante comme celles avec lesquelles on fait les étoiles ordinaires. On donne un diamètre un peu fort aux cartouches (27 millimètres, par exemple), afin que les pointes de l'étoile paraissent plus distinctes. On perce, à un diamètre de distance du bout, cinq trous parfaitement compas-

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ses sur la circonférence du cartouche; ces trous doivent avoir un tiers du diamètre de celui de l'intérieur du cartouche. On emploie pour percer ces trous le même procédé que j'indique pour percer les trous des saxons, c'est-à-dire des tringles en fer que Ton fait rougir. (Voir p. 602, à l'article Saxons.)

Les compositions colorantes produisent une flamme très-pénétrante, qui agrandit promptement les trous, ce qui fait disparaître la forme de l'étoile. On remédie complètement à cet inconvénient en se servant de vieux canons de fusils de munition ou de tôle que Ton ferait braser ou souder a la soudure forte. On pratiquerait également cinq trous sur la circonférence de ce tube en fer, à un diamètre de distance du bout ; on chargerait de terre glaise un diamètre de hauteur que l'on comprimerait fortement, ce qui fermerait le bout du tube. Il faut prendre garde que la terre ne couvre les trous.

Comme on ne peut pas toujours se procurer des tubes en fer, particulièrement a la campagne, je propose, pour rendre le carton moins combustible, d'employer le moyen suivant. On humecterait, comme je l'indique plus haut, les bandes de carton en les trempant dans Feau; on les épongerait pour ôter l'eau qui surnage à la surface de ces bandes, et, pendant qu'elles seraient

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encore toutes mouillées, on donnerait une couche de colle-forte un peu claire et très-chaude , sur une surface du carton. On aurait, dans un petit tamis de soie, de la terre glaise pulvérisée, et on en couvrirait toute la surface du carton d'une couche légère; on retournerait la bande de carton, on donnerait sur la seconde surface de ce carton une couche de colle-forte, et on saupoudrerait avec de la terre glaise comme on a fait pour la première surface. On roulerait ce carton ainsi préparé, lorsqu'il serait un peu sec, sans avoir perdu cependant entièrement sa souplesse. On frotterait avec du suif la baguette à rouler ; on donnerait une couche de colle de farine sur une surface , et on serrerait le plus possible le cartouche avec la varloppe. Ces carlouches, lorsqu'ils sont secs, sont très-fermes et presque incombustibles.

Lorsqu'on aurait percé les trous, comme j'indique de le faire, avec les tringles en fer que l'on fait rougir, on fermerait le cartouche en comprimant fortement de la terre glaise sur un, diamètre de hauteur; on envelopperait avec une bande de papier de 54 millimètres de large, et assez longue pour faire au moins deux révolutions, la circonférence du cartouche où sont percés les trous. On ferait tenir cette bande de papier avec du gros fil. Cette bande de papier

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sert à empêcher la composition de sortir par les trous lorsqu'on charge le cartouche. On comprime modérément la composition colorante, qui , si on frappait trop fort, pourrait détoner ou s'enflammer. La charge en feu coloré ne doit pas s'élever à plus de 2 diamètres de hauteur dans le cartouche. On mettrait sur 2 diamètres de feu coloré 1 diamètre de terre glaise que Ton comprimerait. Comme les trous sont remplis de composition, il est inutile d'introduire dedans des bouts de mèche. On ôte le [papier qui couvrait les trous, et on applique sur ces trous deux rangs de mèches que l'on fait tenir avec du fil ; on chemise ces cartouches , comme on le fait pour les autres tubes. On y met le feu par un bout de mèche qui sort de la chemise, et qui part des deux rangs de mèches qui couvrent les trous.

Je n'indique pas les compositions avec lesquelles on peut charger ces cartouches ; on trou* vera parmi les nombreuses formules de feux colorés qui sont dans mon ouvrage des compositions variées. On n'aura qu'à choisir.

J'avais eu l'intention de donner la description d'une bombe à parachute, mais j'ai réfléchi qife cette pièce ne produisait pas beaucoup plus d'effet que la fusée à parachute, et qu'elle était plus dispendieuse et plus difficile à confectionner. Les

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«Ifi DES FEUX

grosses bombes peuvent, il est vrai, lancer plusieurs flammes à parachute. Supposez qu'elles puissent en lancer une dizaine; la confection de dix fusées à parachute ne prendrait pas plus de temps et ne reviendrait pas plus cher qu'une bombe qui aurait dix flammes à parachute. On pourrait les lancer ensemble en se serrant de fusées à flèche (baguettes courtes avec trois ailes). Il ne serait pas difficile de faire un tire-fusées qui en lancerait un plus grand nombre à la fois. J'ai donné la description d'un tire-fusées qui remplirait parfaitement ce but; il s'agirait seulement de donner une largeur convenable à l'appareil. On peut beaucoup varier l'effet des flammes à parachute. On peut en mettre de toutes les couleurs, et ces flammes peuvent changer deux ou trois fois de nuances pendant la durée de la flamme ; mais lorsqu'on en lance plusieurs à la fois, comme elles sont chacune de couleur différente, le changement de nuance qui s'opérerait pendant la combustion de la flamme ne serait pas remarqué. Un effet nouveau , et qui attirefait l'attention, ce serait de mettre au fond du tube, avant de comprimer la flamme, un petit champignon chargé avec du poussier. Ce champignon serait percé d'un trou du centre duquel sortirait un brin de mèche qu'on rabattrait sur la surface du champignon. On mettrait des

