‹ Nouvelles rêveries [microforme] (volume 2)Chapitre 8 sur 9 · A M. BENJAMIN SULTE · texte numérisé non relu

A M. BENJAMIN SULTE

Automne, il te faut comme au génie à l’étroit,

Les monts, l’azur, cans quoi tu glisses dans la fange; Il faut le hêtre ainsi qu'un sceptre aux mains d’un roi, Et la feuille morte à ton diadème étrange.

L'été folâtre rit, mais la pensée en toi

Berce ses rêves las de ce qui passe et change; Ta mélancolie est l’harmonieuse loi

De ces temps courbés sous la guerrière phalange.

Tes feuilles font de leur essaim silencieux, Des chemins d’or montant sous un ciel radieux Jusqu’à l’âpre sommet des monts mélancoliques:

Dans la plaine aux chants doux, aux pommiers antiques, La feuille tombant fait aux fruits morts un linceul, Et l’arbre éploré seul demeure, sombre aïeul.

Dans les Montagnes de St-Bruno. (1916)

Alux Canadiens-français d’Ontario

À la mé ire de feu l'honorable F.-D, Monx

En vain sur ton destin se ruent toutes les rages, Ta force est dans ta foi que rien ne peut ternir ; Le héros est un socle où s’érigent les âges,

Son nom qu’on y grave est le nom de l'avenir.

Les siècles, des grands morts, honorent les outrages, La croix est un sceptre et le tombeau d’un martyr Est le berceau d’un peuple où comme les Rois Mages, S’agenouillent et prient les âges à venir.

Plus fort que le canon, plus haut que le tonnerre, L'idéal, au-delà de l’azur a son aire, Mon frère, reste fort, devant l'autel du mal,

La douleur n’émeut pas un profond idéal; Comme la foudre qui ravage tout sous elle, Ne laisse qu’un frisson sous la voûte éternelle!

CRRERENnNEnnn

Monts Laurentiens

A Madame C. J.

Monts de pourpre et d'azur, piliers où le soleil Dépose le soir son manteau d'or et vermeil,

Je monte vers vous quand les affronts et l’outrage Remplissent mon esprit d’amertume et d'orage.

Votre Zéphyr à l’eau de Jouvence pareil,

Berce mon âme en un mystérieux sommeil.

De l’ombre et des rayons le mobile mirage

Est comme un feu de rampe au milieu du ramage.

Sourd ainsi que vos fleurs <-— + -sines raisons, Je n’entends que vos vo. j. .atends que vos sons; Et j'écoute ravi l’accent de votre langue.

Dont la mélodieuse et sublime harangue Proclame à mon vouloir l’enviable destin:

Celui qu’on monte ainsi que votre haut chemin.

Du calme de nos bois

La romance de nos bois

A Mme F.-X. BeRrTarauue

j'ai gardé souvenance

L'âme accablée y trouve un asile béni F La vie ou :a mort, ce qui pleure ou ce qui rit,

Tout sans amert

ume y traverse l'existence.

Je vais au bois rêver aux souvenirs d'enfance,

Revoir les fleurs,

le hêtre et la source qui fuit,

Les gerbes de rayons, harpe d’or qui reluit, Sous la feuillée où la Muse ébauche une stance!

Je contemple son Scandant l'heure Et la cadence du

geur la vague au bord du lac, éternelle au cadran de la plage, romantique et vieux bac

Entraîne ma pensée au cours lointain de l’âge ; Puis quand la forêt prend le deuil du jour mourant, L’orchestre continue en apaisant son chant.

Juin 1916.

Viauville, 1916.

George-Étienne Cartier

À M. Case Héserr

La simplicité qui marque toute grande âme, Se réflète sur ton monument, Ô Cartier

Que fait revivre l’art, c2 divin ouvrier Burinant les héros sous l’immortelle flamme.

Ton geste, ton maintien sont ta seule oriflamme, Le seul message que nous semble déplier

Ton bras ferme et tendu, c’est le message altier

Du plus noble idéal dont un peuple s’enflamme.

Au pied du Mont Royal, tu nous parles encore, Aux grands jours de fête et de ralliement sonore: Le respect du droit fut ton seul commandement.

Parfois je crois entendre en un pieux moment, : Nouveau Moïse au bas de la Montagne fière, Tomber l’austère loi de tes lèvres de pierre.

Sd rc HG Gage 6

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