KOP . CAAwNlNA. Tête de Saloninc; dans le champ, un B
Rf. CTPA .MGNANAPO. A'l’exergue, AnOAAtoNiA; dans le champ, TwN. Jupiter Nicéphore assis. Æ. 9. '(Mus. Brit.J
Le médaillon n° 22 m’a été apporté dans les environs de Datas; et l’on a vu plus haut que la pièce n° H, avec le même nom de magistrat, avait été également trouvée près de Datas. La médaille n° 23 appartient à la même ville et a été frappée sous le même magistrat ; elle offre en outre une particularité, qui se remarque sur les monnaies de Tabæ, c’est la présence de la lettre solitaire B dans le champ de la médaille; l’on sait qu’Apollonia-Salbacé était située dans la proximité de Tabæ.
Nous nous sommes attaché surtout aux médailles qui portent des noms de magistrats; il en existe d'autres à la simple légende AnOAAQNIATON , qui appartiennent également à Apollonia de Carie, et dont les types sont semblables à ceux que nous avons décrits. Quelques-unes pourraient être attribuées à Apollonia près Pergame, parce que leurs types conviennent également à toute ville de l’Asic-Mineure. Mais comme il serait impossible d’établir une règle pour leur classification, il vaut mieux les laisser toutes à Apollonia de Carie, qui a certainement été une ville beaucoup plus importante.
APOI.I.OMA-MORDI.EUM,
On a vu dans la première partie de cet article que Slrabon, Ptoiémée et Étienne de Byzance s’accordent à placer en Pisidie une ville d’ Apollonia. La découverte de son emplace- • ment à Oloubourlou est due à M. Arundell ; celte petite ville est située entre Apamea-Cibotus et Antioche de Pisidie, sur les frontières de celle province et de la Phrygie, et à cinq du six heures de marche d’Apamea. Ceci s’accorde parfaitement avec l’itinéraire de la table de Peutinger, qui donne les distances suivantes :
Apamea XXIII. M.P. Apollonia XLV. Antiochia Pisidiæ.
M. Arundell releva à Oloubourlou plusieurs décrets du peuple A ttoXXwvcïtcov Aum'wv epaxüi/ KeXwvûjy , désignation qui nous apprend qu’Apollonia de Pisidie était une colonie de Lycicns, originaires de Thrace. Il paraît d’abord singulier de voir dans une peuplade lycicnnc une colonie de la Thrace ; mais, selon Pline ( lib. v, 27), les habitants de la Milyade étaient d’origine thrace , Milyœ Tkracum soboles. Les eolonistes d’ApolIonia étaient donc des Milyens, et ils ont voulu rappeler sur leurs médailles leur patrie première, tout comme les habitants de Synnada s’intitulent Doriens et Ioniens. Ce môme passage de Pline éclaircit un point obscur dans l’histoire de la campagne d’Alexandre en Lycie.
Arrien (lib. i, 26) raconte qu’en quittant Phasélis, le conquérant macédonien partagea son armée en deux divisions, dont l’une, sous ses ordres, longea la côte au pied du mont Climax, tandis que l’autre prit la route des montagnes pour déboucher en Pamphylie. Celte seconde division avait pour guides des Thraces. Les commentateurs d’ Arrien ont été embarrassés d’expliquer la présence de Thraces en Lycie. Mais les montagnes par où devaient passer les troupes d’Alexandre confinent à la Milyade, et dès-lors rien de plus naturel que des guides milyens. De plus, leur origine européenne devait les rendre favorables aux Macédoniens, et explique pourquoi ces peuplades, d’ailleurs si jalouses de leur indépendance , ne cherchèrent pas à arrêter la marche de l’armée, comme l’avaient fait en plusieurs occasions leurs voisins les Lyciens.
Outre les deux inscriptions d’Apollonia, rapportées dans le Corpus (n0‘ 3969, 3970), je trouve dans un décret du peuple d’Antioche de Pisidie (Ibid., n" 281 1, b. p. 1 1 13) un certain Ménandre qualifié de j3o'j?.nrrr,ç AjroMwviatTwv AoxtWv Qpocxüv-.
Il existe entre Apaméa-Cibotus et Apollonia, à peu près à égale distance des deux villes, un grand marais sur un plateau élevé, dont les eaux alimentent la source du Méandre. Ce plateau formait probablement la séparation entre les territoires des deux villes, car à peu de distance les eaux commencent à couler vers l’orient au lieu de l'occident, et tombent dans une petite rivière qui, après avoir passé près d’Apollonia, va se jeter dans le lac A'Egherdir. La source du Méandre était donc peu éloignée d’ Apollonia, et marquait peut-être la limite de son territoire. Cette circonstance m’autorise à placer ici la médaille suivante, attribuée jusqu'à présent à Apollonia de Carie, ville dont la position sur le Méandre n’était que le résultat d'une conjecture.