‹ NumismaticaChapitre 21 sur 326 · ÜTA. C€. . HPA. CG. Tète d'Otacilia · texte numérisé non relu

ÜTA. C€. . HPA. CG. Tète d'Otacilia

Rf. AAOAIR€nN. N€QRO. Némésis ailée debout; sur son bras gauche, une palme; à ses pieds, une roue. Æ. 6.

L’alliance de Laodicéc avec Nicomédie n’est point nouvelle. Mionnet (il, n° 333) donne à tort à la ville de Nicomédie une médaille de Commode, avec la même légende que la mienne.

L'épithète Aaet; donnée à Jupiter sur les médailles n°' 1 et 3, est fort intéressante; voici textuellement une note que M. de Longpériera eu l’obligeance de me communiquer à ce sujet : « 11 se pourrait que Jupiter fût pris ici pour le patron de l’Asie; dans cette acception, Zeùs 'Âauç serait pour Zcùî Àdi xnziç. Il faut se rappeler qu’Æscbyle emploie Àal; pour À(rt* en plusieurs endroits. (Pers. 270, 763. Suppl. 347.) Cette interprétation semble corroborée par l’existence d’une A0tfvï! Àffia, que cite Pausanias (III, 24, 7). Quand on se rappelle que Minerve, manifestation de Jupiter, n’est que la forme féminine de ce dieu ( Tanat, féminin de Tan) , on comprend toute l’importance de ce passage du voyageur grec : Âfhovav An'» tiuwtftv oi KoXyei. Pour venir de Colchide en

Laconie, le culte de Minerve Asia avait dù traverser i’Asic- Mineure.

« Uneautre explication se présente, mais elle a l’inconvénient d’introduire l’élément sémitique dans la question. Or, que savons-nous de la religion phrygienne ? A l’époque de la prépondérance perse en Asie-Mineure, nous voyons, il est vrai, des légendes phéniciennes sur les monnaies. D'ailleurs les populations syriennes transportées en Asie-Mineure par les rois perses, ont pu laisser des traces de leur culte. Nous renvoyons donc au radical tt)J et à ses dérivés; le azix, arabe, est d’emploi vulgaire; le nom Ntnjt, aziza, est biblique (Ezr. x. 27). LeZeJs Àssi; serait donc peut-être un Jupiter potens, fortis, eximius. »

J’avoue que la seconde explication me parait préférable à la première. Voici mes raisons : t° dans le mot Àaiç, gén, ÀaiSoç, Y iota est bref de sa nature, tandis que nous avons ici un iota long, exprimé’ par la diphtongue et ; 2° l’épithète Àota de Minerve dans la Laconie s’explique naturellement d’une autre façon; la ville de Las, où était son temple, était bâtie sur une montagne appelée Aatst. De même dans l’ile de Crète nous trouvons un Zeùs Auto;, du nom de la ville d’Aco;, où il était adoré ; 3° quant au culte de Minerve Asia en Colchide.Pausanias a soin de nous dire qu’il n’en avait entendu parler qu’à Sparte, et que les Lacédémoniens rattachaient cette tradition au culte de leurs héros favoris, Castor et Pollux.

J’incline donc davantage à adopter la seconde explication de mon savant ami, que je trouve aussi heureuse que juste.

1 ° Dans le mot arabe ou syriaque aziz, la voyelle i est longue ; 2” nous trouvons partout en Asie-Mineure des traces de populations syriennes ; je citerai seulement le mot

adayojç, divinité nndrogyne.( Hesych. in voce), dont le nom est évidemment le Dagon de la Bible; 3" je ferai remarquer que la ville de Laodicéc fut fondée par Antiochus II, roi de Syrie ; dès-lors il n’est pas surprenant que parmi les habitants il y eût des Syriens, et par conséquent qu’une divinité grecque ait été honorée sous un nom syriaque. Enfin j’ajouterai que le nom d'Ajciz fut porté par un prince Syrien d’Edcsse. Je traduis donc, Jupiter très-haut, Ze-j; v<\uavoi.

Les ruines de Laodicée à Eski-Hissar, à une demi-lieue de DénUli, ont été visitées et décrites par plusieurs voyageurs.

MÉTROPOLIS.

t. AY CAP. ANTQN€INOC. Tète d’Antonin-le-

Pieux.

Rf. MHTPOüOA Le génie de la ville assis à

gauche, tenant des épis de la main droite, la gauche appuyée sur une longue corne d’abondance. A ses pieds, une proue de vaisseau, d’où sort un serpent. Æ. 6. (Planche îv, 4.)

Ce type, qui se voit fréquemment sur les monnaies syriennes, est curieux sur une médaille de la Phrygie. Celte pièce m’a été apportée à Ouchak. LapositiondeMétropolisestencore incertaine.

