‹ NumismaticaChapitre 14 sur 326 · AYT. KAI TPAIANOC AEKIOC. Tète radiée de Trajan Dèce · texte numérisé non relu

AYT. KAI TPAIANOC AEKIOC. Tète radiée de Trajan Dèce

R[. K.IBYPATGN. La corbeille dans un temple distyle à colonnes torses. Æ. 6 1/2. (Planche ni, 2.)

La position de la ville de Cibyra a été déterminée en 1842 par les voyageurs anglais Spratt et Forbes; le nom du village voisin est Horzoum. Plusieurs inscriptions contenant 1e nom de la ville ne laissent aucun doute àce sujet. Les ruines sont très considérables et justifient complètement les passages des auteurs anciens, qui rendent témoignage à l’importance et à la puissance de Cibyra. Cette ville n’est pas, à proprement parler, phrygienne ; la masse de ses habitants était d’origine pisidienne. Elle était la capitale d’une tétrapole indépendante dans le district de Cabalis; les trois autres membres de la confédération étaient Balbura, Bubon et OEnoanda. Vers la fin de la république, les Romains, sous Muréna , après avoir défait Moagète, le roi de cette petite province, la partagèrent en deux portions; Cibyra fut annexée à la Phrygie, les autres villes à la Lycie.

Le n° 1 est de fabrique ancienne, de l’époque des rois de Pcrgame.

La plus ancienne monnaie impériale de Cibyra publiée est d’Hadrien ; la jolie pièce, n° 3, nous donne à la fois un empereur et un magistrat nouveaux. Le n" 6 ajoute un autre empereur à la série; c’est aussi la première pièce fédérale de Cibyra.

La question de l’ère à laquelle il faut rapporter les dates qu’on lit sur quelques-unes de ces médailles a été discutée par Eckhel ( III , p. 144). Ce savant démontre qu’elle commence avec l’an de Rome 776, époque à laquelle Cibyra fut , détruite par un tremblement de terre, et obtint en consé-

quence de l’empereur Tibère l’exemption du tribut pendant trois ans.

J’ai décrit et fait graver la médaille n" 5, qui se trouve déjà dans Mionnct , sauf quelques légères différences (iv, n” 394) , à cause de la corbeille posée sur la tète de la déesse. Cet emblème se retrouve fréquemment sur les monnaies de Cibyra, tantôt comme type principal (n” 4), tantôt comme type accessoire ( n°* 5 , 6 , 7 ) ; il peut s’expliquer de plusieurs manières. M. de Longpérier pense qu’il fait allusion au nom de la ville, qu’il faut y voir des armes parlantes. En effet, il y a un mot grec, Kl/3i<n; , dont on trouve d’autres formes, Kifivaiç, K'jfiiaiç , Kifhfix, et qui est rendu, tantôt par corbeille , tantôt par besace, par les différents scholiastes. La grande autorité de ce savant donne beaucoup de poids à celte interprétation. M. Cavédoni y a vu la corbeille de Proserpine. Enfin, je hasarderai une troisième explication : ne serait-ce pas un Kavesv, nom qu’on donnait à la corbeille dans laquelle on portait les objets sacrés dans les processions en honneur de Gérés? Le culte de cette déesse devait être en honneur dans une cité , située au milieu d’un territoire d'une fertilité remarquable.

CIDRAMUS.

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