‹ Nouvelles recherches sur les propriétés physiques, chimiques et minérales des eaux de ChateldonChapitre 17 sur 30 · CONSIDERATIONS GÉNÉRALES · texte numérisé non relu

CONSIDERATIONS GÉNÉRALES

Si les eaux minérales jouissent, de nos jours, d'une plus grande vogue qu'autrefois, ce n'est pas seulement une affaire de mode, mais bien parce qu'elles ont des propriétés qu'on ne saurait révoquer en doute, et qu'elles sont très souvent un moyen assuré de rétablir la santé, lorsqu'on les administre avec sagesse, discernement et prudence.

C'est principalement clans les maladies chroniques qui exigent de la part du médecin beaucoup plus de sagacité et de lumières que les maladies aiguës , que l'on fait usage des eaux minérales. Les efforts de la nature dans ces maladies sont presque toujours insuffisants pour la faire sortir victorieuse du combat : elle a besoin de secours, mais ils doivent être proportionnés à la force du mal, à sa nature, à son opiniâtreté et à sa résistance.

On divise les eaux minérales en deux grandes classes; celles qui sont thermales ou chaudes et celles qui sont froides. Les premières, plus actives, plus pénétrantes, douées souvent d'une très grande chaleur, conviennent mieux dans les grandes maladies ; elles font des impressions plus vives ; elles remuent la machine plus puissamment que celles qui sont froides. Les effets qu'elles produisent sont plus ou moins prompts , plus ou moins actifs , relativement à la qualité et à la quantité de leurs principes minéraux et au degré de chaleur qui les accompagne.

Les eaux minérales froides ont des propriétés différentes, relatives aux substances minérales qui les caractérisent : elles sont salines, acidulés, ferrugineuses, et leur activité dépend, ordinairement, du plus ou moins de substances qu'elles contiennent et de la façon dont elles y sont combinées.

En général , on les emploie dans tous les cas où les solides ont perdu leur ressort ordinaire ; elles favorisent

les sécrétions, donnent du ton à l'estomac, facilitent les digestions, rétablissent les mouvements désordonnés du système nerveux et en arrêtent les spasmes. Elles conviennent dans les maladies des reins et dans celles de la vessie : elles ne font pas des impressions si vives sur les solides, ni sur les fluides que les eaux thermales, et, c'est par cette raison qu'on les préfère souvent à ces dernières qu'on ne doit jamais prendre qu'avec les plus grandes précautions, et après un examen suivi et raisonné, tant sur les substances qui les constituent et qui les minéralisent, que sur leur façon d'agir qui mérite la plus grande attention de la part de ceux qui en font usage et de ceux qui les prescrivent.

Les eaux minérales n'agissent-elles qu'en vertu de la propriété qu'elles ont d'être excitantes, et ne doit-on attribuer les effets salutaires qu'elles produisent qu'à la puissance de la révulsion ? Dans l'état actuel de la science, regarder cette propriété des eaux minérales comme unique, c'est, suivant nous, vouloir renfermer leur action dans des bornes trop étroites.

En effet, les liquides étant doués de vitalité et susceptibles , par conséquent , d'éprouver des altérations primitives, les principes qui constituent les eaux minérales, ayant une action directe sur eux , peuvent donc , en les ramenant à leur état normal, être la cause de la guérison de beaucoup de maladies : vouloir nier l'influence de cette cause, ce serait se refuser à l'évidence.

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