MIDÆtJM.

1. AY. N6P. TPAIANOC. KAI. C€.r€P. AA. Tête laurée de Trajan.

Rf. M..AEQN. T6MBPIC. Fleuve couché et tourné à gauche. Æ. 6 K/ï. (Planche iv, 5.)

Mionnet (IV, n° 845) décrit, d’aprè3 Pellerin, une médaille du même empereur, avec le revers MIAAÛN. EAATHZ, et

ajoute en note, dans son supplément , que cette pièce est d’une haute importance, va qu’aucun auteur ancien n’a parlé du fleuve Elatès ; ce qui est parfaitement exact.

La médaille en questionqui se trouve au Cabinet de France, laisse beaucoup à désirer pour la conservation , et en la comparant avec la mienne, qui est à fleur de coin, j’ai acquis la conviction que la légende était la même, quoique d'un coin différent ; les deux pièces sc ressemblent du reste parfaitement pour le métal et la fabrique. Le fleuve Elatès est donc à rayer de la liste , et il faut y substituer le Tembris, fleuve déjà connu du reste, quoique écrit différemment. Dans Pline, (VI, 4 ) il est dit, que le Tembrogius est un affluent du Sangarius. Tile-Live (xxxviii. \ 8) .dans le récit de la campagne du consul Manlius contre les Gallo-Grecs , rapporte que le Tymbris se jette dans le Sangarius, vers les frontières de la Bilhynie. Il est bon de remarquer que dans le meilleur texte de Tite-Live , le nom du fleuve est écrit Ty mbris et non Thymbris. Voilà tout ce que nous savons sur cette rivière. Les géographes modernes sont d’accord pour reconnaître dans le Pursak-Tchaï, le Tymbris des anciens.

Cette rivière a sa source au centre de la Phrygie, coule' du midi au nord en passant à une demi-lieue de Koutaya, fait ensuite un coude à l’est, et va se jeter dans le Sangarius ; le point de jonction n’a pas encore été déterminé ; son cours inférieur, ainsi que celui du Sangarius , est indiqué par des points sur la carte de Kieppert.

Reste maintenant à examiner les données que nous possédons pour déterminer la position de Midaeum. Pline, Strabon et Ptolémée ne sont d’aucun secours; ces auteurs se bornent à citer Midæum parmi les villes de la grande Phrygie, ou delà Phrygie Epictètc. Dans la table de Peutinger, nous trouvons les indications suivantes de la route de Doryléc à Pessinus.

Dorileo 28, hlideo 28, Tricomia 21, Peninunte. En tout 77 M. P. de Dorylée à Pessinus.

Un renseignement très important nous est fourni par Ammien Marcellin (xxvi, 7, 14); cet historien raconte que l’empereur Valens revenant de la Galatie, et marchant vers Constantinople , rencontra Procope, qui venait de Nicée, près d’une ville nommée Mygdus, qui locus Sangario adluitur (lumine. On ne peut guère douter que Mygdus et Midæum ne soient la même ville. 11 résulte de la comparaison de ce passage avec la médaille en tête de cet article, que Midæum était situé au confluent du Tembris et du Sangarius. Reste à réconcilier ce fait avec l’itinéraire de Dorylée à Pessinus. La position de Dorylée à Eski-Cher peut être considérée comme certaine, après la savante discussion de Leake (Asia Minor, p. 25sqq.); celle de Pessinus à Bala-Uissar n’est pas douteuse. Remarquons que la distance entre ces deux villes est de 77 milles romains d’après l’itinéraire ; d’après la carte elle n’est que de 60 milles en ligne directe. Si nous plaçons Midæum à la jonction du Sangarius et du Tembris, le léger détour que fera l’itinéraire, complétera exactement les 77 milles. Enfin rien de plus naturel que ce détour ; en passant par Midæum la route suivra d’abord la vallée du Tembris, ensuite celle du Sangarius, et puis traversant un autre de ses tributaires , le Bathys, elle débouche sur la haute vallée du Sangarius où se trouve Pessinus , et évite ainsi le pays montagneux entre le Bathys et le Tembris.

J’oubliais de citer à l’appui de l’orthographe Tembris le passage suivant d’Etienne de Byzance : Tepj3piov, wflU; <bpu- Xapa? Tup(Bpioy ecùrry Les deux orthographes paraissent avoir été usitées.

Dans la carte de Kieppert , Midæum est marqué à Ilarab Ærrensur le Bathys , où il existe des ruines ; je n’ai pu dé-

couvrir si quelque inscription copiée dans ce village a confirmé cette position.

PELTÆ.

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