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D ARTIFICE. Clo

petites étoiles de 9 millimètres de diamètre, à peu près la hauteur d'un demi-diamètre du tube. On verserait dessus un peu de flamboyure (de la composition que j'indique pour bombette) ; on mettrait une petite rondelle de carton qui aurait au milieu un trou de 3 millimètres, et on chargerait la flamme dessus en la comprimant comme on le fait ordinairement. La flamme, si elle était violette, lancerait des étoiles vertes; si elle était bleue, elle lancerait des étoiles rouges, etc. Comme reflet ne se produirait qu'a la fin, quoique les étoiles soient petites, on les verrait encore très-bien.

Pendant qu'on imprimait cette seconde édition, j'ai encore fait quelques essais. J'ai trouvé des jaunes dont je mets ci-dessous les formules, ainsi que d'autres compositions.

Jaune très-beau, hygrométrique, pour lances.

Chlorate de soude 5 parties.

Gomme gutte 1

Il revient à 9 fr. 34 c. le demi-kilogramme. On peut en faire des étoiles; mais elles sèchent difficilement et ne se conservent pas longtemps.

Jaune un peu moins hygrométrique.

Perchlorate de soude 5 parties.

Gomme gutte 1

Il revient à 1 i fr. 84 c. le demi-kilogramme.

Ces jaunes sont d'une grande beauté; mais ils ne peuvent être employés que l'été, par un temps sec.

Je me sers comme divisant de gomme gutte. Cet ingrédient est d'un prix assez élevé (16 fr. le demi-kilogramme) ; mais j'ai reconnu qu'il était bien supérieur aux autres substances résineuses. Il donne une teinte moins rougeâtre et beaucoup plus fraîche.

No 246.

Autre jaune non hygrométrique, très beau, mais ayaut moins d'éclat que ceux au chlorate de soude.

Oxalate de soude 36

Chlorate de baryte 24

Gomme gutte . • : , . . 24

Il revient à 7 fr. 40 c. le demi-kilogramme.

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No 247.

Jaunes moins beaux, mais moins chers.

Chlorate de potasse 60 parties.

Oxalate de soude 21

Gomme gutte 12

Jaune plus foncé.

Chlorate de potasse. 24 parties.

Oxalate de soude. . • 12

Gomme gutte 6

Composition pour fusées volantes de tout calibre.

Poussier de poudre de guerre. . . 16 parties.

Charbon de peuplier fin et moyen . 5

Soufre pilé 2

Autre composition pour fusées volantes de tout calibre.

Poussier de tonneau. . ....... 16 parties.

Charbon de peuplier 4

Soufre 1

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Pour ces deux compositions» il faut un massif d'un et demi.

Autre composition au salpêtre.

Salpêtre 36 parties.

Charbon de peuplier 18

Soufre 15

Le massif avec cette composition ne doit avoir qu'un quart.

Feu commun, pour tourbillon de 22 millimètres de diamètre.

Poussier de tonneau 20 parties.

Charbon de peuplier 4

No 253.

Feu chinois, pour tourbillon de 22 millimètres de diamètre.

Salpêtre 32 parties.

Poussier de poudre 32

Charbon de peuplier, n08 1 et 2. 6

Soufre. . 4

Fonte, n* 1, 2, 3 8

Grosse filière de Lyon 5

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Ces compositions sont toutes arrangées pour une lumière d'un quart de diamètre intérieur du tourbillon. Si on faisait les trous plus grands, les tourbillons ne monteraient pas.

Composition pour gerbes.

Poussier de tonneau 8 parties.

Porcelaine en poudre impalpable. 1

Autre composition pour gerbes

Poussier de poudre de guerre. . 8 parties. Porcelaine en poudre impalpable. 3

Papier pour remplacer la corde à feu, lorsqu'on manque de corde à feu.

On peut y suppléer par un moyen simple et prompt. On trempe des feuilles de papier sans colle dans une solution concentrée de nitrate de plomb. On étend ces feuilles, et, lorsqu'elles sont sèches, on les roule sur elles-mêmes le plus serré possible. On colle le bord , afin que ce cylindre ne se déroule pas. On donnerait à ces rouleaux en papier 1 centimètre de diamètre et une lon-

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€18 DES FEUX d'àRTIFICE. \\s

gueur de 25 centimètres , plus ou moins. Ces espèces de garde-feu brûlent lentement et ont, au bout auquel on a mis le Feu, un charbon rouge et pointu de 2 centimètres de longueur.

Dextrine.

La colle faite avec la dextrine a beaucoup plus de force que celle faite avec de la farine.

J'avais oublié de dire qu'on la fait à froid. On la délaie avec de l'eau simplement, qu'on verse peu à peu sur la dextrine, afin de ne pas former de grumeaux; on la fait ordinairement un peu épaisse. Si on veut qu'elle moisisse moins vite, on y met un peu d'alcool. Cette colle est trèsbonne pour beaucoup d'usages; cependant elle ne conviendrait pas pour coller les cartouches en plein; elle adhérerait, et on déchirerait le car* touche en voulant le rouler.

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